Gabriel Ste-Marie n'a pas mâché ses mots lorsqu'il s'est adressé à la presse avec six de ses collègues mercredi après-midi. Photo : Radio-Canada

95/5000 La chef du BQ, Martine Ouellet, a perdu sept de ses dix députés mercredi. (Paul Chiasson / Presse canadienne)

Démission en bloc au parti souverainiste fédéral du Bloc québécois

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Le Bloc québécois est un parti politique fondé en 1991 qui est le seul représentant les indépendantistes du Québec sur la scène politique fédérale. Il connaît en ce moment sa pire défaite politique, défaite infligée de l’intérieur par 7 de ses 10 députés qui viennent de démissionner et qui affirment ne pas avoir le choix.

Ces sept députés disent s’opposer au style autocratique de leur chef Martine Ouellet, en poste depuis le 14 mars 2017. Elle est la première femme à la tête de ce parti.

Les démissionnaires vont maintenant siéger comme indépendants.

Ils quittent le coeur lourd

« Aujourd’hui, on était devant deux choix : soit Mme Ouellet quittait ou soit nous partions. Les Québécois méritent qu’on se tienne debout et qu’on fasse notre job pour eux. On ne pouvait plus continuer à se promener d’une crise à l’autre », a dit le député Luc Thériault.

« On a tout essayé depuis un an, a-t-il poursuivi. C’est le coeur meurtri qu’on part aujourd’hui. »

Le député Gabriel Ste-Marie a été catégorique pendant la conférence de presse. Il était devenu impossible de travailler avec sa chef. « On n’est pas capable de travailler ensemble. Il n’y a pas d’écoute. C’est toujours la soumission. »

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Gabriel Ste-Marie n'a pas mâché ses mots lorsqu'il s'est adressé à la presse avec six de ses collègues mercredi après-midi. Photo : Radio-Canada

Gabriel Ste-Marie n’a pas mâché ses mots lorsqu’il s’est adressé à la presse avec six de ses collègues mercredi après-midi. Photo : Radio-Canada

La chef a tenté d’éviter l’éclatement de son caucus

Martine Ouellet a déclaré en conférence de presse, mercredi, qu’elle entend rester en poste, et que la porte reste « grande ouverte » pour les sept députés démissionnaires.

Elle soutient que les discussions n’ont rien donné avec les députés mécontents. « On a même ouvert la possibilité d’aller en médiation. Des fois, aller vers l’aide extérieure, ça peut donner un coup de main. »

La chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, répond aux questions des journalistes le 28 février 2018. Photo : Radio-Canada

Le discours qui a mis le feu aux poudres

Rhéal Fortin - Radio-Canada

Rhéal Fortin – Radio-Canada

Cette crise survient une semaine après le discours de la chef lors du conseil général du parti, qui avait été très mal reçu par la majorité de ses députés. Mme Ouellet avait alors affirmé qu’elle sentait de la résistance au sein de son caucus depuis son arrivée il y a un an.

Elle avait également tenté de convaincre les militants de mettre l’indépendance au centre de leur action politique et de se distancier des « mêmes recettes qui sont là depuis 25 ans ». Ses propos avaient choqué les dissidents.

« Le discours de samedi dernier, je n’ai jamais vu ça, s’est exclamé Rhéal Fortin. Un chef qui ouvre un conseil général en se présentant en victime, puis en disant qu’elle est victime de coulage et de résistance… Pour moi, ce n’est pas un discours digne d’un chef. »

Le 22 mai 1990, Lucien Bouchard, alors ministre fédéral de l’Environnement dans le gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney, démissionne de son poste. Avec cinq autres députés de la Chambre des communes, Lucien Bouchard forme le Bloc québécois qui prône la souveraineté du Québec.

Le 22 mai 1990, Lucien Bouchard, alors ministre fédéral de l’Environnement dans le gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney, démissionne de son poste. Avec cinq autres députés de la Chambre des communes, il forme le Bloc québécois qui prône la souveraineté du Québec.

Le saviez-vous?
– Le Bloc québécois, qui est implanté dans des circonscriptions fédérales exclusivement au Québec, travaille en étroite collaboration avec le Parti québécois au Québec, également souverainiste.
– Les membres et sympathisants du Bloc québécois sont habituellement appelés « bloquistes ».
– Au cours des six élections fédérales de 1993 à 2011, il a toujours remporté la majorité des 75 sièges impartis au Québec.
-Toutefois, aux élections de 2011, il a obtenu seulement quatre sièges. À la suite de cette élection, le BQ a perdu son statut de parti officiel à la Chambre des communes, qui lui garantissait un budget de recherche et un droit de parole minimal.

Gilles Duceppe annonce son départ à la suite de la défaite électorale de 2011. Photo : La Presse canadienne/Ryan Remiorz. Aux élections de 2011, la vague orange néo-démocrate de Jack Layton balaie le Québec, reléguant le Bloc au rôle de tiers parti. Le Bloc passe de 49 députés à 4, et perd même son statut de parti officiel à la Chambre des communes. Son chef Gilles Duceppe quitte le navire.

Gilles Duceppe annonce son départ à la suite de sa défaite électorale de 2011. Photo : La Presse canadienne/Ryan Remiorz. Aux élections de 2011, la vague orange néo-démocrate de Jack Layton balaie le Québec, reléguant le Bloc au rôle de tiers parti. Il passe de 49 députés à 4, et perd même son statut de parti officiel à la Chambre des communes.

Quel avenir pour Martine Ouellet?

 Gilles Duceppe - La Presse canadienne

Gilles Duceppe – La Presse canadienne

Selon l’ex-chef du BQ Gilles Duceppe, Mme Ouellet devrait démissionner.

« C’est sûr que je pense qu’elle devrait partir. Quand on perd 70 % du caucus, c’est sûr qu’on devrait s’interroger », a-t-il dit en entrevue.

« Ça ne fonctionne pas. Mario Beaulieu avait tiré cette [même] conclusion quand il était venu me chercher [en 2015]. C’est un message assez clair », a-t-il conclu.

Un dur coup pour le mouvement souverainiste?

Dans un communiqué, les sept députés démissionnaires écrivent : « La crise qui secoue le Bloc québécois est néfaste tant pour le parti lui-même que pour le mouvement souverainiste. L’image que les indépendantistes sont chicaniers, préoccupés davantage par la promotion d’une option que par les intérêts du Québec eux-mêmes, ne sert que les tenants du fédéralisme. »

« Pire, pendant que nous sommes occupés à nous disputer dans l’espace public, nous ne défendons pas adéquatement les intérêts des Québécoises et des Québécois, nous ne jouons pas le rôle pour lequel la population nous a élus, peut-on lire dans le communiqué. »

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RCI avec La Presse canadienne, CBC et la contribution de Philippe-Vincent Foisy, Catherine Lachaussée, Yves Larouche et Michel C. Auger de Radio-CanadaRadio-Canada

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