Un emballage à l’épreuve des enfants et moins attrayant pour les jeunes devrait-il être exigé par Santé Canada? Photo : Émilie Pelletier

Un emballage à l’épreuve des enfants et moins attrayant pour les jeunes devrait-il être exigé par Santé Canada? Photo : Émilie Pelletier

Cigarettes électroniques : Ottawa va restreindre la publicité sans l’écraser

Share

À sa sortie de la Chambre des communes, lundi, la nouvelle ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, a clairement indiqué son intention d’interdire la publicité des cigarettes électroniques dans l’espace public comme l’exigent des organismes antitabac.

Ginette Petitpas-Taylor, ministre fédérale de la Santé. Photo : Radio-Canada

Ginette Petitpas-Taylor, ministre fédérale de la Santé. Photo : Radio-Canada

«On doit avoir des restrictions assez claires, a-t-elle soutenu . On veut s’assurer que ces produits n’attireront aucunement nos jeunes», a déclaré la ministre.

Elle témoignera mercredi devant un comité parlementaire pour discuter de son projet de loi S-5 qui vise à encadrer plus sévèrement l’usage de la cigarette électronique au pays.

Cette forme de cigarette est toujours illégale, bien qu’elle soit dans les faits en vente libre au Canada depuis plus d’une demi-douzaine d’années.

Aide-mémoire…
– Les déclarations anticigarettes électroniques de la ministre Taylor se démarquent de celles de sa prédécesseur, Jane Philpott, qui avait préféré, en avril dernier, invoquer la Charte canadienne des droits et libertés lors d’un témoignage devant un comité du Sénat.
– Mme Philpott avait alors expliqué que les preuves sur la nocivité des produits de vapotage n’étaient pas suffisamment solides pour que le gouvernement limite le droit des entreprises d’en faire la promotion.

ane Philpott Photo : PC/Sean Kilpatrick/La Presse canadienne

Jane Philpott Photo : PC/Sean Kilpatrick/La Presse canadienne

Un projet de loi qui n’irait pas assez loin, dénoncent les groupes de pression

Plus tôt lundi, des organismes de lutte contre le tabagisme ont dénoncé devant le comité permanent de la santé de la Chambre des communes le projet de loi S-5 à l’étude.

Selon la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, l’Association canadienne de santé publique et Médecins pour un Canada sans fumée, S-5 permettrait la diffusion de publicités sur les cigarettes électroniques qui contiennent de la nicotine à la télé, à la radio.

Selon ces organismes, ces publicités pourraient inciter les non-fumeurs, particulièrement les jeunes, à commencer à fumer. Ils craignent qu’une fois accros à la nicotine, ces nouveaux fumeurs se tournent vers la cigarette traditionnelle. Ils demandent que les mêmes règles publicitaires pour les produits du tabac s’appliquent pour les cigarettes électroniques et que, par conséquent, les annonces qui les associeraient à un certain style de vie soient interdites.

Plusieurs provinces et municipalités ont déjà instauré des mesures sur le vapotage, mais une loi fédérale est nécessaire, selon Rob Cunningham, analyste principal des politiques à la Société canadienne du cancer.

Au Québec, une loi a été adoptée à l’automne 2015 qui fait en sorte que la cigarette électronique et les liquides qu’elle contient sont considérés comme des produits du tabac, et qu’elle est donc soumise aux mêmes restrictions. Mais cette chasse aux cigarettes électroniques pourrait aussi avoir ses propres effets nocifs sur la santé des Canadiens, jeunes et moins jeunes.

Écoutez

Les jeunes Québécois vapotent presque deux fois plus que leurs cousins canadiens

C’est au Québec que le pourcentage de jeunes consommant la cigarette électronique est le plus élevé au pays, selon les plus récentes données obtenues par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Ces données révèlent que 27 % des élèves québécois du secondaire, soit 110 500 élèves, ont vapoté au moins une fois. Dans le reste du Canada, ce pourcentage est très nettement inférieur à 15 % en moyenne.

Toutefois, le pourcentage d’élèves québécois qui ont déjà tâté de la cigarette électronique a chuté, car il était de 34 % durant la période 2013-2014. On note une perte d’intérêt chez les élèves de la première année du secondaire (de 22 % à 11 %).

L’intérêt des jeunes pour le vapotage inquiète des intervenants en milieu scolaire - Radio-Canada

L’intérêt des jeunes pour le vapotage inquiète des intervenants en milieu scolaire. – Radio-Canada

Nécessité de poursuivre le combat pour éloigner les jeunes du vapotage

Bien qu’un consensus émerge au sein de la communauté scientifique et de santé publique voulant que le vapotage soit moins dommageable pour la santé que les produits du tabac, les jeunes utilisateurs s’exposeraient à des risques pour leur santé qui sont encore mal connus.

Une récente étude clinique de l’Université Laval, à Québec, effectuée sur des animaux, suggérait que le vapotage peut empirer la condition de personnes atteintes de maladies pulmonaires, comme l’asthme ou d’infection comme la grippe.

Une étude britannique a pour sa part conclu que la cigarette électronique est environ 95 % moins nocive que le tabac et que son usage devrait être encouragé auprès des fumeurs désirant arrêter.

Aide-mémoire…
Les débuts de la campagne antitabac canadienne remontent à 1963
– La réputation du Canada comme meneur mondial dans le combat contre le tabac est appuyée par une série d’initiatives qui depuis 50 ans ont graduellement transformé une lutte un peu simpliste contre la cigarette en une campagne antifumeurs qui prend parfois des allures de vendetta.
– Les premiers efforts déployés au Canada pour réduire le tabagisme ont commencé en 1963 et 1964 avec la publication des premières études américaines tissant un lien entre usage et trépas. Ces campagnes des années 1960 étaient axées sur la sensibilisation du public.
– Par la suite, des règlements municipaux sur le tabac ont été adoptés au milieu des années 1970, puis les taxes ont été augmentées et des mesures législatives provinciales importantes ont été mises en œuvre dans les années 1980.

