Quelques-unes des poupées faisant partie de la collection d’Adina Tarralik Duffy

Quelques-unes des poupées faisant partie de la collection d’Adina Tarralik Duffy
Photo Credit: ©Adina Tarralik Duffy

Des poupées inuites retrouvent le chemin de la maison

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Un couple du Nunavut s’est donné comme mission de faire revenir chez elles des poupées traditionnelles inuites. Adina Tarralik Duffy et Aaron Reginer sont maintenant les heureux propriétaires de 27 de ces figurines venues d’aussi loin que de la Californie, de l’Alaska et du Groenland. 

Pour être juste dans cette histoire, il faut dire que la passion pour les poupées appartient plutôt à Adina, tandis que celle pour la recherche quasiment archéologique à travers le monde pour les trouver revient à Aaron.

Depuis qu’il a déménagé au Nunavut il y a trois ans, Regnier passe une partie de son temps libre à explorer les profondeurs d’Internet dans le but de trouver et de faire venir d’aussi loin que nécessaire des poupées traditionnelles inuites fabriquées à la main. Sa fiancée, dont les origines sont inuites, en est tout à fait heureuse. Pour Adina, qui aime les poupées inuites depuis qu’elle a joué avec celles de sa mère, les récupérer est une manière de se connecter davantage avec sa culture et de redonner, aux poupées, une maison.

«Quand elles reviennent au Nunavut, j’ai l’impression que c’est ici où elles devraient être. C’est juste. Le Nord c’est leur maison», se confie Adina Tarralik Duffy à CBC News.

Les origines

Pour Aaron et Adina, la découverte des origines de ces poupées fait partie de l’expérience. En effet, ils ont tracé avec succès les racines de certaines d’entre elles. Mais, de façon générale, le couple n’a pas beaucoup d’information sur les poupées. La plus récente de la collection d’Adina provient de la Floride. Elle a un visage en pierre stéatite, ses pieds sont ornés de kamiks et ses mains portent des mitaines de castor. Sur le fond de ses pieds, il y a une gravure qui dit « Anna » avec une tache fanée pour le nom de famille.

traditional doll

Photo soumise par Adina Tarralik Duffy

« C’est à couper le souffle, littéralement », dit Tarralik Duffy. « On se demande qui était la personne qui l’a faite.»

« Vous n’avez qu’à penser à la personne qui l’a fabriquée et à ceux qui l’ont achetée, puis au nombre de mains qui l’ont touchée avant de se rendre en Floride et ensuite au Nunavut », dit-elle. « Ces poupées ont vraiment une vie ».

Les seules informations que Tarralik et Regnier ont sur cette dernière acquisition concernent le vendeur qui dit avoir acheté la poupée dans le Nord dans les années 1950. Ils soupçonnent cependant qu’elle soit originaire d’Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest, en raison du style de vêtements de la poupée.

Les poupées inuites

Photo soumise par Adina Tarralik Duffy

Selon les informations du Musée canadien de l’Histoire, les plus vieilles poupées trouvées au Canada ont été confectionnées il y a environ 1000 ans, par les ancêtres des Inuits qui vivaient sur l’île Bathurst. Les Inuits habitent l’Arctique depuis au moins 2000 ans. Nous ne savons pas à quel moment de leur histoire ils ont commencé à confectionner des poupées, mais c’est certainement une tradition très ancienne. Les poupées étaient des jouets, et on pouvait facilement les ranger dans une mitaine ou dans un capuchon et les transporter ainsi durant les fréquents déplacements des familles à la recherche de nourriture. Les fillettes inuites apprenaient à couper et à coudre peaux et fourrures en fabriquant des poupées à jouer. Il fallait commencer à coudre dès l’enfance, car les vêtements chauds et imperméables étaient essentiels à la survie.

Adina Tarralik Duffy
Adina Tarralik DuffyAdina Tarralik Duffy, de Coral Harbour, Nunavut,  est une designer de mode et de bijoux. L'entreprise de design d'Adina s'appelle Ugly Fish, une référence au surnom inuktitut que sa grand-mère avait: kanajuq, ou poisson laid. Le nom, pensait sa grand-mère, lui avait été donné parce qu'elle parlait toujours avec une grosse bouche comme un poisson. Pour moi, dit Adina « ce nom est une connexion entre grand-mère et petite-fille, le transfert des compétences et des connaissances. Il me fait aussi imaginer Adina qui se promène le long de la plage pour ramasser la vertèbre du béluga pour l'intégrer dans son design de bijoux.» En 2005, elle a écrit une petite histoire intitulée: «Don’t Cry Over Spilled Beads» (Ne pleurez pas les perles renversées). L'histoire et son titre touchent l'une des nombreuses leçons que sa grand-mère lui a données : celle de toujours aller de l'avant malgré les erreurs du passé.
Radio Canada International avec des informations de CBC News|North et du Musée canadien de l'Histoire.
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Publié dans : Arts et spectacles, Autochtones, Société

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