Malade alité

Les Canadiens français hors Québec ne sont pas toujours satisfaits des services de soins de santé offerts dans leur langue lorsqu'ils doivent composer avec le personnel hospitalier dans un établissement au Canada anglais.
Photo Credit: IS / Les Canadiens français hors Québec ne sont pas toujours satisfaits des services de soins de santé offerts dans leur langue lorsqu'ils doivent composer avec le personnel hospitalier dans un établissement au Canada anglais.

Les maux des francophones qui tombent malades au Canada anglais

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Le gouvernement canadien vient de lancer il y a quelques jours des consultations sur les ajustements qu’il devrait faire au Programme de contribution pour les langues officielles dans le domaine de la santé.

Services de santé en français Crédit photo : Radio-Canada
© Radio-Canada

Ce programme est une autre des ces « créatures » politiques nées dans la foulée de l’adoption de la loi sur le bilinguisme officiel il y a près de 50 ans au Canada (1969).

Cette loi propose d’offrir à plusieurs niveaux des services aux Canadiens dans les deux langues majoritaires au Canada, soit l’anglais et le français.

Au Canada, l’accès à des services de santé dans la langue maternelle d’une personne, plus particulièrement lorsque cette langue est une langue officielle comme le français, est donc perçu par plusieurs comme une question de « droits ».

Des soins en français sont pourtant bien plus qu’une affaire légale

Pourtant, la question d’obtenir des soins en français partout au Canada est en vérité « vitale » aux yeux de n’importe quel Canadien français qui a déjà vécu l’expérience, comme moi, de tomber malade sérieusement au Canada anglais.

Lorsqu’on comprend clairement ce qui se dit autour de soi quand on est en situation de détresse, cela aide énormément. Le contraire est très éprouvant et peut avoir des répercussions très sérieuses.

À travers ses consultations, le ministère de la Santé du Canada souhaite rejoindre, entre autres, 1 million de francophones qui vivent en milieu minoritaire, donc en dehors du Québec pour comprendre cette réalité et ajuster le travail des hôpitaux.

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Comment améliorer les soins de santé offerts en français et en anglais disponibles en milieu minoritaire?
Comment améliorer les soins de santé offerts en français et en anglais disponibles en milieu minoritaire? © Steve Debenport

Des études guident les pas de Santé Canada

Tous les groupes privés qui se préoccupent de la question de la livraison en français des services de soins de santé hors du Québec se réfèrent abondamment à une enquête réalisée pour Santé Canada il y a quelques années par Sarah Bowen du Département des sciences de la santé communautaire de l’Université du Manitoba.

Cette enquête concluait que la prise en compte au Canada des risques associés aux barrières linguistiques entre le patient et l’hôpital repose un peu trop sur le seul dévouement et la largeur de vue de fournisseurs individuels plutôt que sur la mise en oeuvre de réelles stratégies efficaces et coordonnées.

Dans une autre étude canadienne, Woloshin et al. (1997), on a analysé des données fournies par les patientes dans le cadre d’examens médicaux. On a trouvé que les francophones étaient de manière significative moins susceptibles de subir un examen des seins ou une mammographie en raison d’un certain inconfort lié notamment aux questions de langue et de culture.

Cette enquête établissait clairement que les patients qui se heurtent à des barrières linguistiques sont exposés à un risque accru d’erreurs de médication, de complications et d’événements indésirables. Bien souvent, la protection des droits au consentement éclairé et à la confidentialité fait défaut pour les patients ayant une connaissance limitée de l’anglais.

Erreurs médicales basées sur la langue

Deux causes dans la province de la Colombie-Britannique permettent d’illustrer les risques de poursuites associées à des problèmes de communication.

Dans la première cause, la Cour suprême de la Colombie-Britannique reconnaissait un médecin coupable de négligence lors de l’examen et du diagnostic d’un homme dont la jambe a été amputée à la suite d’un mauvais diagnostic.

Le tribunal a statué que, en raison des difficultés linguistiques du patient, le médecin aurait dû être encore plus prudent lors de l’examen médical. La somme de 1,3 million de dollars a été accordée au patient

Dans une autre cause, on a déterminé que des barrières linguistiques avaient été un facteur qui avait contribué au décès d’une femme vietnamienne enceinte.

Le saviez-vous?
Stérilisé par erreur
Dans l’affaire Anan, il y a une vingtaine d’années, une réfugiée avait été stérilisée par erreur après avoir consenti à ce qu’elle avait cru être un traitement pour guérir une infection qui était survenue à la suite d’un accouchement.
Dans cette affaire, un tribunal a par la suite statué que l’obligation de veiller à ce que le patient ait bien compris l’information exigeait également de prêter une attention particulière à la compétence linguistique de l’interprète et de s’assurer que le patient donne des réponses acceptables et raisonnables.

Avec la contribution de Caroline Morneau, Marie-­Lou St-Onge, Sandra Gagnon et Marie Villeneuve de Radio-Canada

Sur le même thème

Barrières linguistiques dans l’accès aux soins de santé – Gouvernement du Canada 

Étude de référence sur les services bilingues au sein des établissements de santé canadiens – Société santé en français 

Loi sur les langues officielles – Wikipédia 

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Publié dans : Politique, Santé, Société

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