Comme dans d'autres pays occidentaux, la prévalence du tabagisme au Canada a chuté de façon dramatique dans les 50 dernières années. Alors qu'environ 50 % des Canadiens de plus 15 ans fumaient en 1965, ils étaient 15 % en 2013. Photo Credit: AP Photo/Marco Garcia

Comme dans d’autres pays occidentaux, la prévalence du tabagisme au Canada a chuté de façon importante dans les 50 dernières années. Alors qu’environ 50 % des Canadiens de plus 15 ans fumaient en 1965, ils étaient 15 % en 2013.
Photo Credit: AP Photo/Marco Garcia

RCI avec La Presse canadienne et Radio-Canada

En complément

Cigarette électronique : l’Association canadienne de la vape contre le projet de loi 44 du Québec – RCI 

La cigarette électronique: une source d’empoisonnement – RCI 

Vaste étude canadienne : vapoter double le risque des adolescents de passer au tabac – RCI 

Share
Mots-clés : , , , , , , ,
Publié dans : Environnement, Politique, Santé

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

@*@ Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 caractères restants

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s'ils respectent la nétiquette.

Nétiquette »

Quand vous vous exprimez dans le cadre d'une tribune, vous devez être aussi courtois que si vous parliez à quelqu'un face à face. Les insultes et attaques personnelles ne seront pas tolérées. Ne pas être d'accord avec une opinion, une idée ou un événement est une chose, mais manquer de respect envers autrui en est une autre. Les grands esprits ne se rencontrent pas toujours, et c'est bien là l'intérêt des tribunes!

La nétiquette est l'ensemble des règles de conduite régissant le comportement des internautes. Avant d'intervenir dans une tribune, il est important d'en prendre connaissance. Sinon, on risque l'expulsion!

  1. Les tribunes de RCInet.ca ne sont pas anonymes. Au moment de s'inscrire, les utilisateurs sont tenus d'indiquer leurs nom, prénom et lieu de résidence, qui s'afficheront au moment de la publication de leur commentaire. RCInet.ca se réserve le droit de ne pas publier un commentaire s'il existe un doute quant à l'identité de son auteur.
  2. L'usurpation de l'identité d'autrui dans l'intention d'induire en erreur ou de causer un préjudice est une infraction grave passible d'expulsion.
  3. Les tribunes de Rcinet.ca sont ouvertes à tous, quels que soit l'âge, l'origine ethnique, la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle.
  4. Les propos diffamatoires, haineux, racistes, xénophobes, homophobes, sexistes ou disgracieux envers l'origine ethnique, l'appartenance à une religion ou à un groupe d'âge ne seront pas publiés.
  5. Dans Internet, les majuscules équivalent aux cris et peuvent être interprétées comme de l'agressivité, ce qui est plutôt désagréable pour vos interlocuteurs. Tout message contenant un ou des mots écrits en majuscules (à l'exception des sigles et des acronymes) sera rejeté. Il en sera de même pour les messages contenant un ou des mots en caractères gras, italiques ou soulignés.
  6. Le langage vulgaire, obscène ou malveillant est interdit. Les tribunes sont des lieux publics, et vos propos pourraient heurter certains internautes. Les personnes faisant usage d'un langage grossier seront expulsées.
  7. Le respect mutuel est de mise entre les utilisateurs. Ainsi, il est interdit d'injurier, de menacer ou de harceler un utilisateur. Vous pouvez exprimer votre désaccord avec une idée sans attaquer quiconque.
  8. L'échange d'arguments et de vues contradictoires est un élément clé d'un débat sain, mais il ne doit pas prendre la forme d'un dialogue ou d'une discussion privée entre deux participants qui s'interpellent sans égard aux autres participants. Les messages de ce type ne seront pas affichés.
  9. Radio Canada International diffuse en cinq langues. Les échanges dans les forums doivent se faire dans la même langue que le contenu que nous publions. L'usage d'autres langues, à l'exception de quelques mots, est interdit. Les messages sans rapport avec le sujet ne seront pas publiés.
  10. L'envoi de messages à répétition nuit aux échanges et ne sera pas toléré.
  11. L'insertion d'images ou de tout autre type de fichier dans les commentaires est interdite. L'inclusion d'hyperliens vers d'autres sites est permise, à condition qu'ils respectent la nétiquette. Toutefois, Radio Canada International n'est aucunement responsable du contenu de ces sites.
  12. La copie d'un texte d'autrui, même avec référence à son auteur, est inacceptable si cet extrait constitue la majeure partie du commentaire.
  13. La publicité et les appels à la mobilisation, sous quelque forme que ce soit, sont interdits dans les tribunes de Radio Canada International.
  14. Tous les commentaires et autres types de contenus sont modérés avant publication. Radio Canada International  se réserve le droit de ne pas publier les messages des internautes.
  15. Radio Canada International se réserve le droit de fermer une tribune à tout moment, sans préavis.
  16. Radio Canada International se réserve le droit de modifier ces règles de conduite (nétiquette) en tout temps, sans préavis.
  17. En participant à ses tribunes, vous autorisez Radio Canada International à publier vos commentaires sur la toile pour un temps indéfini. Cela suppose aussi que ces messages seront indexés par les moteurs de recherche d'Internet.
  18. Radio Canada International  n'est nullement tenue de retirer vos messages du web, si un jour vous en faites la demande. Nous vous invitons donc à bien réfléchir à vos propos et aux conséquences de leur publication.

*