Le tiers des salariés de l'usine Bombardier à La Pocatière, au Québec, va recevoir dans les prochains jour une lettre de congédiement. Crédit Radio-Canada

L’instabilité de l’emploi chez Bombardier laisse sur le carreau 85 salariés, ce qui suscite la colère des syndicats

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Quatre-vingt-cinq travailleurs de Bombardier seront mis en arrêt de travail provisoire. Cela est reçu avec beaucoup de frustration par le syndicat des employés de Bombardier La Pocatière-CSN (SEBLP), le Conseil central du Bas-Saint-Laurent CSN (CCBSL) et la Fédération manufacturière CSN (FIM).

Nécessité d’une garantie de contenu canadien ou québécois dans les contrats

Claude Michaud, le président du syndicat des employés de Bombardier La Pocatière-CSN (SEBLP). Crédit : M. Petit CSN

Les 85 travailleurs, dont les services ne seront plus requis dans les prochains jours, paient ainsi le prix de la rareté des contrats. La compagnie a dû revoir ses effectifs de manière considérable ces dernières années.

C’est un véritable coup dur pour ces salariés et pour leurs familles en raison de la perte de revenus.

Cette instabilité des emplois chez Bombardier n’est pas de nature à rassurer les syndicats. Ils souhaitent que la compagnie profite du minimum de 20 à 30 % de contenu local dans l’attribution d’un contrat.

C’est de cette façon qu’elle peut garantir des emplois plus stables, souligne Claude Michaud, le président du SEBLP.

M. Michaud rappelle que cette préoccupation a déjà été maintes fois portée à l’attention des différents paliers gouvernementaux, sans qu’il y ait de mesures concrètes.

D’un autre côté, le président du syndicat dit redouter une érosion de la main-d’oeuvre en raison des vagues de licenciements.

« Même s’il devrait y avoir un rappel des employés, il faut craindre la perte de l’expertise chez Bombardier La Pocatière, car dans le contexte actuel de pénurie de la main-d’œuvre, des personnels qualifiés congédiés chez Bombardier pourraient aller travailler ailleurs, et ne reviendrons peut-être pas », met en garde M. Michaud.

Écoutez

Le train AZUR de la STM sur les rails d'une station du métro de Montréal

Le train AZUR du métro de Montréal construit à l’usine de Bombardier de La Pocatière Photo : Radio-Canada/Karine Morin

Les salariés de Bombardier sacrifiés au profit de ceux d’entreprises étrangères?

Le sort des employés est directement lié aux contrats de plus en plus rares. Avec la fin du contrat avec la STM pour les wagons AZUR,  la fin d’ici peu du contrat pour les voitures du métro de New York, il ne serait pas surprenant d’assister à d’autres congédiements.

Une situation aggravée par le fait que Bombardier a perdu trois gros contrats dernièrement, relève Louis Bégin, le président de la FIM-CSN :

  • 212 voitures du Réseau express métropolitain ont été confiées à Alstom en Inde
  • Le contrat de 24 voitures de l’Agence métropolitaine a été confié à la China Railway Rolling Stock Corporation
  • VIA Rail a annoncé l’octroi d’un contrat à l’Allemand Siemens pour la fabrication de 32 nouveaux trains bidirectionnels pour desservir le corridor Québec-Windsor.

Ces pertes de contrats profitent directement aux compagnies étrangères, ce que déplore, dans le communiqué de presse publié par les syndicats représentant les 300 salariés de La Pocatière, la présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent-CSN Nancy Legendre.

« Actuellement, nous finançons des projets publics à grands coups de milliards de dollars et ce sont des entreprises étrangères qui ramassent le pactole. L’impact direct de ces décisions, nous le voyons clairement aujourd’hui. Les gouvernements fédéral et provincial devront un jour rendre des comptes aux travailleuses et travailleurs qui perdent leur emploi, ainsi qu’à leurs familles. Alors qu’ils avaient le pouvoir de déterminer une portion de contenu local, ils devront nous expliquer pourquoi ils n’ont rien fait », a dit Mme Legendre.

RCI avec des nouvelles fournies par FIM-CSN

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Publié dans : Économie, Société

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