Québec a annoncé seulement en 2016, dans le cadre de la loi 101, de nouvelles règles concernant l’affichage de marques de commerce en anglais.

Québec a annoncé seulement en 2016, dans le cadre de la loi 101, de nouvelles règles concernant l’affichage de marques de commerce en anglais.

40 ans de loi 101 au Québec, mais une affirmation du français pas toujours convaincante

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Le 1er avril 1977, le ministre du Développement culturel Camille Laurin présente la Charte de la langue française. Le projet de loi déposé le 27 avril à l’Assemblée nationale répond à deux craintes de la population québécoise francophone : la baisse de qualité du français et l’arrivée massive d’immigrants qui choisissent l’anglais comme langue seconde.

Des affiches en anglais uniquement au Québec en 1977 alors que la loi 101 vient d'être adoptée.
Des affiches en anglais uniquement au Québec en 1977 alors que la loi 101 vient d’être adoptée.

Quarante ans sont passés. L’opération pour franciser le Québec reste encore à faire de l’avis d’un peu tout le monde.

La langue française est certes sur toutes les affiches par exemple, mais on constate que les nouveaux arrivants dans les milieux de travail demeurent très attirés par l’anglais. Plusieurs rejettent les occasions de franciser leur vie.

Pour certains, la loi 101 n’était qu’un premier jalon, un travail à poursuivre.

Pour d’autres, cet héritage législatif du Parti québécois a donné à beaucoup de citoyens un sentiment de sécurité qui en fin de compte est venu contrecarrer le projet ultime de ce même parti de convaincre une majorité de Québécois de se séparer du reste du Canada.

Écoutez
Camille Laurin arrive à l’Assemblée nationale le 27 avril 1977 pour présenter la loi 101. Photo : La Presse canadienne/Louise Bidault
Camille Laurin arrive à l’Assemblée nationale le 27 avril 1977 pour présenter la loi 101. Photo : La Presse canadienne/Louise Bidault

Souvenez-vous…

Le 26 août 1977, le gouvernement du Québec dirigé par le premier ministre indépendantiste René Lévesque votait la loi 101.

C’était un geste de fierté et d’affirmation politique qui faisait l’affaire d’une forte majorité de francophones, partisan ou non de la séparation avec le reste du Canada.

Cette loi, qui proclamait le français langue officielle de l’État québécois et des tribunaux, tentait d’assurer sa prépondérance sur l’anglais dans le milieu de travail, l’enseignement, les communications, les commerces ainsi que dans le secteur des affaires.

Ça a été un grand choc pour le 20 % de citoyens anglophones dans la province. Mais la plus grande transformation ciblait les étrangers. Qu’ils viennent d’un autre pays ou du reste du Canada, ils devaient dorénavant envoyer leurs enfants à l’école française.

Les principales mesures de la loi 101
- Imposer l’usage exclusif du français dans l’affichage public et la publicité commerciale
- Étendre les programmes de francisation à toutes les entreprises employant cinquante personnes et plus
- Restreindre l’accès à l’école anglaise aux seuls enfants dont l’un des parents a reçu son enseignement primaire en anglais au Québec
- Seule la version française des lois est officielle
Source : OQLF

Découvrez :
60 % des immigrants admissibles à une francisation gratuite la rejettent
6 immigrants adultes sur 10 écartent à leur arrivée l’offre qui leur est faite par le gouvernement québécois de suivre des cours de français gratuitement.

Selon le rapport annuel de gestion 2014-2015 du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI), sur les 13 455 immigrants reçus qui déclaraient ne pas connaître le français en 2012, seulement 3689 s’étaient inscrits à un cours de français dans les deux ans qui ont suivi leur arrivée, soit un pourcentage de 27,4 %.

RCI avec la contribution de Michel Désautels, Jacques Beauchamp, Louis-Philippe Ouimet de Radio-Canada

En complément

40 ans de loi 101 : une langue sauvée, une identité malmenée – Radio-Canada 

Les 50 ans du « Vive le Québec libre » du président de Gaulle – RCI 

20e anniversaire du 2e référendum sur l’indépendance du Québec – RCI 

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Publié dans : Immigration et Réfugiés, Société

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Un commentaire pour «40 ans de loi 101 au Québec, mais une affirmation du français pas toujours convaincante»
  1. Rene Albert dit :

    Certains gouvernements du Quebec craignent tellement que les Quebecois delaissent leur langue Francaise, qu’on les privent d’apprendre l’Anglais. Ce qui est le plus ironique dans tout ca c’est que ceux qui ont tant promus la Loi 101 etaient eux-meme bilingue, incluant Robert Bourrassa, Rene Levesque, Jacques Parizeau, etc.. Un bon exemple du vieux dicton « Faites ce que je vous dit, et non comme je fait ».

    L’approche de prohibition ne fonctionne simplement pas. Dans ces temps de mondialisation, la connaissance d’une deuxieme (et meme une troisieme) langue s’avere essentiel. Il devient donc honteux au Quebec de priver nos enfants d’apprendre l’Anglais qui est l’autre langue officielle du Canada ainsi que le language commun reconnus dans les milieux internationaux.