Installée dans un cercueil mise à la disposition des visiteurs lors du "Salon de la mort" à Paris du 7 avril 2011, une journaliste de télévision parle devant la caméra (Crédit photo : Reuters/Charles Platiau)

La mort : une dure réalité de moins en moins tabou

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Les 3 et 4 novembre, le Palais des congrès de Montréal a accueilli le premier « Salon de la mort » au Québec. Se sont réunis pendant deux jours les spécialistes et des représentants des salons funéraires. Tous avaient un point commun : la mort avec un « M » majuscule. Sujet tabou depuis des lustres, la grande faucheuse ne nous ferait-elle plus peur? On en discute avec Louis-Simon Lamontagne, thanatologue de père en fils depuis quatre générations.

« Le thanatologue est la personne-référence au moment du décès d’une personne pour prendre en charge tout ce qui entoure le décès, s’occuper du corps du défunt ou de la documentation avec les différentes instances gouvernementales. En première ligne, notre métier est de prendre soin des familles qui vivent un deuil », résume en entrevue Louis-Simon Lamontagne.

Les gens n’ont pas l’habitude de vivre un deuil, rappelle le thanatologue. « Lorsqu’ils arrivent dans un salon funéraire, ils sont souvent désemparés. Ils ne savent pas comment réagir ou quoi faire. Dans un monde où l’offre est de plus en plus grande et diversifiée, notre rôle est de les aider à trouver leur chemin. »

Écoutez l’entrevue avec Louis-Simon Lamontagne (10 minutes 35 secondes) :

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Également vedette avec sa conjointe de la série télévisée Les croque-morts, Louis-Simon Lamontagne confirme que la mort est devenue de moins en moins tabou dans la société, surtout lorsqu’il est question d’occasions d’affaires. Le tout premier Salon de la mort de Montréal en est la preuve. Ce salon a rassemblé une multitude de personnalités allant des aidants naturels jusqu’aux représentants des entreprises funéraires, des professionnels des maisons de soins palliatifs ou des compagnies d’assurance. Même les avocats et les notaires étaient présents.

« Le salon a rassemblé tout ce qui pouvait toucher de près ou de loin à la mort ou la fin de vie. Les professionnels étaient là pour informer le public. Il faut savoir que les services funéraires sont en pleine transformation aujourd’hui. La société est devenue de plus en plus laïc. Auparavant, le rituel funéraire était très attaché à la religion catholique. Il a été rejeté en même temps que les Québécois ont délaissé le culte. C’est dorénavant au thanatologue de réinventer un peu le rituel funéraire et non le rituel religieux. »

Le thanatologue

Le technicien en thanatologie exerce ses fonctions dans des entreprises de services funéraires et auprès de familles en deuil appartenant à divers milieux et à diverses cultures et religions. La planification, l’organisation et la direction des rites funéraires font partie de sa formation, tout comme les techniques de manipulation, de conservation et de présentation des défunts ainsi que l’exécution de tâches administratives quotidiennes.

Source : Corporation des thanatologues du Québec

Ces dernières années, les salons funéraires ont dû s’adapter aux nouvelles demandes des Québécois, souligne M. Lamontagne. « La crémation est venue chambouler le monde funéraire (près de 50 000 personnes sont incinérées chaque année au Québec). Aujourd’hui, la question aux familles n’est plus, enterrer ou incinérer, mais plutôt qu’est-ce que vous voulez? Le rituel funéraire dépend des désirs de chacun. Plus rien n’est farfelu. On peut faire n’importe quoi tant que les demandes ont du sens pour les personnes qui vivent un deuil. »

Outre le savoir-faire du thanatologue, le métier demande une certaine dose de compassion et de psychologie. « On les accompagne avant, pendant et après la mort. On va parfois jusqu’à créer des liens avec les membres des familles. Certains peuvent devenir des amis parce qu’on est là à des moments très difficiles. L’important pour un thanatologue, c’est de s’assurer que tout ce qu’il entreprend ait du sens pour les familles en deuil. »

Un tout premier Salon de la mort se déroule cette fin de semaine au Palais des congrès, à Montréal. Les visiteurs peuvent notamment y rencontrer des conseillers financiers et y découvrir des produits funéraires classiques et modernes. Le reportage de Yasmine Khayat.

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Publié dans : Société

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