LLe président-directeur général du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval

Le président-directeur général du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval

La langue française prend trop de place en immigration au Québec selon le Conseil québécois du patronat

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La nouvelle politique québécoise en cours de préparation en matière d’immigration, de diversité et d’inclusion devra mieux répondre aux besoins réels du marché du travail, rappelle le Conseil du patronat du Québec (CPQ).

Ainsi selon le CPQ, ceux qui veulent immigrer au Québec ne devraient pas être contraints de maîtriser le français pour s’installer au Québec. C’est ce qu’a fait savoir jeudi le CPQ aux consultations publiques sur la révision des politiques et de la loi québécoise sur l’immigration.

Le président du CPQ, Yves-Thomas Dorval, a mis en garde le gouvernement contre ce qu’il perçoit être des exigences linguistiques trop élevées qui priveraient le Québec de la richesse de la diversité.

« Cela va un peu trop loin, a-t-il dit en entrevue après sa comparution. Le français ne devrait pas être le seul critère ».

Débat passionné autour de la question linguistique à prévoir?

Devant les parlementaires, M. Dorval a reconnu que le français est un sujet « extrêmement délicat » et que « les choses doivent se faire en français au Québec ». Toutefois selon lui, miser sur une « maîtrise trop poussée » du français, au détriment de la qualification professionnelle, limite le bassin de recrutement des entreprises et appauvrirait la diversité de la société.

« Si on se limite à la maîtrise du français, on limite nos bassins d’immigration à seulement certains pays, et à ce moment-là, on rate la richesse de la diversité pour une société », a-t-il expliqué au cours du point de presse.

Le porte-parole du Parti québécois en matière d’immigration, Maka Kotto, lui a pourtant fait remarquer que, déjà, deux immigrants sur cinq ne parlent pas un seul mot de français à leur arrivée au Québec…

La volonté d’apprendre le français devrait-elle être plus importante que le fait de le connaître?

Le président du CPQ, Yves-Thomas Dorval, préconise de préférence un critère de sélection tel que la volonté d’apprendre le français, ou la connaissance de base du français, plutôt que la maîtrise réelle de la langue.

Ce serait ensuite à l’État de miser sur l’amélioration de ses services de francisation.

« La possibilité pour un immigrant d’apprendre le français, ça, c’est une nécessité. C’est une nécessité pour le Québec d’offrir (…) des services d’accompagnement, d’enseignement (du français), pour ne pas être trop restrictif », a dit M. Dorval.

Et qui plus est, la connaissance de l’anglais devrait aussi être reconnue comme un atout, car ceux qui maîtrisent les deux langues réussissent mieux dans leur carrière, a-t-il fait valoir.

« L’anglais ne devrait pas être vu comme une menace », a-t-il dit.

Point de vue syndical aux antipodes

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le deuxième syndicat en importance au Québec ont pour sa part défendu hier un point de vue diamétralement opposé lors de la journée de consultations publiques.

Il ne faut pas exiger moins de français selon ce syndicat, mais en exiger au moins autant.

On rappelle que c’est justement au nom de son caractère distinctif, du fait français, que le Québec a rapatrié une partie des pouvoirs en immigration du gouvernement canadien en 1990.

La ministre Kathleen Weil hier dans la ville de Québec.
La ministre Kathleen Weil hier dans la ville de Québec. © Radio-Canada

Aide-mémoire…

Une nouvelle politique de l’immigration au service de l’économie.

  • Kathleen Weil, ministre québécoise de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion n’a en pas caché son intention de mettre l’accent davantage sur l’économie dans sa révision des politiques en immigration notamment par une meilleure adéquation entre le recrutement des immigrants et les besoins de main-d’oeuvre.
  • La clé: dénicher les candidats ayant le bon profil pour occuper les emplois vacants. En cela, Québec s’inspirera de la stratégie canadienne adoptée ces dernières années par le gouvernement central canadien du premier ministre conservateur Stephen Harper.
  • Chaque année, entre 50 000 et 55 000 étrangers (51 959 en 2013) s’installent au Québec et le Maghreb, avec ses ressortissants francophones, représente le plus important bassin d’immigrants potentiels pour cette province canadienne principalement francophone.

Plus de détails

Le français prend trop de place dans la politique d’immigration – Radio-Canada

La ministre québécoise de l’Immigration cible l’islamophobie – RCI

La ministre Kathleen Weil amorce les auditions publiques sur l’immigration, la diversité et l’inclusion – Communiqué de presse 

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Publié dans : Économie, Immigration et Réfugiés, Politique, Société

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2 comments on “La langue française prend trop de place en immigration au Québec selon le Conseil québécois du patronat
  1. Avatar Nathalie Parent dit :

    Je crois qu’il ne sont pas très au courant de ce qu’apporte la connaissance du français pour les immigrants. D’abord, il est important de faire une distinction entre Montréal et le reste du Québec. Je parle pour le reste du Québec. Il est à peu près impossible pour un immigrant de s’intégrer à la société québécoise sans connaître le français ailleurs qu’à Montréal. Ils se retrouvent à continuer à vivre comme dans leur pays ( ce qui est bien parfois mais pas toujours souhaitable) ou pire complètement isolés. Le français au Québec, permet à tout le monde de se comprendre. Et je suis étonnée de voir que le patronat pense que l’anglais est vu négativement. J’enseigne en francisation et je suis bien contente quand mes débutants possèdent des notions d’anglais même rudimentaires, comme il m’est impossible de connaître la langue de tous mes élèves (parfait 15 langues différentes dans la même classe) cela me permet de communiquer avec eux. Plus tard je demande aux élèves de garder l’anglais en dehors de la classe pour leur permettre d’acquérir la langue d’apprentissage. Je sais que la réalité est différente à Montréal, mais je trouve dommage que plusieurs communautés soient fermées sur elles-même ce que l’apprentissage du français aide à éviter.

  2. Avatar Serge Bélair dit :

    Il faut miser sur la volonté d’apprendre le français des immigrants plutôt que sur le seul facteur de sa connaissance. Mais il faut aussi que les Québécois y mettent du leur, en se faisant un point d’honneur de TOUJOURS leur parler en français dans la vie quotidienne, ce qui n’est malheureusement pas ce qu’on peut observer à Montréal notamment où, chaque fois qu’un nouvel arrivant est en contact avec un Québécois, celui-ci fait tout ce qu’il peut pour lui parler en… anglais. A qui la faute? Si les gens d’ici ne tiennent pas à leur langue, toute la réglementation au monde n’y changera rien.