les récalcitrants seront congédiés, prévient le nouveau gouvernement de la CAQ. Photo: Paul Zinken Associated Press

La future interdiction des signes religieux par le nouveau gouvernement de François Legault accusée d’être raciste

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L’intention du gouvernement de François Legault, élu lundi dernier, d’interdire le port de signes religieux aux employés de l’État qui se trouvent en position d’autorité suscite des réactions de plus en plus vives. L’opposition à ce projet s’organise.

Geneviève Guilbault et François Legault Photo : Radio-Canada

Rappelons que la Coalition avenir Québec, qui a obtenu la majorité aux élections provinciales de cette semaine, promet de déposer très bientôt une loi interdisant aux fonctionnaires (juges, policiers, procureurs et enseignants) de porter des symboles religieux au travail. 

Ceux qui ne se conforment pas à la loi à venir pourraient être réaffectés ou perdre complètement leur emploi.

« Il y aura une période de transition où on va expliquer aux personnes les tenants et aboutissants de cette loi que nous aurons adoptée. Les personnes auront la possibilité de se relocaliser, d’occuper un autre emploi si elles souhaitent maintenir le port du signe religieux », a affirmé Geneviève Guilbault, députée et porte-parole de la CAQ, mercredi.

 « Pas besoin d’un autre psychodrame », affirme le milieu de l’enseignement

L’annonce du nouveau gouvernement québécois suscite des inquiétudes grandissantes au sein du personnel enseignant, qui serait aussi visé par la mesure restrictive.

Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement Photo : Radio-Canada

« La dernière chose dont a besoin dans l’école publique, c’est d’un autre psychodrame », lance Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

Il s’agit d’une allusion directe à la tentative avortée d’un gouvernement du Parti québécois en 2013 d’interdire aux enseignants de porter des symboles religieux ostentatoires, comme le hidjab, la kippa ou une grande croix, dans la Charte des valeurs.

« Interdire le port de signes religieux, ça ne donne pas plus de services aux élèves », dit Sylvain Mallette, rappelant les problèmes causés par des compressions budgétaires imposées au milieu scolaire par le gouvernement libéral qui vient d’être défait.

Le visage d'une politique publique d'interdiction

– Bouchera Chelbi enseigne l’anglais aux élèves du primaire à Montréal depuis une décennie. Mais si le nouveau gouvernement du Québec obtient ce qu’il veut, elle pourrait être forcée de choisir entre sa foi et son emploi.

– « Nous savons que ça va arriver. Mais vais-je l’accepter sans me battre? Non, je ne pense pas, » dit Mme Chelbi, comparant la proposition à une « chasse aux sorcières ».

– L’enseignante de 47 ans dit qu’elle porte un hidjab depuis l’âge de 17 ans, date à laquelle elle a décidé de le faire elle-même, pour des raisons religieuses, dans son Algérie natale. Elle ne peut pas imaginer l’enlever maintenant.

Photo soumise par Bouchera Chelbi

Manifestation à Montréal contre l’interdiction des signes religieux 

Au moins 1000 personnes sont attendues à une manifestation contre le racisme, dimanche, à Montréal. Les organisateurs, qui avouent qu’ils auraient tenu cette manifestation, peu importe le parti vainqueur le 1er octobre, veulent néanmoins profiter de l’occasion pour souligner que le gouvernement nouvellement élu de François Legault représente un « danger social pour notre société ».

Certains groupes qui participeront à cette manifestation ont rencontré les médias, jeudi, pour dénoncer le racisme systémique qui sévit selon eux au Québec et qui irait bien au-delà des législations touchant le port de signes religieux.

« Ce n’est pas à l’État de dire à une femme ce qu’elle devrait porter ni ce qu’elle ne devrait pas porter. C’est inacceptable. Nous refusons ce projet de loi liberticide et antiféministe », s’est exclamée Safa Chebbi, membre du conseil d’administration du groupe Alternatives.

« Ce gouvernement représente un véritable danger social pour notre société », a-t-elle lancé.

Javiera Araya, de Solidarité sans frontières, a renchéri : « Nous nous opposons au racisme, à l’extrême droite et aux discours xénophobes qui remplissent l’espace public québécois. »

« Les positions de la CAQ ne sont pas seulement anti-immigrantes, elles sont racistes », a-t-il lancé.

Des militants de Montréal accusent en conférence de presse, jeudi, la CAQ d’être raciste.

Le premier ministre canadien réitère son opposition

« Je ne surprendrai personne en déclarant que je ne crois pas qu’un État devrait dicter à ses citoyens ce qu’ils doivent porter ou ne pas porter », a déclaré jeudi le premier ministre canadien Justin Trudeau.

Mercredi, il avait déjà invité François Legault à une plus grande réflexion avant d’utiliser la clause dérogatoire pour imposer le projet de loi à la société québécoise.

La clause dérogatoire est une disposition de la Charte canadienne des droits et libertés qui permet à un gouvernement provincial, malgré l’avis contraire des tribunaux, de limiter les droits et libertés des citoyens, au nom d’un impératif supérieur. Rarement utilisée, cette disposition permet à un gouvernement d’avoir le dernier mot, comme cela a par exemple été le cas en 1988 lorsque Robert Bourassa a imposé l’affichage français au Québec, malgré un jugement de la Cour suprême. Elle a aussi été utilisée par la province de l’Alberta pour nier les droits d’un enseignant homosexuel.

« Quand on choisit de supprimer des droits et des libertés de base de nos citoyens, c’est quelque chose de grave, a rappelé Justin Trudeau. Nous allons travailler avec tout le monde pour qu’ils comprennent bien les conséquences de ces propos. »

Qui est François Legault, le nouveau premier ministre désigné du Québec?

Élu premier ministre du Québec, lundi soir, François Legault à des antécédents de capitaine d’industrie. Photo : Ryan Remiorz/Presse canadienne

RCI avec La Presse canadienne et la contribution de Radio-Canada et CBC News

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Publié dans : Immigration et Réfugiés, International, Politique

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