Le député libéral de Chomedey, à l’Assemblée nationale en 2011.

Le député libéral provincial a été arrêté, puis relâché par l'Unité permanente anticorruption (UPAC).
Photo Credit: PC / Jacques Boissinot

La classe politique québécoise ébranlée par l’arrestation d’un député

Au lendemain de son arrestation par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), le député Guy Ouellette s’est retiré du caucus du Parti libéral du Québec (PLQ) jusqu’à ce que le Directeur des poursuites criminelles et pénales se prononce sur son dossier. Cette affaire a suscité toute une commotion à l’Assemblée nationale du Québec, où même des adversaires politiques de M. Ouellette lui ont exprimé leur soutien.

Le retrait temporaire de M. Ouellette de son groupe parlementaire était « la bonne chose à faire dans les circonstances », selon le premier ministre Philippe Couillard, qui a choisi d’interrompre une tournée dans le Grand Nord québécois pour être présent à la réunion de son caucus jeudi matin à Québec.

« Ça nous surprend, ça nous attriste, mais ça ne nous fait pas dévier du plan, a-t-il affirmé. C’est un choc pour tout le monde, je pense, pour l’ensemble de la députation, je pense même pour les partis d’opposition. »

Selon toute vraisemblance, Guy Ouellette, 65 ans, a été arrêté par l’UPAC en lien avec les fuites dans l’enquête Mâchurer sur le financement du Parti libéral à l’époque où il était dirigé par Jean Charest. La résidence de Québec du député de Chomedey a fait l’objet d’une longue perquisition policière qui a pris fin il y a quelques heures.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, répond aux questions des médias relativement à la Commission sur le racisme et la discrimination systémique Photo : Radio-Canada
Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, s’est dit surpris par l’arrestation de M. Guy Ouellette.

Enquête de l’UPAC

L’UPAC a d’ailleurs confirmé, jeudi matin, avoir procédé à une arrestation mercredi. Dans un communiqué laconique, elle affirme que son enquête vise notamment « de possibles infractions d’abus de confiance et d’entrave à la justice ».

Une série de perquisitions ainsi qu’une arrestation en cours d’enquête ont été réalisées, dans le but de « sécuriser des éléments de preuve ainsi que pour empêcher que les infractions se continuent ou se répètent ». La personne arrêtée n’a pas été identifiée par l’UPAC, « car il importe de souligner qu’aucune accusation n’a été déposée à ce stade-ci de l’enquête. Les actions d’hier ne constituent qu’une étape de l’enquête qui se poursuit », a ajouté l’UPAC dans son communiqué.

L’équipe mixte affectée à l’enquête, formée des membres de plusieurs corps de police, a exécuté six mandats de perquisition et interrogé une dizaine d’individus au courant de la journée du 25 octobre. Les perquisitions, certaines dans la région de Montréal et d’autres dans la région de Québec, se sont déroulées jusqu’à tard mercredi soir.

Le commissaire de l’UPAC Robert Lafrenière
Le commissaire de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière, avait promis de faire la lumière sur les fuites relatives à l’enquête Mâchurer sur le financement illégal du Parti libéral du Québec. © PC/Ryan Remiorz / PC

Par ailleurs, « les enquêteurs procéderont à l’analyse de la preuve recueillie hier avant que le dossier ne soit soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales qui déterminera s’il y a lieu de porter des accusations ».

« Par conséquent, et pour des considérations juridiques, le commissaire à la lutte contre la corruption ne fera aucun commentaire à cette étape-ci de l’enquête », conclut l’UPAC dans son communiqué.

Ouellette soutenu par ses collègues de l’opposition

Abasourdis, des députés du Parti québécois (PQ), de la Coalition avenir Québec (CAQ) et de Québec solidaire (QS) ont tour à tour fait l’éloge du travail de M. Ouellette à la tête de la Commission des institutions.

Ouellette, un ancien policier, a consacré toute sa vie à la recherche de la vérité, selon le porte-parole péquiste en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé. « Il a pris des risques importants dans sa vie comme enquêteur de police, il a fait un travail exemplaire comme président de commission », a-t-il affirmé.

Le député de Québec solidaire Amir Khadir a donné « tout son appui » à M. Ouellette, qui, d’après lui, semble le héros dans toute cette affaire, puisqu’il était possiblement un lanceur d’alerte. « Mon bureau a déjà contacté son bureau pour lui assurer de mon appui », a dit M. Khadir.

Le député de Québec solidaire Amir Khadir
Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, apporte son « appui total » à M. Ouellette. © Radio-Canada

Les partis d’opposition ont tous exigé des explications de la part de l’UPAC. Selon eux, l’UPAC consacre plus de temps à essayer de colmater des fuites qu’à épingler les véritables coupables dans le scandale du financement du Parti libéral du Québec.

Au printemps dernier, les médias de Québecor ont obtenu d’une source des documents confidentiels de l’UPAC qui traitaient de l’enquête Mâchurer. On y apprenait notamment que l’ancien premier ministre Jean Charest, ainsi qu’un argentier du Parti libéral, Marc Bibeau, étaient dans la ligne de mire des enquêteurs.

Le commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière, a dû maintes fois se défendre au cours des derniers mois de se traîner les pieds dans cette enquête. « Il y a de sérieuses questions à poser sur la priorité des dossiers à l’UPAC », a affirmé M. Khadir. « L’UPAC, son mandat, c’est autre chose que de faire la chasse aux sources. Le mandat de l’UPAC, c’est de nous ramener les filous, les bandits qui ont orchestré le financement illégal du Parti libéral », a-t-il ajouté. L’UPAC est en train de faire  « diversion », selon le député solidaire.

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Le député libéral de Chomedey, Guy Ouellette est un ancien policier. © Jacques Boissinot/Canadian Press

Qui est Guy Ouellette?

  •   Âgé de 65 ans
  •   Ex-enquêteur de la Sûreté du Québec, spécialiste du crime organisé et de la guerre aux motards
  •   Membre de l’escouade Carcajou
  •   Élu pour la première fois en 2007, mais n’a jamais accédé au conseil des ministres
  •   Président de la commission des institutions à l’Assemblée nationale
  •   A récemment forcé la main du commissaire à l’UPAC, Robert Lafrenière, ainsi que des représentants de la Sûreté du Québec, pour témoigner sur le projet de loi 107
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Publié dans : Politique, Société

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