HB-IWF, l'avion impliqué dans l'accident, vu à l'aéroport de Zurich, deux mois avant la catastrophe. Photo : Wikipédia

Tragédie, il y a 20 ans ce 2 septembre, du vol 111 de la Swissair dans le ciel canadien

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Le 2 septembre marque les 20 ans de la mort de 229 personnes et de la destruction en plus d’un million de morceaux d’un puissant MD-11 de la compagnie Swissair au large de la Nouvelle-Écosse, tout prêt du haut-lieu touristique de Peggy’s Cove.

Des visiteurs voient le monument commémoratif du vol 111 de Swissair à Whalesback, près de Peggy’s Cove, le 1er septembre 2011. (Andrew Vaughan / Canadian Press)

En route vers Genève, seulement 53 minutes après leur décollage de New York, en plein espace aérien canadien, les pilotes remarquent une odeur inhabituelle dans le cockpit, une odeur accompagnée de traces de fumée.

Lorsque la fumée s’épaissit, à 22 h 14, ils alertent les contrôleurs aériens à Moncton, au Nouveau-Brunswick, et ils demandent l’autorisation d’atterrir à l’aéroport le plus près. Ils avaient alors envoyé un message de type « pan pan », indiquant qu’ils croyaient avoir affaire à un problème sérieux, mais pas urgent.

Vic Gerden, enquêteur principal de la tragédie du vol 111 de Swissair, se tient devant le cockpit de l’avion au hangar de reconstruction le 27 mai 1999. (Andrew Vaughan / La Presse canadienne)

Dix minutes plus tard, alors qu’il est en circuit au large de l’aéroport d’Halifax pour délestage en mer d’un trop-plein de carburant, l’équipage lance un message de détresse, le fameux « Mayday ». À peine une minute plus tard, les contrôleurs perdent le contact radio avec le vol 111.

L’avion s’écrase dans l’océan à 22 h 31, selon les sismographes d’Halifax, et tous ses occupants sont tués sur le coup. L’avion comptait 117 Américains, 44 Français, 36 Suisses et 4 Canadiens.

S’amorce alors la plus longue et vaste enquête dans toute l’histoire du Bureau de la sécurité des transports du Canada.

Était-ce réellement un accident?

Les boîtes noires ont été retrouvées quelques jours après la catastrophe. Leurs enregistrements s’étaient stoppés environ 6 minutes avant l’impact.

Dès octobre 1998, le Bureau de la sécurité des transports du Canada évoque la thèse d’une catastrophe causée par un feu électrique déclenché par le montage défectueux du réseau de divertissement de bord (RDB in flight entertainment network).

Cela va devenir la thèse officielle de la catastrophe, mais celle d’un attentat terroriste avait été soulevée par au moins deux enquêteurs qui ont affirmé avoir été censurés durant l’enquête par leurs supérieurs. Ils ont affirmé que seule une enquête criminelle aurait véritablement permis de tirer au clair une série d’indices troublants.

LISEZ SUR SWISSINFO.CH  
Le crash du vol 111 de Swissair: causes et conséquences

L’autre mystère du vol 111 : où est passé le demi-milliard de dollars de diamants?

Photo IStock

Aucun des diamants et des pierres précieuses ni le tube en acier inoxydable qui les retenait et qui se trouvait dans l’espace cargo de l’avion n’ont été trouvés.

Étant donné les mesures de sécurité entourant les manoeuvres maritimes de récupération, il semblerait peu probable que ces diamants aient pu être volés par les plongeurs.

Des experts ont affirmé que même si le conteneur de pierres précieuses s’était désintégré, ces pierres n’auraient pas pu lors de l’écrasement atteindre une vitesse suffisante pour pénétrer profondément le plancher océanique et s’y cacher. Elles auraient plus tôt eu tendance à se répandre à sa surface.

L’assureur Lloyd’s de Londres a dû versé l’année suivante environ 300 millions de dollars aux propriétaires des diamants et des bijoux perdus dont l’identité n’a jamais été révélée.

La cale de fret de l’avion Swissair qui s’est écrasé en 1998 devait contenir 500 millions de dollars de diamants et de bijoux. L’épave de l’avion est filmée par des plongeurs au large de Peggys Cove, 18 jours après l’accident. (Reuters)

En l’an 2000 cependant, CBC et Radio-Canada annonçaient que la Lloyd’s avait demandé au gouvernement de la Nouvelle-Écosse un permis de recherche de trésors afin de pouvoir fouiller le fond de l’océan à la recherche des fameux diamants et des pierres précieuses.

Leur projet était d’utiliser un petit sous-marin pour aspirer le fond de l’océan, ce que les enquêteurs avaient pourtant en principe déjà fait. L’affaire a vite indigné de nombreux proches des victimes du vol 111, car ils considéraient l’endroit comme un lieu sacré.

Quelques jours plus tard, l’assureur informait le gouvernement de la Nouvelle-Écosse qu’elle retirait sa demande.

« Lloyd’s souhaite s’excuser auprès de toutes les familles des victimes de l’écrasement de Swissair pour toute détresse provoquée par sa demande de licence sur un droit de récupération sur le site de l’accident. »


Les membres des familles des victimes du vol 111 de Swissair s’embrassent alors qu’ils leur rendent hommage dans les jours qui ont suivi la tragédie. (Canadian Press)

En complément

Rapport d’enquête aéronautique du Bureau de la sécurité des transports du Canada 

Écrasement d’avion au large de Peggy’s Cove – Radio-Canada 

L’écrasement du vol 111 de la Swissair pourrait être d’origine criminelle – Radio-Canada 

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Publié dans : International, Internet et technologies, Société

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