La Cour supérieure du Québec a rendu un jugement autorisant l'exercice de l'action collective contre Bayer et Syngenta qui produit les pesticides nuisibles pour les abeilles, selon les apiculteurs

Rescapées de l’enfer des pesticides : une action collective au secours des abeilles autorisée

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L’utilisation des néonicotinoïdes, pesticides utilisés pour éliminer certains insectes nuisibles dans le domaine agricole au Canada comme ailleurs dans le monde, fait planer une grave menace sur la survie des abeilles. Cette situation préoccupe aussi bien les apiculteurs, les organisations environnementales que les citoyens. Ils entreprennent diverses actions pour sauver les abeilles, dont la contribution à l’alimentation et à l’écosystème est des plus importantes. C’est dans ce cadre qu’un jugement vient d’être rendu à Montréal autorisant l’exercice d’une action collective contre la firme Bayer et Syngeta qui produit les pesticides en question.

Réparer les dommages aux abeilles

L’action collective de la firme d’avocats Siskinds Desmeubles a été envisagée depuis près de quatre ans, à la suite de la plainte d’un apiculteur de la municipalité de Saint-Marc-sur-Richelieu, au sud-ouest du Québec, qui assistait, impuissant, à la mort par grappe de ses abeilles, et à la baisse de leur fécondité et de leur productivité.

Ayant eu le mandat de cet apiculteur au nom de l’ensemble des producteurs de miel de la province, la firme avait déposé cette action en 2014, et celle-ci n’a été entérinée que la semaine dernière par le juge, Thomas Davis, de la Cour supérieure du Québec.

Dans ce jugement autorisant l’action collective, en fonction des résultats de l’appel éventuel de la firme Bayer, le cabinet d’avocats ira de l’avant avec un procès contre cette dernière qui affirme commercialiser les néonicotinoïdes dans le seul but d’éliminer les insectes nuisibles et de protéger les cultures.

Dans une entrevue avec Alice Chantal Tchandem, Samy Elnemr, avocat  à Siskinds Desmeules, a confié que l’étendue des dommages causés aux apiculteurs par ces pesticides est importante. Ce qui signifie en clair que l’on devrait s’attendre à ce que les réparations soient à la hauteur des pertes.

Autrement, si les preuves justifiant le mérite de l’action sont suffisantes, si les avocats réussissent à prouver les dommages aux apiculteurs, le tribunal pourrait rendre un jugement qui accorde des indemnités en compensation.

Écoutez

Selon le cabinet d’avocats, les faits montrent que les néonicotinoïdes produits par les défenderesses causent chez les abeilles à miel, notamment, des problèmes de reproduction et de comportement, la réduction de leur production de miel et la mort.

La perte des abeilles : une érosion qui touche plusieurs pays du monde

Plusieurs pays européens ont envisagé l’encadrement des néonicotinoïdes qui sont désormais vus comme de véritables tueurs d’abeilles.

Au Québec et en Ontario, de nouvelles règles ont été mises en place pour limiter l’usage de certaines semences enrobées de ces pesticides. À l’échelle du Canada, de nouvelles balises sont fixées, sans que tous les pesticides de la famille des néonicotinoïdes soient totalement bannis.

Les pertes d’abeilles importantes sont recensées depuis une quinzaine d’années. L’Amérique du Nord est particulièrement concernée. Et, au Canada, les apiculteurs perdent en moyenne 25 % de leurs abeilles. L’Ontario est la province la plus touchée : en 2014, les pertes s’élèvent à 58 %, un record! Et le Québec n’est pas épargné. La mortalité est de deux à trois fois plus élevée qu’auparavant.

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Publié dans : Économie, Environnement

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3 comments on “Rescapées de l’enfer des pesticides : une action collective au secours des abeilles autorisée
  1. Suzanna Schimek dit :

    Voir si ça du bon sens d’utiliser ces poisons !!!! S’il n’y a plus d’abeilles à moment donné vous compter faire quoi …. de la pollinisation humaine comme en Chine ???? Réveillez-vous !!!

  2. Daniel BERNARD dit :

    La première chose à faire, si on veut vraiment protéger les abeilles et non des avoirs matériels ou financiers, c’est de faire de l’apiculture en respectant les lois de la nature. L’abeille domestique utilisée par les apiculteurs n’existe pas à l’état sauvage au Québec et dans les pays froids. Ni la flore, ni la température corresponds à leurs états naturels. La pollinisation du bleuet décime des quantités épouvantables d’abeilles pour augmenter des récoltes exportés en Asie ou partout dans le monde. La pollinisation doit se faire avec des insectes locaux. La mégachile, le bourdon sont des insectes capables. A mon humble avis, une grande part de la perte de nos abeilles au Québec est dû au pratiques irrespectueuses et inconscientes apicoles. Faisons partie de la solution, et non du problème. Un pas est faire, ce n’est pas facile, je l’ai fait personnellement en arrêtant de pratiquer cette passion. Je suis en paix, mais déçu du manque de conscience et de la manipulation de sujet.

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  1. […] Rescapées de l’enfer des pesticides : une action collective au secours des abeilles autorisée | rcinet.ca, 26 février 2018 Dans une entrevue avec Alice Chantal Tchandem, Samy Elnemr, avocat à Siskinds Desmeules, a confié que l’étendue des dommages causés aux apiculteurs par ces pesticides est importante. Ce qui signifie en clair que l’on devrait s’attendre à ce que les réparations soient à la hauteur des pertes. […]