Manifestation contre l’exploitation sexuelle lors du Grand Prix du Canada

Manifestation contre l’exploitation sexuelle lors du Grand Prix du Canada
Photo Credit: Radio-Canada

Loger les victimes : une solution à l’exploitation sexuelle?

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La question de la réinsertion sociale des victimes d’exploitation sexuelle est au cœur de la stratégie de l’organisme La Sortie, qui entend démarrer un projet de recherche dit Horizon à ce sujet.

Source : La Sortie

Sortir les victimes du milieu criminel

Bien que le phénomène ne soit pas tout à fait bien documenté, le constat est alarmant en ce qui concerne le tourisme sexuel dans les grandes villes du pays.

À Montréal et dans bien d’autres villes québécoises, ce fléau prend des proportions inquiétantes.

La ville de Montréal, en particulier, représente l’une des destinations phares pour cette forme de tourisme qui mine la vie des jeunes filles et garçons dès l’âge de 12 ans.

Environ 4000 filles et garçons, âgés de 12 à 25 ans, seraient engagés dans des activités sexuelles commerciales à Montréal seulement (rapport du vérificateur André Lebon, 2016).

En 2013, dans la région de Montréal, on dénombrait plus de 330 établissements offrant des services sexuels, dont près de 200 salons de massages, 65 bars de danseuses et 38 agences d’escortes. Le dénombrement de ces commerces n’est pas exhaustif, puisqu’il ne tient pas compte des services offerts sur Internet, dans les journaux ou dans les hôtels (SRCQ, 2013).

Au Canada, 90 % des victimes sont citoyennes canadiennes ou résidentes permanentes, dont 40 % sont des mineurs (Jimenez, 2014)

89 % des travailleuses du sexe souhaitent quitter le milieu (CSF, 2012).

78 % des femmes ayant quitté l’industrie du sexe disent connaître des problèmes de santé mentale (CLES, 2014).

Une campagne contre l’exploitation sexuelle pendant le Grand Prix de Formule 1
Une campagne contre l’exploitation sexuelle pendant le Grand Prix de Formule 1 © ICI RDI

Rebâtir l’estime de soi en vue de la réinsertion

Dans une entrevue avec Alice Chantal Tchandem, Ronald Lepage, le directeur de l’organisme La Sortie, a confié que les services de logement manquent cruellement à ces personnes au Québec, contrairement à des provinces comme la Colombie-Britannique, le Manitoba, l’Ontario et l’Alberta .

Les victimes d'exploitation sexuelle sont généralement traumatisées par les agressions et les abus verbaux, sexuels ou physiques. De nombreux impacts sont présents et persistent dans le temps : des problèmes de dépendance, de santé mentale, d'itinérance, d'endettement et différents types de dysfonctionnement. Bien que certaines ressources de soutien et d'hébergement d'urgence soient disponibles, aucun service de logement à moyen terme n'est offert à ces victimes. Une telle ressource viendrait notamment compléter l'offre montréalaise déjà implantée, comme les refuges, et permettrait aux victimes de retrouver leur autonomie et d'acquérir les outils et les compétences nécessaires pour réintégrer plus aisément la société.

C’est ainsi que le projet de recherche, pensé par  l’organisme La Sortie, entend identifier les besoins en services de logement pour ces personnes.

Il s’agit notamment de logements conçus sur mesure pour soutenir les victimes de traite. L’organisme La Sortie souhaite mettre l’accent sur les femmes qui sont les plus durement frappées par le fléau qui les rend vulnérables, comme nous pouvons le percevoir dans ce témoignage d’une ex-escorte.

À 17 ans, j’ai dû quitter la maison familiale et je suis devenue escorte pour subvenir à mes besoins. Je suis finalement sortie de ce milieu à 21 ans parce que ça devenait dégradant, je perdais le respect de moi-même. J’ai réussi à m’en sortir, mais je pense souvent à ces filles qui sont manipulées par les gangs de rue, qui vivent des situations atroces. Quelles sont leurs portes de sortie, où peuvent-elles aller, que deviendront-elles? Il faut leur offrir du soutien, un toit pour qu’elles se remettent physiquement et psychologiquement. Il est important que ces jeunes filles et ces femmes sachent qu’il y a de l’espoir et que leur vie ne s’arrête pas là. – Chantal, aujourd’hui âgée de 39 ans.

Les victimes ont besoin d’un espace regroupant tous les services susceptibles de les aider, et de les accompagner dans l’exercice qui consiste à rebâtir leur estime de soi, affirme M. Lepage.

Ces services doivent renforcer leurs capacités opérationnelles et leur redonner le goût de retrouver un quotidien plus sain, et de se prendre en main.

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Publié dans : Santé, Société

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