Les membres du G20 s'imposent des restrictions commerciales qui peuvent nuire à la croissance économique, selon l'OMC.
Photo Credit: Reuters / Carlos Barria

De nouvelles restrictions commerciales au sein du G20 inquiètent l’OMC

Share

Le protectionnisme, remis au goût du jour par le président américain Donald Trump, est-il en train de faire des petits dans d’autres pays? La question mérite d’être posée au lendemain de la publication du 19e rapport de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur le suivi des mesures commerciales appliquées par le Groupe des 20 (G20). Le document montre que le nombre de nouvelles mesures restrictives commerciales appliquées par les économies du G20 a doublé par rapport à la période précédente.

Entre mi-octobre 2017 et mi-mai 2018, les pays du G20 se sont mutuellement imposé 39 nouvelles mesures restrictives commerciales. Il s’agit notamment de hausses tarifaires, de procédures douanières plus strictes, d’imposition de taxes et de droits d’exportation. Ce qui équivaut à une moyenne de près de six mesures restrictives par mois. Une moyenne nettement plus élevée que les trois mesures par mois enregistrées au cours de la période précédente.

Le directeur général de l’OMC Roberto Azevêdo s’en inquiète. « L’augmentation marquée des nouvelles mesures restrictives dans le commerce parmi les économies du G20 devrait être une réelle préoccupation pour la communauté internationale », a-t-il fait savoir.

Le directeur général de l’OMC Roberto Azevêdo redoute les effets négatifs des barrières commerciales sur l’économie mondiale.
(photo : OMC)

Selon lui, les mesures commerciales restrictives supplémentaires constatées récemment sont un indice que la détérioration des relations commerciales pourrait être encore pire que celle enregistrée ici. Cette escalade continue constitue une menace sérieuse pour la croissance et la reprise en cours dans tous les pays.

Des mesures restrictives inopportunes

Il a donc appelé les dirigeants du G20 à faire preuve de retenue dans l’application de nouvelles mesures commerciales restrictives et à désamorcer d’urgence la situation. Il s’est aussi engagé à travailler avec les gouvernements et tous les membres de l’OMC à cette fin. L’OMC est d’autant préoccupée par les tendances protectionnistes actuelles que l’économie mondiale commençait, selon elle, à générer enfin une dynamique soutenue, après la crise financière mondiale de 2008.

Donc, l’incertitude créée par une prolifération d’actions restrictives pour le commerce pourrait compromettre la reprise économique. L’OMC rappelle que le système commercial multilatéral a été conçu pour résoudre ce type de problèmes et il a les moyens de le faire à nouveau.

Cependant, une escalade supplémentaire de guéguerres commerciales pourrait comporter des risques potentiellement importants pour le système lui-même. L’OMC implore les économies du G20 d’utiliser tous les moyens à leur disposition pour désamorcer la situation et promouvoir un relèvement du commerce international.

Malgré les mesures restrictives, les économies du G20 continuent de mettre en oeuvre des mesures de facilitation des échanges.
( Reuters/Rebecca Cook)

Petite consolation tout de même : les économies du G20 ont également mis en œuvre 47 mesures visant à faciliter les échanges au cours de la période considérée, notamment des droits de douane supprimés ou réduits. Des procédures douanières d’importation et d’exportation ont aussi été simplifiées dans certains cas, et il y a eu une réduction des taxes à l’importation dans d’autres. Avec une moyenne de près de sept mesures de facilitation des échanges par mois ce chiffre est légèrement plus élevé que les six mesures enregistrées au cours de la période précédente (de la mi-mai à la mi-octobre 2017).

Les mesures de facilitation surpassent les mesures restrictives

Les mesures de facilitation des échanges mises en œuvre par les économies du G20 s’établissent ainsi à 82,7 milliards de dollars. Ce qui dépasse la valeur estimée des mesures restrictives pour les importations qui est de 74,1 milliards. Mais cette dernière donnée représente tout de même environ la moitié de la couverture commerciale pour la même période en 2016-2017. L’ampleur des mesures restrictives à l’importation est plus d’une fois et demie supérieure à celle de la même période en 2016-2017.

En ce qui concerne les mesures correctives commerciales, la période examinée a été marquée par une légère augmentation des enquêtes ouvertes par les économies du G20 et par une augmentation importantes des résiliations d’ententes par rapport à la période précédente.

Les lancements d’enquêtes sur les actions correctives représentent 49 % de toutes les mesures commerciales enregistrées au cours de la période considérée. La valeur des enquêtes sur les recours commerciaux enregistrés dans le dernier rapport de l’OMC est estimée à 52,3 milliards de dollars et est nettement plus élevée que dans les deux précédents rapports.

