Ours polaires dans le Grand Nord, au Nunavut. Un chasseur de Naujaat, au Nunavut, a été tué jeudi lorsqu'un ours polaire et un ourson l'ont attaqué, lui et ses deux amis. (Elisha Dacey / CBC)

Deux Inuits racontent leur rencontre mortelle et remplie de terreur avec des ours polaires

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On en sait maintenant plus sur une tragédie survenue la semaine dernière dans laquelle un homme du village de Naujaat, au Nunavut, a été tué lorsqu’un ours polaire et son ourson ont attaqué trois chasseurs.

Ils avaient quitté cette communauté inuite d’environ 1080 personnes, sur les rives de la baie d’Hudson, par bateau deux jours plus tôt pour chasser le caribou et le narval.

Leo Ijjangiaq, 38 ans, affirme que Laurent Junior Uttak, Darryl Kaunak (la victime) et lui prenaient le thé du matin jeudi dernier lorsqu’ils ont remarqué la présence des animaux qui s’approchaient rapidement.

La mère a mordu la tête d’Uttak. Elle a ensuite poursuivi Kaunak, qui fuyait, et l’a mutilé. « Je suis sorti de la tente. J’ai tiré en l’air avec mon fusil pour faire fuir l’ours », a déclaré Ijjangiaq, à CBC News, en inuktitut.

Puis l’arme s’est coincée. Il a sorti un autre fusil, a tiré sur la mère et l’a tuée. Le petit a également été abattu.

Les deux hommes ont tenté alors de secourir Kaunak, mais il était mort. Les deux survivants ont refusé de laisser le corps déchiqueté de leur ami derrière eux, et ils ont enveloppé ses restes dans une bâche pour les transporter.

Des jours de terreur à surveiller l’horizon

Les jours suivants, alors que les chasseurs se blottissaient contre le corps de leur ami, attendant d’être secourus, plusieurs autres ours ont fait le tour de leur camp.

« Plus d’ours nous ont approchés », a ajouté Ijjangiaq, qui a admis les avoir tous abattus. J’ai dit à mon ami que je prendrais toute responsabilité pénale pour chaque ours que nous tuions. »

Les hommes se sont abrités dans la cabine de leur bateau jusqu’à ce qu’ils soient secourus mardi, après avoir été repérés par un hélicoptère de recherche du brise-glace NGCC Louis St-Laurent. Il a fallu trois hommes pour porter le corps de Kaunak dans l’hélicoptère.

Leo Ijjangiaq dit que lui et l’autre chasseur survivant ont tenté de secourir leur ami, mais il était sans vie. (Soumis par Leo Ijjangiaq)

C’était la deuxième attaque mortelle d’ours polaires au Nunavut cet été

L’administrateur de Naujaat, Robert Hedley, a dit mercredi à CBC qu’une grande partie de la communauté est en deuil et que ses dirigeants auront besoin de temps pour trouver des solutions pour éviter de telles attaques à l’avenir.

Au début de juillet, un homme de la communauté d’Arviat a été tué lorsqu’un ours est apparu pendant une sortie en famille sur une île près de leur village. Aaron Gibbons, 31 ans, est décédé après s’être placé entre l’ours et ses enfants, qui ont pu se sauver.

Plusieurs Inuits montrent du doigt les quotas qui limitent le nombre d’ours qui peuvent être tués dans chaque région, et ils affirment que les ours qui tuent auraient pu être capturés s’il n’y avait pas ces lois imposées par le gouvernement canadien.

Les Inuits gèrent leur faune avec succès depuis des générations, a déclaré Shelly Woodford de Rankin Inlet.

Andrew Derocher, biologiste de l’ours polaire à l’Université de l’Alberta, souligne toutefois que sans une gestion prudente des animaux, la communauté internationale serait susceptible d’interdire les exportations de produits d’ours blanc du Canada, ce qui éliminerait des revenus importants pour les Inuits.

D’autres soutiennent que les attaques sont nourries par le réchauffement climatique qui affame les ours. La population d’ours du bassin Foxe, autour de Naujaat, a perdu ainsi environ 30 jours de couverture de glace de mer au cours des dernières décennies dans la région où elle chasse.

RCI avec La Presse canadienne et les informations de Michael Salomonie de CBC News

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Publié dans : Économie, Environnement

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