VIA Rail propose un train de banlieue à Halifax, un projet que n’avait pas sollicité le conseil municipal.

Le contrat de renouvellement des trains de l'axe Québec-Windsor serait en train d'échapper à Bombardier au profit de l'entreprise allemande Siemens
Photo Credit: PC / Peter McCabe

Contrat de VIA Rail à Siemens au détriment de Bombardier : « Le Québec fait encore rire de lui » – Jacques Letourneau

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Le contrat pour le renouvellement des trains de l’axe Québec-Windsor sera confié à la multinationale allemande Siemens. C’est une mauvaise nouvelle en perspective pour le Québec qui provoque la colère des syndicats.

RCI avec la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et Radio-Canada

Responsabiliser les entreprises établies au Québec

Après une succession de mauvaises nouvelles pour certaines grandes entreprises québécoises et canadiennes, dont RONA, Bombardier et SICO, la nouvelle de l’octroi du contrat en vue du renouvellement des trains de l’axe Québec-Windsor à une multinationale européenne en est une de trop.

C’est en tout cas ce qui se dégage des réactions de représentants syndicaux dans l’attente de l’annonce imminente de VIA Rail à ce sujet. Le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Letourneau, invite le nouveau gouvernement provincial à mobiliser les acteurs économiques de la province autour de divers enjeux importants pour la santé économique de la province.

 « Il est grand temps de responsabiliser les entreprises établies au Québec et au Canada afin de préserver nos emplois au Québec, déclare M. Létourneau. On sait très bien que le nouveau gouvernement de François Legault n’a pas encore eu le temps d’établir de nouveaux processus quant aux appels d’offres de nos entreprises et de nos sociétés d’État, tant québécoises que canadiennes. Mais après les mauvaises nouvelles annoncées par RONA, Bombardier, SICO et, aujourd’hui, par VIA Rail, il est grand temps d’avoir un grand débat social au Québec. Voilà pourquoi nous demandons au nouveau premier ministre de convoquer les organisations patronales et syndicales afin de mettre en place un forum où tous les acteurs socioéconomiques pourront mettre de l’avant des solutions permettant au gouvernement d’exiger que le contenu local et l’emploi québécois soient au cœur de nos priorités. »

Ce contrat a une valeur de 1 milliard de dollars pour la fabrication de 32 trains susceptibles de rentrer en service dès 2022. Crédit : (Terry Johnson)

Mauvaise application des accords de libre-échange en cause ?

La présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent, Nancy Legendre, croit que le contrat des trains échappe tout simplement à Bombardier, pourtant l’entreprise québécoise est tout à fait capable d’assurer ce type d’approvisionnement.

« Si le nouveau gouvernement veut promouvoir l’emploi local, si la stratégie Saint-Laurent est réellement sa priorité, il se doit de s’assurer que les fleurons économiques tels que Bombardier Transport puissent procurer de l’emploi à celles et à ceux qui ont contribué à leur essor », a indiqué Nancy Legendre.

Pour sa part, le président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN), Louis Bégin, s’interroge sur l’application des accords de libre-échange par les gouvernements. Il soutient que le manque de transparence dans l’application des accords nuirait au respect des exigences de contenu local.

« D’un appel d’offres à l’autre, d’une société d’État à l’autre, on nous dit 0 %, 15 %, 25 % de production nationale. Aujourd’hui, on apprend que VIA Rail, une société de la couronne, serait restée « prudente » en n’exigeant aucune production au Québec, alors que Bombardier Transport à La Pocatière est pleinement en mesure de construire des trains? C’est un non-sens total », a déploré M. Bégin.

À titre de rappel, le traité de libre-échange qui lie le Canada à la Communauté économique européenne et aux États-Unis n’offre aucune possibilité à la société de la couronne qu’est VIA Rail d’exiger un niveau de contenu canadien, quel qu’il soit, ce qui laisse le champ entièrement libre à la compagnie Siemens qui accaparerait le marché des trains de VIA Rail dans son entièreté, excluant de fait la société canadienne Bombardier.

François Legault

François Legault dit que « le gouvernement fédéral aurait dû, comme les Américains qui exigent 60 % de contenu local en ce qui concerne la fabrication de leurs trains, négocier pour qu’au moins 25 % du contenu soit canadien ».

Photo : Radio-Canada/Mathieu Bolduc

Le Canada s’est-il laissé faire?

Dans un point de presse mardi, le premier ministre du Québec a estimé que le gouvernement fédéral s’est laissé « prendre au piège » d’une clause contenue dans l’accord conclu avec ses partenaires.

« Je suis très déçu de la réaction du gouvernement fédéral », a affirmé François Legault, en réaction à la réponse du ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, qui a estimé qu’en ce qui a trait aux traités de libre-échange, « le Canada joue sur la planète, ce qui fait qu’il ne peut pas imposer des règles qui favoriseraient les entreprises canadiennes ».

« Ça n’a pas de bon sens que le fédéral n’exige aucun contenu local dans ce contrat. Le gouvernement fédéral s’est fait avoir par une clause sur l’application de l’accord. On serait à peu près le seul État au monde qui n’exige pas de contenu local », a déploré M. Legault, qui a relevé que « l’erreur avec le REM (Réseau express Motropolitain) ne doit pas se répéter avec VIA Rail », et soutenu qu’il faut au moins 25 % de contenu local dans ce contrat.

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