Le système reproductif de la femme

Le talc pourrait constituer un facteur de risque pour le cancer de l'ovaire
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Selon Santé Canada, du talc sur vos parties génitales pourrait provoquer un cancer de l’ovaire

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Selon les plus récentes données scientifiques, le gouvernement du Canada propose de conclure que l’inhalation de poudres libres à base de talc et l’utilisation de certains produits contenant du talc sur les parties génitales des femmes peuvent nuire à la santé humaine.

RCI avec des informations de Santé Canada et Radio-Canada

 Interdire ou restreindre l’utilisation du talc?

Dans le cadre du Plan de gestion des produits chimiques, portant sur certains cosmétiques, produits de santé naturels et médicaments en vente libre, Santé Canada et Environnement et Changement climatique Canada ont produit une ébauche d’évaluation préalable du talc.

Le talc est une substance minérale qui contient trois ingrédients primaires : du magnésium, du silicone et de l’oxygène. Le talc peut aussi être naturellement contaminé par l’amiante, une substance reconnue pour causer un cancer mortel appelé mésothéliome.

« Le rapport d’évaluation préalable propose que le talc satisfasse aux critères énoncés dans l’article 64 de la LCPE 1999, car il pénètre dans l’environnement en une quantité ou concentration ou dans des conditions de nature qui constituent ou pourraient constituer un danger au Canada pour la vie humaine ou la santé (Canada 2018).» Crédit :  (Matt Rourke/Associated Press)

Le talc est exploité dans de nombreux pays. Le Canada en produit de 50 000 à 75 000 tonnes et en importe 100 000 tonnes par année. Au pays, le talc peut être utilisé dans une variété de produits, notamment le papier, les matières plastiques, la peinture, la céramique, les mastics, les aliments, les matériaux d’emballage alimentaire, les médicaments, les produits de santé naturels et les cosmétiques. Il peut être présent sous forme de poudre pour poudrage sur certains instruments médicaux, bien que le marché semble s’être détourné de cette utilisation.

L’ébauche d’évaluation préalable n’a mis en évidence pour le talc aucun effet critique sur la santé pour une exposition par voie orale, par exemple pour du talc dans des médicaments, ou par des voies d’exposition cutanées (autres que périnéales), mais les organismes fédéraux se veulent prudents. Une prudence fondée sur des données scientifiques récentes qui sont loin d’être rassurantes.

Selon ces données, l’inhalation de poudres libres à base de talc et l’utilisation de certains produits qui en contiennent sur les parties génitales de la femme pourraient être à l’origine de problèmes de santé.

Les observations scientifiques actuelles montrent que l’exposition par inhalation aux produits sous forme de poudres libres contenant du talc, comme la poudre pour bébé ou les poudres pour le corps, le visage et les pieds, peut causer des effets pulmonaires non cancérogènes, comme la toux, des difficultés respiratoires et une diminution de la fonction pulmonaire. Lorsqu’elles sont inhalées, les particules de talc peuvent être difficiles à éliminer, s’accumuler avec les expositions et peuvent potentiellement entraîner une fibrose.

Le système reproducteur féminin

Photo : iStockphoto

Les produits contenant du talc qui ne produisent pas de nuage de poussière, comme les poudres pressées, ne sont pas préoccupants du point de vue des effets pulmonaires. L’ébauche d’évaluation montre également que le talc est une cause possible du cancer de l’ovaire lorsque la région génitale de la femme y est exposée. Plusieurs méta-analyses publiées ont rapporté de façon constante une association positive modeste entre le cancer de l’ovaire et l’exposition périnéale au talc.

À la lumière de cette ébauche d’évaluation, le gouvernement envisage de prendre des mesures visant à interdire ou à restreindre l’utilisation de cette substance dans certains produits de consommation courante au pays.

Produits visés :

Les cosmétiques, produits de santé naturels et médicaments en vente libre contenant du talc se présentant sous forme de poudres libres (poudre pour le visage, poudre pour le corps, poudre pour bébé et poudre pour les pieds) et de produits utilisés dans la région périnéale (poudre pour le corps, poudre pour bébé, crèmes pour les irritations et l’érythème fessier, antisudorifiques et déodorants génitaux, lingettes pour le corps et bombes effervescentes pour le bain).

Ce n’est pas la première fois que le talc est ainsi négativement montré du doigt. Depuis les années 1970, de nombreuses études établissent déjà un lien entre cette substance et certains cancers, notamment le cancer de l’ovaire.

Mais le lien de cause à effet dans différents cas a toujours divisé la communauté scientifique. Malgré l’incertitude qui plane toujours, un tribunal américain a récemment condamné la compagnie Johnson & Johnson, qui fabrique une poudre pour bébé à base de talc, à verser des compensations substantielles à une vingtaine de plaignantes malades qui avaient dénoncé la présence de l’amiante dans cette poudre.

Des bouteilles de poudre pour bébé.

Les scientifiques ne s’entendent pas sur la dangerosité de la poudre pour bébé de Johnson & Johnson. Photo : Getty Images/Justin Sullivan

Comment gérer les risques reliés à l’utilisation du talc

Santé Canada rappelle l’obligation pour les fabricants de toujours mentionner la liste des ingrédients médicinaux ou non médicinaux sur les étiquettes.

C’est ce qui permet au public de savoir si les produits utilisés contiennent des substances classées dangereuses et de les éviter.

L’ébauche d’évaluation préalable des deux organismes fédéraux concernant le talc sera publiée dans la partie 1 de la Gazette du Canada le 8 décembre.

Les membres du public pourront alors faire part de leurs commentaires pendant une période de 60 jours, jusqu’au 6 février 2019.

Ils pourront aussi donner leurs avis sur le cadre de gestion des risques. C’est sur la base des commentaires et suggestions qu’une version définitive de l’évaluation préalable et du cadre de gestion des risques sera publiée.

Si l’évaluation préalable finale confirme que le talc dans certains produits est nocif pour la santé humaine, le gouvernement prendra des mesures pour gérer ce risque.

Entre-temps, Santé Canada recommande aux professionnels de la santé de donner les conseils suivants aux patients :

  • éviter d’inhaler les poudres libres de talc;
  • éviter d’utiliser du talc dans la région des organes génitaux féminins;
  • tenir la poudre pour bébé loin du visage des enfants afin d’éviter l’inhalation;
  • vérifier les étiquettes des produits pour savoir s’ils contiennent du talc et choisir des solutions de rechange sans talc si l’utilisation de celui-ci les préoccupe.

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Publié dans : Santé, Société

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