Francois Legault

Francois Legault, le nouveau premier ministre désigné du Québec
Photo Credit: Radio-Canada

 Déjà une pique dans les relations entre le gouvernement fédéral et le premier ministre désigné du Québec?

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Justin Trudeau a lancé une mise en garde au nouveau premier ministre désigné du Québec, François Legault, en ce qui a trait à l’usage de la clause dérogatoire pour interdire le port de signes religieux ostentatoires par certains travailleurs en position d’autorité.

Faire preuve de prudence

Le premier ministre du Canada souligne qu’on ne devrait pas dicter aux personnes la façon dont elles doivent se vêtir. C’est ainsi qu’il recommande de ne pas trop recourir à la disposition de dérogation sans réflexion préalable, car cette décision peut être lourde de conséquences. Pour lui, cette clause ne devrait intervenir qu’en des moments exceptionnels.

Il faut mentionner que le premier ministre désigné du Québec a répondu à une question d’un journaliste sur ce sujet, en affirmant qu’il n’était pas exclu qu’il fasse appel à la clause dérogatoire pour empêcher des fonctionnaires de porter la kippa ou le hidjab.

« Supprimer, ou éviter de défendre les droits fondamentaux des Canadiens est une chose à laquelle il faut faire très attention », a affirmé Justin Trudeau.

 Justin Trudeau (Chris Young/Canadian Press)

Une question de respect de la loi pour la CAQ?

En réponse à la mise en garde de Justin Trudeau, l’un des porte-parole de la CAQ a affirmé que c’est effectivement l’une des possibilités qu’envisage la Coalition avenir Québec pour encadrer le port des signes religieux chez les personnes qui offrent des services dans le secteur public, notamment les enseignants, les policiers ou les gardiens de prison.

« Il s’agit d’un instrument juridique qui ne doit pas brimer les droits des Canadiens », a dit Simon Jolin-Barrette, à propos de la clause dérogatoire qui ne sera utilisée qu’en cas de non-respect de la loi.

La CAQ souhaite que les recommandations du rapport Bouchard-Taylor soient prises en compte en ce qui a trait à la présence des signes religieux ostentatoires chez les personnes en position d’autorité.

Il y a près de 11 ans, le philosophe Charles Taylor et le sociologue Gérard Bouchard parcouraient le Québec pour entendre les inquiétudes identitaires des citoyens. La commission Bouchard-Taylor avait pour but de se pencher sur les questions liées aux accommodements consentis aux minorités culturelles et religieuses.

Il y a déjà la Loi 62 sur la neutralité religieuse adoptée l’année dernière au Québec. Cette loi stipule clairement que les services publics doivent être rendus à visage découvert, notamment dans les transports et les hôpitaux, mais elle permet tout de même des accommodements raisonnables.

La CAQ veut absolument renforcer cette loi en la rendant plus stricte avec l’interdiction de signes religieux étendue aux agents de coercition de l’État, tel que préconisé dans le rapport Bouchard-Taylor. Son chef a mentionné la possibilité de faire appel à la disposition de dérogation, surtout en cas de résistance.

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Publié dans : Politique, Société

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