Le crâne d’un buffle dans le Parc national de Nakuru Lake au Kenya, le 19 août 2015 (Crédit photo : Reuters/Joe Penney)

La « 6e extinction » : mythe ou réalité?

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Ces dernières années, les voix de quelques personnalités se sont élevées pour remettre en cause l’idée que notre planète serait entrée dans sa sixième grande extinction des espèces animales. Alors que les scientifiques tirent la sonnette d’alarme quant à l’avenir de notre écosystème, ces voix discordantes viennent relancer le débat.

Alors, y a-t-il une sixième extinction ou pas? Pour le zoologue et journaliste Ross Pomeroy, les choses ne sont pas si simples. Dans un article publié sur son site RealClearScience.com, l’homme va jusqu’à remettre en cause le phénomène. Mais les cas comme ceux de Rosse Pomeroy ne sont pas nombreux. Dans sa très grande majorité, la communauté scientifique s’entend pour dire qu’il y a effectivement un déclin alarmant de la faune aux quatre coins du globe.

La planète a déjà connu cinq extinctions au cours de son histoire. Celle du célèbre météorite touchant la surface de la Terre aurait contribué à la disparition des dinosaures il y a 65 millions d’années. Mais la sixième a de cela de particuliers qu’elle est pour la première fois le résultat du comportement d’une espèce, en l’occurrence celle de l’homme. Les scientifiques utilisent le terme « anthropocène » pour parler de cette période où l’activité des êtres humains est directement liée à la disparition massive de la vie animale.

Mauvaise nouvelle pour l’humanité : des chercheurs confirment que la 6e extinction animale de masse est commencée. Le temps presse pour renverser la tendance. Chantal Srivastava nous en parle.

Selon une étude publiée en juin 2015 dans Science Advances, le taux d’extinction des espèces vertébrées pourrait être 100 fois plus élevé que le taux d’extinction naturel. En fait, selon les experts, au cours des derniers siècles, jamais notre planète n’a perdu ses espèces animales à un rythme aussi effréné. Dans une autre étude publiée en juillet 2017, les chercheurs de l’Université de Stanford parlent d’un « anéantissement biologique ». Ils concluent que les espèces de vertébrés reculent de manière massive sur Terre, aussi bien en nombre d’animaux qu’en étendue.

Le phénomène nuit également à 3,2 milliards d’êtres humains d’après un rapport mondial publié sur le sujet lors de la session plénière de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) qui s’est tenue en Colombie en mars dernier avec la participation de plus de 700 experts internationaux.

Les chiffres donnent froid dans le dos. Depuis un siècle, deux espèces de vertébrés ont disparu chaque année en moyenne. Près de 25 821 espèces vivantes sont menacées. Les populations de 3706 espèces de poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles ont diminué de 60 % depuis 1970. Sur terre ou dans les océans, la biodiversité connaît une chute radicale.

Tous les continents sont concernés par cette diminution catastrophique. Et si rien n’est fait pour sauver les organismes vivants, c’est l’avenir même de l’humanité qui pourrait bientôt se retrouver elle aussi en péril.

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Publié dans : Environnement

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2 comments on “La « 6e extinction » : mythe ou réalité?
  1. Errol VELA dit :

    D’après ce que je vois, l’article est erroné (volontairement ou par maladresse ?) : outre que la publi citée en référence date de juin 2015 et non juin 2013 (un détail sans importance on est d’accord), elle reprend de manière erronée la conclusion qui dit en réalité que le taux actuel d’extinction (mesuré seulement sur les mammifères) est 100 fois plus élevé que le taux antérieur des 10.000 ans précédents, ce qui confirme le qualificatif d’extinction « de masse » pour le phénomène présent. Comme il y en a déjà eu 5, c’est la 6e, et autant que je sache on ignore tout du rythme et même du nombre des espèces éteintes pendant les 5 autres !
    http://advances.sciencemag.org/content/1/5/e1400253.short
    Comme quoi un article wikipédia co-écrit par des citoyens reste encore + fiable qu’un article journalistique sur un média canadien (je taquine).
    L’erreur est humaine j’en convient, mais ce serait bien de publier un rectificatif, preuve au moins de bonne foi…
    Cordialement.

    • Ismaël Houdassine dit :

      Bonjour, en effet, la publication citée en référence date de juin 2015, nos excuses. Pour ce qui est des arguments détaillés dans l’étude en question, nous avons pris en compte votre correction que le taux actuel d’extinction des « vertébrés » est 100 fois plus élevé que le taux antérieur observable durant les siècles précédents. Merci pour votre observation que l’on peut d’ailleurs retrouver sur le lien de Science Advances : http://advances.sciencemag.org/content/1/5/e1400253.full