En 2017, le Canada figurait au 37e rang sur une liste de 41 pays riches, en ce qui a trait à l'accès suffisant aux aliments nutritifs chez les enfants. Une position vivement critiquée par l'UNICEF. Photo : iStock/Milkos

Hausse du coût de l’épicerie en 2019 : « une chance pour tous » de ne pas crever de faim?

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La réponse est non évidemment, compte tenu de la pauvreté endémique au sein de certaines communautés canadiennes, chez les peuples autochtones et les immigrants dont les enfants sont parmi les plus durement touchés. Le gouvernement fédéral a annoncé, il y a quelques mois, sa première Stratégie de réduction de la pauvreté intitulée Une chance pour tous . Elle vise à sortir près de 650 000 Canadiens de la pauvreté d’ici 2019, année où la nourriture coûtera de plus en plus cher partout au pays.

RCI avec des informations du gouvernement fédéral, La Presse canadienne, Radio-Canada et le Journal Métro

Dépenser 400 $ de plus pour l’épicerie en 2019

S’alimenter convenablement en 2019 pour certaines familles canadiennes risque d’être très difficile. Une augmentation substantielle des coûts de l’épicerie est à prévoir, selon un rapport de l’Université Dalhousie.

Un peu partout au pays, les ménages devront débourser 400 $ de plus pour acheter de la nourriture.

Le prix des aliments sera rehaussé de 3,5 %, ce qui est  énorme, selon le professeur Sylvain Charlebois, l’un des auteurs du rapport. Il redoute que beaucoup de gens au Canada ne puissent pas avoir suffisamment d’argent pour faire face à cette hausse de prix. Une hausse qui se situe au-dessus du taux d’inflation anticipé à 2 % par la Banque du Canada en 2019.

En 2015, 4,2 millions de Canadiens vivaient dans la pauvreté, soit 1 Canadien sur 8 (12,1 %).

En 2016, ce nombre a chuté à 3,7 millions, une diminution d’un demi-million de gens, pourtant de nombreux Canadiens risquent de voir certaines denrées cruciales pour leur bonne santé disparaître de leurs assiettes.

Parmi les aliments qui risquent de faire défaut à plusieurs consommateurs, il y a les légumes, le lait, les œufs, le pain, les céréales et les fruits, dont les prix vont littéralement exploser, contrairement aux prix de la viande et des fruits de mer.

La hausse des prix aura des répercussions dans les restaurants où la nourriture préparée sera tout aussi inaccessible pour les plus démunis.

Fruits et légumes dans un supermarché

Les fruits et légumes uniquement pour les plus nantis en 2019 au Canada? Crédit photo : iStock

Avoir juste une chance de manger!

En soulignant le fait que le Canada est un « pays prospère » où « chaque Canadien devrait avoir une chance juste et réelle de réussir », la Stratégie fédérale de réduction de la pauvreté se veut rassurante à plusieurs égards :

  • Elle mise sur la croissance économique qui devrait profiter à tous les Canadiens.
  • Elle met l’accent sur les investissements qui devraient faire croître la classe moyenne.
  • À l’arrivée, la pauvreté devrait être réduite de 20 % d’ici 2020 et de 50 % d’ici 2030, avec pas moins de 650 000 Canadiens qui sortiront de la pauvreté d’ici l’année prochaine.

« Depuis le jour de son élection, notre gouvernement a pris des mesures pour réduire la pauvreté et faire en sorte qu’un plus grand nombre de Canadiens fasse partie de la classe moyenne. L’Allocation canadienne pour enfants, la Stratégie nationale sur le logement et l’augmentation de la Sécurité de la vieillesse sont quelques-unes de ces mesures et elles ont déjà beaucoup d’effets sur les personnes qui luttent pour joindre les deux bouts. L’annonce sur la toute première Stratégie canadienne de réduction de la pauvreté, qui comporte un engagement à réduire la pauvreté de 50 %, démontre la volonté de notre gouvernement à élargir d’autant plus la classe moyenne », a relevé Jean-Yves Duclos, ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social.

Si le gouvernement fédéral s’est toujours montré fier de son plan de lutte « concerté et coordonné » pour contrer la pauvreté partout au pays, plusieurs analystes et organismes estiment qu’il est loin d’offrir « une chance à tous » de s’en sortir, compte tenu du fait qu’il laissera toujours plusieurs ventres affamés.


L’allocation canadienne pour enfant permettra, selon les promesses libérales, de sortir 315 000 enfants canadiens de la pauvreté. Crédit : Istock.

Nathalie Appleyard, une porte-parole de Campagne 2000 (une coalition canadienne de plus de 120 organismes de lutte contre la pauvreté), a récemment confié à Radio-Canada que les objectifs et l’échéancier du plan fédéral « manquaient d’ambition ». Ce manque risquerait bien de se traduire par une « insécurité alimentaire », notamment pour 1,2 million de jeunes de moins de 18 ans vivant dans des ménages à faibles revenus.

Ça n’apporte pas beaucoup de réconfort aux enfants qui n’ont pas assez à manger maintenant ou qui ne savent pas où ils vont vivre le mois prochain. Même si on réduit le taux de pauvreté de 50 % en 2030, il y aura toujours 600 000 enfants qui vont vivre dans la pauvreté. Nathalie Appleyard

Plusieurs ont décelé des failles dans cette Stratégie, notamment en ce qui concerne le manque de données pour les communautés autochtones et certaines communautés nordiques.

D’autres ne voient dans la Stratégie fédérale qu’une liste d’énumérations de programmes et politiques des libéraux qui nourrissent, depuis leur accession au pouvoir, l’espoir d’éradiquer la pauvreté au pays sans toutefois prévoir de nouvelles dépenses, après les 22 milliards investis depuis 2015.

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Publié dans : Économie, Société

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