Chris Stevens, copropriétaire de Kaboom Chicken, dans le quartier Leslieville de Toronto, se dit en accord avec la hausse du salaire minimum, mais il croit que le fardeau repose trop sur les petites entreprises.

Chris Stevens, copropriétaire de Kaboom Chicken, dans le quartier Leslieville de Toronto, se dit en accord avec la hausse du salaire minimum, mais il croit que le fardeau repose trop sur les petites entreprises.
Photo Credit: CHRISTOPHER KATSAROV, PC

Bond explosif du salaire minimum en Ontario : une affaire à rebondissements

Share

De moins de 12 dollars, le salaire horaire minimal dans la province canadienne la plus populeuse vient de bondir de 20 % mardi avec l’arrivée du Nouvel An. Puis il bondira d’un autre dollar à 15 $ en janvier 2019 soit un bond total de 31 % en deux ans!

L’effet de ces augmentations pourrait se faire sentir d’un bout à l’autre du pays. Le Québec, avec un taux très inférieur de moins de 11 dollars de l’heure, pourrait être particulièrement touché.

Si certains s’attendent à un exode vers l’Ontario de travailleurs québécois peu fortunés, d’autres projettent des pertes d’emplois importantes en Ontario additionnées d’augmentations des prix à la consommation qui pourraient finir par favoriser les commerces québécois.

Le Bureau du directeur de la responsabilité financière de l’Ontario — un organisme indépendant qui analyse la situation économique pour l’Assemblée législative — a avancé que les hausses de salaire minimum pourraient entraîner la perte de 50 000 emplois.

Un pari économique et politique

Le gouvernement ontarien espère que cette mesure donnera un coup de pouce à l’économie en augmentant le pouvoir d’achat des moins nantis.

La première ministre Kathleen Wynne soutient que cette hausse aura un effet concret sur la vie de millions d’Ontariens. La hausse du salaire minimum en Ontario aura selon elle un effet concret sur la vie de millions de personnes, car en ce moment, sur les 6,6 millions de travailleurs que compte la province, 10 % sont payés au salaire minimum, et 30 % gagnent moins de 15 $ l’heure.

En mai dernier, elle déclarait lors de l’annonce de son projet : « Notre plan s’attaque directement aux défis auxquels nous faisons face dans ce monde nouveau et incertain ».

Écoutez
Le coup de dés de Kathleen Wynne
Le coup de dés de Kathleen Wynne © Radio-Canada

Les dirigeants d’entreprises et de commerces sont inquiets

Les entreprises indépendantes répètent qu’une telle augmentation va plutôt forcer les employeurs à effectuer des mises à pied qui toucheront particulièrement les travailleurs les moins qualifiés.

Cette hausse pourrait cependant coûter entre 80 000 et 90 000 emplois à l’économie de la province d’ici 2020, calcule la Banque TD, qui affirme que l’économie ontarienne continuera à croître malgré les pertes d’emplois, mais moins rapidement, au rythme de seulement 0,5 % par année.

De nombreux propriétaires de petites entreprises dans la province se demandent comment ils maintiendront leurs profits si les salaires augmentent autant.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) se dit notamment « estomaquée » par rapport à l’initiative du gouvernement ontarien. « Il s’agit là d’un exemple à ne pas suivre par n’importe quel gouvernement soucieux de préserver la santé de ses PME et de son économie. Imposer une hausse de 32 % du salaire minimum en seulement 18 mois nous apparaît fort risqué et imprudent », affirme cette fédération.

Contenu primé
Pas de revenu minimum garanti au Québec, mais un projet pilote en Ontario 

L’Ontario met en place un projet pilote pour garantir un revenu de base minimum à 4 000 personnes. Photo Credit: IS / vchal

L’Ontario met en place un projet pilote pour garantir un revenu de base minimum à 4 000 personnes. Photo Credit: IS / vchal

RCI avec La Presse canadienne et la contribution de Roxane Léouzon, Sébastien St-François, Gérald Fillion et d’Annie Desrochers de Radio-Canada

En complément

Hausse du salaire minimum en Ontario – Radio-Canada 

Des PDG canadiens ont déjà empoché il y a deux jours le salaire annuel moyen de leurs employés – RCI 

Metro et bien d’autres entreprises subiront les contrecoups de la hausse du salaire minimum en Ontario – RCI 

Share
Mots-clés : , , , , , , ,
Publié dans : Économie, Politique, Société

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

@*@ Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 caractères restants

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s'ils respectent la nétiquette.

Nétiquette »

Quand vous vous exprimez dans le cadre d'une tribune, vous devez être aussi courtois que si vous parliez à quelqu'un face à face. Les insultes et attaques personnelles ne seront pas tolérées. Ne pas être d'accord avec une opinion, une idée ou un événement est une chose, mais manquer de respect envers autrui en est une autre. Les grands esprits ne se rencontrent pas toujours, et c'est bien là l'intérêt des tribunes!