(Source : OMC)

Lire aussi

En attaquant les États-Unis devant l’OMC, le Canada s’attirerait le respect des Américains

Plainte formelle du Canada contre les États-Unis à l’OMC

Ottawa rassure ses partenaires à Davos : le protectionnisme n’a pas sa place au Canada

Le Québec redoute le vent de protectionnisme qui souffle aux États-Unis

Share
Mots-clés : ,
Publié dans : Économie, International, Politique, Société

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

@*@ Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 caractères restants

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s'ils respectent la nétiquette.

Nétiquette »

Quand vous vous exprimez dans le cadre d'une tribune, vous devez être aussi courtois que si vous parliez à quelqu'un face à face. Les insultes et attaques personnelles ne seront pas tolérées. Ne pas être d'accord avec une opinion, une idée ou un événement est une chose, mais manquer de respect envers autrui en est une autre. Les grands esprits ne se rencontrent pas toujours, et c'est bien là l'intérêt des tribunes!

La nétiquette est l'ensemble des règles de conduite régissant le comportement des internautes. Avant d'intervenir dans une tribune, il est important d'en prendre connaissance. Sinon, on risque l'expulsion!

  1. Les tribunes de RCInet.ca ne sont pas anonymes. Au moment de s'inscrire, les utilisateurs sont tenus d'indiquer leurs nom, prénom et lieu de résidence, qui s'afficheront au moment de la publication de leur commentaire. RCInet.ca se réserve le droit de ne pas publier un commentaire s'il existe un doute quant à l'identité de son auteur.
  2. L'usurpation de l'identité d'autrui dans l'intention d'induire en erreur ou de causer un préjudice est une infraction grave passible d'expulsion.
  3. Les tribunes de Rcinet.ca sont ouvertes à tous, quels que soit l'âge, l'origine ethnique, la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle.
  4. Les propos diffamatoires, haineux, racistes, xénophobes, homophobes, sexistes ou disgracieux envers l'origine ethnique, l'appartenance à une religion ou à un groupe d'âge ne seront pas publiés.
  5. Dans Internet, les majuscules équivalent aux cris et peuvent être interprétées comme de l'agressivité, ce qui est plutôt désagréable pour vos interlocuteurs. Tout message contenant un ou des mots écrits en majuscules (à l'exception des sigles et des acronymes) sera rejeté. Il en sera de même pour les messages contenant un ou des mots en caractères gras, italiques ou soulignés.
  6. Le langage vulgaire, obscène ou malveillant est interdit. Les tribunes sont des lieux publics, et vos propos pourraient heurter certains internautes. Les personnes faisant usage d'un langage grossier seront expulsées.
  7. Le respect mutuel est de mise entre les utilisateurs. Ainsi, il est interdit d'injurier, de menacer ou de harceler un utilisateur. Vous pouvez exprimer votre désaccord avec une idée sans attaquer quiconque.
  8. L'échange d'arguments et de vues contradictoires est un élément clé d'un débat sain, mais il ne doit pas prendre la forme d'un dialogue ou d'une discussion privée entre deux participants qui s'interpellent sans égard aux autres participants. Les messages de ce type ne seront pas affichés.
  9. Radio Canada International diffuse en cinq langues. Les échanges dans les forums doivent se faire dans la même langue que le contenu que nous publions. L'usage d'autres langues, à l'exception de quelques mots, est interdit. Les messages sans rapport avec le sujet ne seront pas publiés.
  10. L'envoi de messages à répétition nuit aux échanges et ne sera pas toléré.
  11. L'insertion d'images ou de tout autre type de fichier dans les commentaires est interdite. L'inclusion d'hyperliens vers d'autres sites est permise, à condition qu'ils respectent la nétiquette. Toutefois, Radio Canada International n'est aucunement responsable du contenu de ces sites.
  12. La copie d'un texte d'autrui, même avec référence à son auteur, est inacceptable si cet extrait constitue la majeure partie du commentaire.
  13. La publicité et les appels à la mobilisation, sous quelque forme que ce soit, sont interdits dans les tribunes de Radio Canada International.
  14. Tous les commentaires et autres types de contenus sont modérés avant publication. Radio Canada International  se réserve le droit de ne pas publier les messages des internautes.
  15. Radio Canada International se réserve le droit de fermer une tribune à tout moment, sans préavis.
  16. Radio Canada International se réserve le droit de modifier ces règles de conduite (nétiquette) en tout temps, sans préavis.
  17. En participant à ses tribunes, vous autorisez Radio Canada International à publier vos commentaires sur la toile pour un temps indéfini. Cela suppose aussi que ces messages seront indexés par les moteurs de recherche d'Internet.
  18. Radio Canada International  n'est nullement tenue de retirer vos messages du web, si un jour vous en faites la demande. Nous vous invitons donc à bien réfléchir à vos propos et aux conséquences de leur publication.

*