Des manifestants sont réunis au parc le Prévost, dans le quartier Villeray, à Montréal, pour participer à une manifestation en faveur d’une hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure.

Des manifestants sont réunis dans un parc de Montréal, le 15 octobre dernier, pour participer à une manifestation en faveur d’une hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure.
Photo Credit: Radio-Canada

Hausse du salaire minimum au Québec à 15 $/h?

Des syndicats et des organismes sociaux relancent la campagne pour que le Québec imite l’Ontario, qui fera bondir son salaire minimum de 23 % le 1er janvier prochain et de 7 % de plus au mois de janvier suivant.

Ce mouvement est appuyé par des syndicats et deux des quatre principaux partis politiques : Québec solidaire et le Parti québécois.

Dans l’autre camp, un éminent économiste québécois, Pierre Fortin, a causé toute une onde de choc récemment lorsqu’il a affirmé qu’un salaire minimum à 15 $/h aurait l’effet d’une bombe atomique sur l’économie québécoise.

Tous les yeux se tournent vers l’Ontario qui est sur le point d’opérer un changement de cap majeur en ce domaine.

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Rassemblement en mai dernier au Cégep de Gaspé au Québec pour réclamer l’augmentation du salaire minimum à 15 dollars l’heure.
Rassemblement en mai dernier au Cégep de Gaspé au Québec pour réclamer l’augmentation du salaire minimum à 15 dollars l’heure. © Radio-Canada/William Bastille Denis

Une hausse qui ferait perdre des emplois?

La hausse du salaire minimum en Ontario aura un effet concret sur la vie de millions de personnes, car en ce moment, sur les 6,6 millions de travailleurs que compte la province, 10 % sont payés au salaire minimum, et 30 % gagnent moins de 15 $ l’heure.

Cette hausse pourrait cependant coûter entre 80 000 et 90 000 emplois à l’économie de la province d’ici 2020, calcule la Banque TD, qui affirme que l’économie ontarienne continuera à croître malgré les pertes d’emplois, mais moins rapidement, au rythme de seulement 0,5 % par année.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) se dit pour sa part « estomaquée » face aux annonces du gouvernement ontarien. « Il s’agit là d’un exemple à ne pas suivre par n’importe quel gouvernement soucieux de préserver la santé de ses PME et de son économie. Imposer une hausse de 32 % du salaire minimum en seulement 18 mois nous apparaît fort risqué et imprudent », affirme cette fédération.

Un geste politique ou économique?

Des élections en Ontario doivent avoir lieu en juin prochain. La chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Andrea Horwath, qui promet elle-même depuis longtemps un salaire minimum à 15 $/h, affirme que gouvernement libéral de Kathleen Wynne agit uniquement pour recueillir des votes.

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Patrick Brown, ne veut pas dire s’il annulera l’augmentation prévue dans l’éventualité d’une victoire électorale de son parti, mais il fait écho aux inquiétudes de plusieurs groupes d’affaires ayant réclamé une étude d’impact économique.

Le projet de réforme de Mme Wynne limiterait également les différences salariales entre les employés à temps plein et ceux qui réalisent un travail comparable à temps partiel. Les congés annuels passeraient pour leur part à trois semaines après cinq années auprès du même employeur.

Des changements seront également apportés aux normes sur la planification des horaires afin que les travailleurs qui voient un quart de travail être annulé à moins de 48 heures d’avis aient droit à trois heures de salaire.

Manifestation pour un salaire minimum à 15 $ à Montréal, le 15 octobre 2016.
Manifestation pour un salaire minimum à 15 $ à Montréal, le 15 octobre 2016. © PC/Graham Hughes

RCI avec La Presse canadienne et la contribution de Gérald Fillion et d’Annie Desrochers de Radio-Canada

En complément

La hausse du salaire minimum en Ontario fait réagir des commerçants de la région – Radio-Canada 

Des entreprises optent pour le salaire minimum à 15 $ – Radio-Canada 

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Publié dans : Consommation, Économie, Politique

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