Le chef d’orchestre Charles Dutoit en 2015. Photo Credit: Radio-Canada/Eve Payette

Charles Dutoit : enquête non concluante pour harcèlement sexuel visant l’ex-chef de l’Orchestre symphonique de Montréal

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Une enquête en interne, ouverte par les responsables de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) pour répondre à deux plaintes de harcèlement sexuel visant Charles Dutoit, n’a pu recueillir suffisamment d’informations incriminantes.

L’experte indépendante responsable de l’enquête a communiqué avec les plaignantes à plusieurs reprises, mais cela ne lui a pas permis « de consigner des informations suffisantes en rapport avec des allégations de harcèlement sexuel», indique l’OSM dans un communiqué. En fait, les deux plaignantes n’auraient pas souhaité donner suite à leurs plaintes.

L’experte indépendante a cependant recommandé à l’OSM de resserrer et d’élargir sa politique en matière de harcèlement au travail. L’OSM indique pour sa part qu’une nouvelle version de cette politique proposée par l’experte sera discutée avec la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec, avant d’être soumise à l’approbation du comité exécutif de l’orchestre.

La nouvelle politique définirait le harcèlement comme « l’exercice de pouvoirs ou de l’autorité de manière abusive et moralement contraignante ». La nouvelle politique clarifierait aussi les modalités de dépôt et de traitement des plaintes.

M. Dutoit, 82 ans, a été chef de l’Orchestre symphonique de Montréal de 1977 à 2002. Il rejette en bloc les allégations, qui n’ont pas été prouvées en cour.

Le chef d’orchestre Charles Dutoit dirige les musiciens de l’OSM en 1982. Photo : Radio-Canada/Jean-Pierre Karsenty

L’Orchestre symphonique de Boston a jugé crédibles les allégations contre Charles Dutoit

Il y a sept mois, l’Orchestre symphonique de Boston affirmait que le réputé chef d’orchestre avait agressé sexuellement au moins quatre femmes dans les années 1980 et 1990. M. Dutoit a été pendant plusieurs années un chef d’orchestre invité auprès de cet orchestre.

Il révélait qu’une enquête indépendante avait déterminé que les allégations de l’ancienne stagiaire Fiona Allan contre le chef d’orchestre suisse étaient « crédibles ». L’enquête a aussi jugé crédibles les allégations faites par trois autres femmes, dont l’identité n’a pas été révélée.

Plusieurs orchestres ont mis fin à leur collaboration avec le maestro depuis ces révélations.

Malgré toute la controverse, l’Orchestre de Saint-Pétersbourg annonçait le mois dernier qu’il s’associait à Charles Dutoit. Il sera chef d’orchestre invité du plus vieil orchestre philharmonique de Russie à partir de 2019.

Charles Dutoit dirigera l’Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg pour la première fois les 29 et 30 mai 2019. Photo : EPA/ROBERT GHEMENT

Une série de témoignages

La soprano québécoise Pauline Vaillancourt, la musicienne montréalaise Mary Lou Basaraba, la soprano française Anne-Sophie Schmidt, la pianiste Jenny Q. Chai et la directrice du Birmingham Hippodrome Theatre en Angleterre, Fiona Allan, figuraient l’an dernier parmi les femmes ayant affirmé avoir été agressées sexuellement par Charles Dutoit au Canada, aux États-Unis et en France.

Les agressions se seraient produites, disaient-elles, dans une voiture en déplacement, dans une chambre d’hôtel qu’occupait M. Dutoit et dans un ascenseur.

Ces comportements seraient survenus en marge de répétitions et de concerts dans les villes de Chicago, Los Angeles, Minneapolis, Philadelphie et Saratoga Springs dans l’État de New York.

« Il m’a poussée contre un mur, il a mis ma main dans son pantalon et il a enfoncé sa langue dans ma gorge », a raconté la mezzo-soprano à la retraite Paula Rasmussen.

La soprano Sylvia McNair expliquait l’an dernier comment M. Dutoit a tenté d’avoir une « relation » avec elle en mars 1985. « Dès que nous avons été seuls dans l’ascenseur, Charles Dutoit m’a plaquée contre le mur et il a monté son genou entre mes jambes et il se pressait contre moi. J’ai réussi à le repousser et à ce moment-là les portes se sont ouvertes. Je me souviens d’avoir dit : « Ça suffit! » Et je me suis sauvée. »

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RCI avec La Presse canadienne et la contribution de Radio-Canada

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