Les cheminées d’une centrale électrique au charbon, en Europe.

Les cheminées d’une centrale électrique au charbon.
Photo Credit: Peter Andrews / Reuters

Le Canada peut-il se passer du charbon comme source de production d’électricité?

Le Canada et le Royaume-Uni ont pris l’engagement de se défaire de l’usage du charbon comme source de production d’électricité. Cet engagement pris par la ministre canadienne de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, en séjour au Royaume-Uni cette semaine, avec son homologue britannique, Claire Perry, suscite quelques réflexions dans un contexte où quatre provinces canadiennes misent encore sur le charbon pour la production d’électricité.

Abolir les centrales au charbon sans mode de récupération et d’enfouissement du carbone

L’engagement du Canada et du Royaume-Uni de démanteler, éventuellement, les centrales de charbon qui ne présentent pas de mode de récupération et d’enfouissement du carbone, s’inscrit dans la logique du respect de l’Accord de Paris sur le climat conclu il y a deux ans.

Cet accord stipule qu’il faut réduire, ou plus encore, éliminer la dépendance au charbon dans le but de préserver la planète des effets dévastateurs des émissions de gaz à effet de serre et des changements climatiques.

10 % de l’électricité sont produits au Canada à partir de la combustion du charbon, contre 40 % à l’échelle mondiale. En 2005, 60 Mt de charbon ont été consommés dans le pays, et 56 Mt ont servi à produire de l’électricité, ce qui a généré près de 92 gigawatts heures (GWh), soit 17 % de toute l’électricité produite au pays. Une activité qui représentait alors jusqu’à 70 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur de la production d’électricité.

Les États-Unis font partie des pays qui rechignent à abandonner le charbon comme source de production d’électricité. Le président Trump avait fait de la réouverture d’anciennes centrales un argument de campagne électorale. Son administration vient d’ailleurs de signer un projet de loi pour abroger le plan d’énergies propres qui avait été signé en 2015 par Barack Obama et qui visait principalement les centrales au charbon. 

En 2015, SaskPower a produit de 40 à 42% de son électricité à partir de ses centrales thermiques au charbon et de 30 à 32% à partir de ses centrales aux gaz naturels.
En 2015, SaskPower a produit de 40 à 42% de son électricité à partir de ses centrales thermiques au charbon et de 30 à 32% à partir de ses centrales aux gaz naturels. © Radio-Canada

Respecter l’échéance de 2030 : plus un mythe qu’une réalité pour le Canada?

Le Canada entend éliminer progressivement ses centrales électriques qui continuent d’être alimentées par la combustion du charbon.

2030, c’est l’échéance que s’est fixée le pays pour atteindre cet objectif.

Cela pourrait paraître très peu réaliste dans la mesure où l’Alberta, la Saskatchewan, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick exploitent encore aujourd’hui des centrales au charbon comme sources de production d’électricité.

Les options sont l’hydroélectricité et l’éolien, qui devraient permettre de fournir 90 % de l’énergie verte au Canada d’ici 2030, soit 10 % de plus qu’aujourd’hui. Le pays mise également sur la possibilité de doter les centrales au charbon de systèmes de récupération et d’enfouissement du carbone.

Le gouvernement, qui a prévu un plan pour l’élimination progressive des centrales électriques traditionnelles alimentées au charbon, a opté pour une approche pancanadienne en ce qui concerne la tarification de la pollution par le carbone.

Il reste cependant flexible à l’égard des provinces et des territoires qui sont libres de choisir comment ils souhaitent mettre en œuvre cette tarification.

C’est ainsi que des solutions plus flexibles leur sont offertes. Il s’agit, entre autres, de la mise en place d’un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre, notamment en Nouvelle-Écosse qui aura la possibilité de continuer à utiliser une partie de ses centrales au charbon après 2030.

Cette province devra aussi adopter des cibles de réduction des émissions de carbone de 30 % en 2030 par rapport au niveau de 2005.

En général, dans le pays, l’utilisation des centrales au charbon pour la production de l’énergie est en baisse. C’est ainsi que dans des provinces comme l’Alberta et la Saskatchewan, où les centrales au charbon ont toujours représenté les principales sources de production de l’énergie, 88 % de toute l’électricité ont été obtenues à partir du gaz naturel. Cela a permis ainsi une réduction de leurs émissions de carbone qui se retrouvent en plus forte concentration dans le charbon.

RCI avec La Presse canadienne, Radio-Canada, l’Office national de l’énergie et des informations du gouvernement fédéral

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Publié dans : Environnement, International, Politique

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