Une bonne partie des étudiants en médecine connaissent le surmenage avant même de commencer à exercer leur profession. Photo : iStock

Qu’ont donc les médecins canadiens à être à ce point déprimés?

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Une nouvelle enquête de l’Association médicale canadienne (AMC) soulève beaucoup de questions, qui si elles devaient rester sans réponse, représentent un danger pour la santé des Canadiens.

D’abord, on apprend que, même si la majorité des médecins au Canada affirment être en bonne santé mentale, une proportion importante se dit épuisée, dépressive et même suicidaire.

Toujours selon cette enquête de l’AMC, qui représente environ 85 000 médecins, résidents et étudiants en médecine, plus d’un médecin sur quatre signale souffrir d’épuisement professionnel et un sur trois de dépression.

Les médecins résidents sont pour leur part 48 % plus susceptibles de déclarer un épuisement professionnel et 95 % plus susceptibles de subir un dépistage positif de dépression.

Ce sondage national réalisé en ligne auprès de 2947 professionnels de la santé révèle des taux d’épuisement et de dépression plus élevés parmi les 400 résidents interrogés que chez les 2547 médecins questionnés. Ces taux sont également plus élevés chez les femmes médecins. Elles ont cependant signalé un plus grand bien-être émotionnel et psychologique que les hommes dans leur profession.

Et au Québec pendant ce temps...
– Les médecins sont de plus en plus nombreux à avoir eu recours à un soutien ponctuel du Programme d’aide aux médecins du Québec (PAMQ).
– Les plus récentes statistiques du PAMQ font état d’une hausse de 40 % des demandes d’aide en 2016-2017 par rapport à la période précédente. En tout, 701 médecins y ont eu recours.

Au Québec, selon la CSN, de plus en plus d’employés doivent s’absenter pour des raisons de santé psychologique. Photo : Radio-Canada

Un état dépressif des médecins qui fait gonfler pour tous la facture des soins de santé

Dre Gigi Osler (Nigel Jones/Document photo/Presse canadienne)

« La mauvaise santé des médecins affecte non seulement les médecins individuellement, mais des études ont montré qu’elle pouvait avoir une incidence sur les soins prodigués aux patients », prévient la présidente de l’AMC, la De Gigi Osler.

L’épuisement des médecins nuit à la prestation de soins de qualité. Et, dans certains cas, il peut mener à des problèmes juridiques. Des études américaines ont en effet constaté une hausse des erreurs médicales qui, chez les chirurgiens, est liée à une probabilité accrue d’être cité dans une poursuite pour faute professionnelle.

Le Dr Murray Erlich, un psychiatre à la retraite de Toronto qui travaille maintenant avec des médecins et d’autres en tant qu’entraîneur de vie, se dit alarmé d’apprendre que 19 % des participants au sondage avaient déjà eu des idées suicidaires.

Écoutez des médecins au pays parler de leur détresse psychologique et des remèdes…

Photo : Getty Images/Darrin Klimek

L’aide est disponible, mais seulement 15 % se tournent vers elle

« C’est choquant. C’est un nombre très élevé », déclare M. Erlich, qui fournit des services de conseil aux médecins, aux résidents et aux étudiants en médecine par l’entremise du programme de santé des médecins de l’Association médicale de l’Ontario.

Cependant, l’enquête de l’AMC révélé que, si 81 % des participants ont déclaré être au courant de la disponibilité des services de santé pour les médecins, seulement 15 % ont indiqué y avoir eu accès au cours des cinq années précédentes.

Parmi les raisons les plus citées pour ne pas avoir recours à de tels services, il y avait la conviction que leur situation n’était pas assez grave et la honte de demander de l’aide.

Dans une politique sur la santé des médecins adoptée en décembre, l’AMC formule un certain nombre de recommandations, notamment que les médecins individuels « s’engagent à créer des environnements favorables au travail et à la formation » et que les gouvernements adoptent pour les médecins des « normes de bien-être du point de vue de la santé au travail similaire à celles des autres travailleurs canadiens ».

Découvrez plus en profondeur la situation au Québec...
Tous épuisés, infirmiers comme médecins résidents dans le système de santé québécois

Photo : iStock

RCI avec La Presse canadienne et la contribution de Isabelle Craig, Amélie Desmarais, Catherine Allard et Jocelyn Corbeil de Radio-Canada

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Médecine : imiter le stress des opérations pour mieux s’y préparer – Radio-Canada 

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Publié dans : Politique, Santé

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2 comments on “Qu’ont donc les médecins canadiens à être à ce point déprimés?
  1. Richard Tremblay dit :

    Les ordres de médecins appliquent des politiques de gestion de l’offre et maintiennent une pénurie de médecins les forçant au temps supplémentaire dans le but d’avoir plus d’argent, de plus gros salaires. La vanité (Greed) est le principale problème.
    Les ordres devraient former plus de médecins et réduire la charge de travail individuelle de ces membres. Ce serait très bénéfique pour leur santé mentale, il n’y a pas que l’argent qui compte dans la vie!
    Aussi, ils devraient laisser plus de place aux gestionnaires dans les hôpitaux, ce n’est pas aux seuls médecins de gérer les ressources des hôpitaux.