La nétiquette est l'ensemble des règles de conduite régissant le comportement des internautes. Avant d'intervenir dans une tribune, il est important d'en prendre connaissance. Sinon, on risque l'expulsion!

  1. Les tribunes de RCInet.ca ne sont pas anonymes. Au moment de s'inscrire, les utilisateurs sont tenus d'indiquer leurs nom, prénom et lieu de résidence, qui s'afficheront au moment de la publication de leur commentaire. RCInet.ca se réserve le droit de ne pas publier un commentaire s'il existe un doute quant à l'identité de son auteur.
  2. L'usurpation de l'identité d'autrui dans l'intention d'induire en erreur ou de causer un préjudice est une infraction grave passible d'expulsion.
  3. Les tribunes de Rcinet.ca sont ouvertes à tous, quels que soit l'âge, l'origine ethnique, la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle.
  4. Les propos diffamatoires, haineux, racistes, xénophobes, homophobes, sexistes ou disgracieux envers l'origine ethnique, l'appartenance à une religion ou à un groupe d'âge ne seront pas publiés.
  5. Dans Internet, les majuscules équivalent aux cris et peuvent être interprétées comme de l'agressivité, ce qui est plutôt désagréable pour vos interlocuteurs. Tout message contenant un ou des mots écrits en majuscules (à l'exception des sigles et des acronymes) sera rejeté. Il en sera de même pour les messages contenant un ou des mots en caractères gras, italiques ou soulignés.
  6. Le langage vulgaire, obscène ou malveillant est interdit. Les tribunes sont des lieux publics, et vos propos pourraient heurter certains internautes. Les personnes faisant usage d'un langage grossier seront expulsées.
  7. Le respect mutuel est de mise entre les utilisateurs. Ainsi, il est interdit d'injurier, de menacer ou de harceler un utilisateur. Vous pouvez exprimer votre désaccord avec une idée sans attaquer quiconque.
  8. L'échange d'arguments et de vues contradictoires est un élément clé d'un débat sain, mais il ne doit pas prendre la forme d'un dialogue ou d'une discussion privée entre deux participants qui s'interpellent sans égard aux autres participants. Les messages de ce type ne seront pas affichés.
  9. Radio Canada International diffuse en cinq langues. Les échanges dans les forums doivent se faire dans la même langue que le contenu que nous publions. L'usage d'autres langues, à l'exception de quelques mots, est interdit. Les messages sans rapport avec le sujet ne seront pas publiés.
  10. L'envoi de messages à répétition nuit aux échanges et ne sera pas toléré.
  11. L'insertion d'images ou de tout autre type de fichier dans les commentaires est interdite. L'inclusion d'hyperliens vers d'autres sites est permise, à condition qu'ils respectent la nétiquette. Toutefois, Radio Canada International n'est aucunement responsable du contenu de ces sites.
  12. La copie d'un texte d'autrui, même avec référence à son auteur, est inacceptable si cet extrait constitue la majeure partie du commentaire.
  13. La publicité et les appels à la mobilisation, sous quelque forme que ce soit, sont interdits dans les tribunes de Radio Canada International.
  14. Tous les commentaires et autres types de contenus sont modérés avant publication. Radio Canada International  se réserve le droit de ne pas publier les messages des internautes.
  15. Radio Canada International se réserve le droit de fermer une tribune à tout moment, sans préavis.
  16. Radio Canada International se réserve le droit de modifier ces règles de conduite (nétiquette) en tout temps, sans préavis.
  17. En participant à ses tribunes, vous autorisez Radio Canada International à publier vos commentaires sur la toile pour un temps indéfini. Cela suppose aussi que ces messages seront indexés par les moteurs de recherche d'Internet.
  18. Radio Canada International  n'est nullement tenue de retirer vos messages du web, si un jour vous en faites la demande. Nous vous invitons donc à bien réfléchir à vos propos et aux conséquences de leur publication.

*

Un commentaire pour «Bond explosif du salaire minimum en Ontario : une affaire à rebondissements»
1 Pings/Trackbacks pour "Bond explosif du salaire minimum en Ontario : une affaire à rebondissements"
  1. […] Le saviez-vous? L’auteur du rapport du CCPA, David Macdonald, soulève d’ailleurs que ces 97 hommes et 3 femmes d’affaires — qui gagnent en moyenne 2489,62 $ l’heure — sont souvent parmi les premiers à s’opposer au salaire horaire minimum de 15 $, une mesure que commence à adopter progressivement la province de l’Ontario ce premier janvier. Lisez : Bond explosif du salaire minimum en Ontario : une affaire à rebondissements […]