Entre un champs de maïs et un champs de soya au Québec.

Entre un champs de maïs et un champs de soya au Québec.
Photo Credit: Thomas Gerbet

Les agriculteurs du Québec luttent pour garder leurs pesticides tueurs d’abeilles

Les agriculteurs multiplient les démarches pour contrecarrer le gouvernement québécois qui souhaite réduire très fortement l’utilisation d’une famille de pesticides controversés qui sont réputés être des tueurs d’abeilles.

La disparition des abeilles est un phénomène mondial et, au Canada, les apiculteurs perdent en moyenne 25 % de leurs abeilles.
ALa disparition des abeilles est un phénomène mondial et, au Canada, les apiculteurs perdent en moyenne 25 % de leurs abeilles.

Si un projet de règlement du ministère de l’Environnement est adopté, ils affirment qu’ils pourraient réclamer des compensations de dizaines de millions de dollars.

Le projet de règlement vise spécifiquement l’usage des néonicotinoïdes. Ces derniers sont parmi les insecticides les plus utilisés dans le monde. Mis au point dans les années 1980, les pesticides néonicotinoïdes sont utilisés comme enrobage des semences de maïs et de soja au Canada.

Le ministère de l’Environnement du Québec indique que l’objectif de son projet de règlement est non pas de bannir, mais de « réduire l’utilisation des pesticides les plus à risque en milieu agricole afin d’obtenir des gains importants le plus rapidement possible en matière de protection de la santé, des pollinisateurs et de l’environnement ».

Aide-mémoire…
 Néonicotinoïdes – cette catégorie de pesticides a fait la manchette au cours des dernières années parce qu’elle a été associée à la forte baisse de population des colonies d’abeilles.
L’Union européenne a déjà interdit trois substances néonicotinoïdes.
L’Ontario a elle aussi emboîté le pas à l’Union européenne malgré une tentative de ses agriculteurs d’annuler cette initiative en justice.

Pas de véritables preuves scientifiques selon les agriculteurs

Le projet de règlement du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a été publié le 19 juillet et faisait l’objet d’une consultation qui s’est terminée la semaine dernière, en vue d’une entrée en vigueur en 2018.

La Fédération des producteurs de grains du Québec (FPGQ) soutient qu’elle ne trouve « pas de justification derrière la préoccupation démesurée de la situation des pollinisateurs au Québec, au point de nécessiter une orientation réglementaire draconienne », peut-on lire dans son mémoire.

Les bases scientifiques de cette réglementation sont « trop faibles », affirme le directeur général de la FPGQ, Benoit Legault. « Ce n’est pas prouvé que ce sont les néonicotinoïdes qui ont fait augmenter la mortalité [des abeilles] dans les dernières années ».

La FPGQ représente 11 000 producteurs. Ils cultivent principalement du maïs, du soja, du canola, du blé, de l’avoine et de l’orge sur une superficie totale d’un million d’hectares.

Écoutez

Cette carte présente les concentrations maximales de pesticides retrouvées en 2015 par le ministère de l’Environnement du Québec dans diverses rivières.  La surutilisation des néonicotinoïdes en particulier serait très inquiétante pour la santé des abeilles et aussi celle des humains.

Ne montrez pas seulement du doigt les pesticides, dit la FPGQ

Un bon nombre d’études soutient que le lien de causalité n’est pas si clair, de l’avis des producteurs de grains. « La grande majorité des études dit que c’est multifactoriel », souligne M. Legault.

Au rang des facteurs qui déciment les ruches, il y aurait aussi les maladies, les insectes ravageurs, les intempéries, les changements dans les cultures, selon lui.

La FPGQ exige plutôt un cadre pour améliorer les pratiques en matière d’usage de pesticides, un meilleur partage des connaissances, un soutien technique, ainsi qu’un soutien financier, parce qu’il y aura des pertes, prédit-on.

Ce que les scientifiques affirment au sujet de la nocivité des néonicotinoïdes

De nombreuses études depuis quatre ans ont démontré que ces pesticides agissent sur le système nerveux central des insectes, allant jusqu’à provoquer la paralysie et leur mort.

Ces pesticides affaiblissent aussi le système immunitaire des abeilles et réduisent leur capacité à retrouver leur ruche.

Au Canada, un tiers de la production de nourriture dépend pourtant de la pollinisation par les insectes. Environ 40 % des aliments à haute valeur nutritive contenus dans notre assiette au Québec proviennent du travail des abeilles.

Insolite… 
Nos abeilles deviennent comme des drogués et accros des néonicotinoïdes
Des chercheurs découvrent que les abeilles préfèrent manger du nectar contaminé par certains produits chimiques dont les effets ressemblent à l’accoutumance à la nicotine. Nos abeilles seraient donc attirées par les pesticides appartenant à la famille des néonicotinoïdes selon une enquête réalisée en Angleterre.
Comme les humains dépendants des vapeurs de la nicotine, les abeilles semblent pouvoir devenir dépendantes physiologiquement des pesticides. Selon des chercheurs de l’Université de Newcastle et de l’Université Trinity de Dublin, les abeilles et les bourdons seraient plus enclins à retourner vers des échantillons de nectar traité avec un produit chimique, plutôt que sur des nectars « purs ».
L’étude, publiée dans la revue The Nature, précise que les pesticides atteindraient le cerveau des abeilles et activeraient les neurones de bien-être comme la cocaïne par exemple stimule les récepteurs liés au plaisir chez l’être humain.

Les abeilles non seulement sont affectées par les pesticides, mais elles sont attirée par ceux-ci ce qui augmente encore plus les cas d’empoisonnement…Photo Credit: Wikipédia

Les abeilles sont non seulement affectées par les pesticides, mais elles sont attirées par ceux-ci, ce qui augmente encore plus les cas d’empoisonnement… Photo Credit: Wikipédia

RCI avec La Presse canadienne et la contribution de Thomas Gerbet, Catherine Lachaussée, Majorie April et Arnaud Decroix de Radio-Canada

En complément

Néonicotinoïdes : une menace pour la vie aquatique? – Radio-Canada 

Des apiculteurs heureux de l’interdiction de certains pesticides – Radio-Canada 

Une pétition pour sauver les abeilles – Radio-Canada 

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Publié dans : Économie, Environnement, Science et technologie

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Un commentaire pour «Les agriculteurs du Québec luttent pour garder leurs pesticides tueurs d’abeilles»
  1. Plutôt décevant que les agriculteurs soient aussi accro de ces pesticides.