Le projet de loi prévoit que les provinces auront le droit de décider comment la marijuana sera distribuée et vendue.

Le projet de loi prévoit que les provinces auront le droit de décider comment la marijuana sera distribuée et vendue.
Photo Credit: La Presse canadienne/Mark Blinch

Légalisation de la marijuana : des pépinières et des dispensaires pour stimuler l’économie de T.-N.-L.

À Terre-Neuve-et-Labrador, les paris sont lancés en réponse au projet de loi du gouvernement Trudeau pour légaliser la marijuana. Deux citoyens de la région de la capitale provinciale Saint-Jean croient que le projet d’Ottawa est une occasion en or pour faire rayonner l’économie de la province.

Industrie locale

Un homme de Saint-Jean, qui a illégalement vendu de la marijuana pendant 25 ans, pense que la drogue légale résoudrait beaucoup de problèmes dans la province. Thomas Clarke, qui est passé de fumeur occasionnel d’herbe à vendeur, partage maintenant son expérience dans l’espoir qu’elle changera l’esprit des gens sur le problème de la légalisation.

M. Clarke a fait ses déclarations à une émission de radio de CBC, alors qu’il ne vend et ne fume plus de pot. C’est son regard de l’intérieur sur l’industrie qui l’a convaincu que certains problèmes de la province pourraient être résolus si la drogue n’était plus illégale. « La violence qui est associée à l’industrie de la marijuana disparaîtrait », a-t-il déclaré.

Selon le projet de loi Trudeau, les personnes âgées de 18 ans et plus auraient le droit de posséder jusqu’à 30 grammes de cannabis séché ou frais, mais les provinces et les territoires pourront fixer un âge légal plus élevé. Les consommateurs peuvent également cultiver jusqu’à quatre plants à la maison ou en acheter auprès d’un détaillant autorisé.

Thomas Clarke pense qu’il y a là une excellente occasion d’affaires si le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador prend le contrôle des ventes de marijuana avant que cette industrie ne soit centralisée par de grandes entreprises canadiennes.

Thomas Clarke marijuana

©Paula Gale/CBC

« Nous voulons que les gens aient la possibilité de se développer eux-mêmes. Cela créera des emplois, il conservera l’argent ici. Il y a tellement d’aspects positifs pour la province, a-t-il dit. Si vous laissez Shoppers Drug Mart  (consortium de pharmacies) ou la Newfoundland [and Labrador] Liquor Corporation (compagnie de vente d’alcool) ou une autre grande entreprise s’occuper de distribution ici, je pense que cela ferait perdre une belle occasion à la province. »

Approvisionnement en « plantes mères » 

Plutôt que de vendre de la marijuana séchée que les consommateurs peuvent fumer, il veut développer ce qu’il appelle des « plantes mères » qui pourraient ensuite être vendues pour les clients qui cherchent à cultiver leurs propres plants. Il dit posséder le savoir-faire pour cultiver la marijuana depuis ses jours à Vancouver.

«Il y a des magasins de brasseries où vous pouvez acheter vos propres trousses de bière pour faire votre propre bière à la maison, a-t-il mentionné au St. John’s Morning Show. Est-ce que cela pourrait avoir lieu ici dans la province pour la marijuana? Je n’en suis pas sûr. »

Il a comparé le processus à la façon dont les gens achètent des plants de tomates clonés de pépinières pour cultiver leur propre jardin.

Il dit qu’il serait possible également de vendre toutes les fournitures nécessaires pour que les gens cultivent des plants chez eux, de la même façon que les magasins de brassage de vin vendent des équipements aux gens qui fabriquent du vin et de la bière à la maison.

Finances : la marijuana pourrait être un atout pour l’économie de T-N-L

Pour sa part, le défenseur des droits liés à la marijuana, Gideon Barker, a déclaré à l’émission Here and Now de CBC à Saint-Jean que la province devrait être prête à explorer les occasions offertes par le plan du gouvernement fédéral.

St. John's marijuana advocate Gideon Barker says legal marijuana could be an economic shot in the arm for Newfoundland and Labrador.

©Gary Locke/CBC

« Nous sommes dans un très mauvais état financier, donc ce pourrait être quelque chose qui pourrait vraiment nous transformer économiquement, si cela se fait correctement », a-t-il dit.

Pour M. Barker, il est difficile d’entrevoir la façon dont les choses seront faites. Mais à son avis, si c’est bien fait, la province gagnera.

Par ailleurs, un point positif selon Barker, c’est que le gouvernement fédéral sera responsable des consignes de sécurité, ce qui signifie qu’il n’y aura pas des règles différentes dans chaque province. Il pense aussi que la marijuana devrait, idéalement, être vendue par des dispensaires répartis dans toute la province.

« C’est une excellente occasion de faire valoir l’esprit d’entreprise d’ici », a-t-il déclaré. Il y a beaucoup d’entreprises qui peuvent être mises à profit ici.

Cependant, cet aspect à lui seul soulève ses propres défis de mise en œuvre.

« Vous ne pouvez pas avoir les dispensaires près des zones scolaires, vous ne pouvez pas les avoir près des zones où les enfants vont jouer, tels que les parcs, ce qui, bien sûr, est logique, a-t-il ajouté. Mais il reste à savoir comment tout cela sera mis en place, et qui va effectivement pouvoir l’appliquer. »

Radio Canada International avec CBCNews Newfoundland & Labrador 
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Publié dans : Consommation, Économie, Santé, Société

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