Des jeux millénaires pour apprendre les mathématiques à l'école. (Crédit photo : iStock)

Des jeux millénaires pour apprendre les mathématiques à l’école

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Mettre au goût du jour des jeux artisanaux anciens pour faciliter l’apprentissage des mathématiques à des élèves du primaire en milieux défavorisés, c’est en partie le travail de Louise Poirier, professeure à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal. Joint par téléphone, elle nous raconte cette aventure éducative située à des milliers d’années-lumière des jeux vidéo.

Tout a commencé par une réflexion sur les jeux en mathématique, raconte en entrevue téléphonique Louise Poirier. Il y a quelques années, avec une collègue de l’Université du Québec à Montréal, elle travaillait avec des enseignants du primaire dans une école de la Commission scolaire de la métropole.

«  Quand les enfants retournaient à la maison, leurs parents leur demandaient ce qu’ils ont fait pendant la journée. Ils répondaient qu’ils avaient joué. J’ai alors commencé a me questionner sur la place des jeux au sein de l’enseignement. Comment faire par exemple pour que le jeu ne reste pas seulement un jeu? »

Écoutez l’entrevue avec Louise Poirier (10 minutes et 46 secondes) :

Mettre au goût du jour des jeux artisanaux anciens pour faciliter l’apprentissage des mathématiques à des élèves du primaire en milieux défavorisés, c’est en partie le travail de Louise Poirier, professeure à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal.

Au départ, les jeux utilisés pour aider les élèves de milieux défavorisés à acquérir des compétences liées au dénombrement, à l’anticipation et à la résolution de problèmes de mathématiques étaient des jeux dits normaux.

« Quand j’ai frappé à la porte du programme d’Une école montréalaise pour tous, je voulais trouver un projet pour faire le pont entre la culture de la maison et la culture de l’école. J’ai ensuite réalisé que les jeux traditionnels qui nous viennent de différentes contrées devenaient un encrage intéressant à la fois pour rejoindre ses familles qui viennent d’ailleurs et les mathématiques. »

Mme Poirier énumère plusieurs  jeux millénaires comme l’awélé (ou awalé) le jeu de société africain le plus répandu issu de la famille mancala. « On retrouve des variantes jusqu’au Brésil et en Haïti, explique la professeure. Il se joue traditionnellement avec 12 trous creusés dans le sol et 4 noyaux pour chaque trou. Celui ou celle qui récolte le plus de noyaux a gagné la partie. C’est un jeu très facile à faire chez soi avec une boîte d’une douzaine d’œufs et des fèves. »

Un autre exemple : Referme les boîtes, un jeu tourné sur l’addition et l’anticipation. « On doit ce jeu ancien aux Normands qui partaient d’Europe en direction de la Nouvelle-France, précise Mme Poirier. Comme son titre l’indique, ce jeu nécessite un lancer de dés pour refermer les boîtes. Au fil des années, j’ai retrouvé des jeux en provenance des quatre coins de la planète. On le voit bien, les jeux font partie de toutes les cultures. »

L’utilisation en classe des jeux traditionnels combat l’absentéisme, favorise l’estime de soi et permet d’établir des contacts intimes entre les enfants et les parents, assure la professeure. « Ces dernières années, nous assistons à un véritable engouement pour les jeux de table, aussi bien dans les écoles que dans les familles. Depuis quatre ans, on exporte le projet aux portes du désert du Sahara, au Maroc. Nous sommes en train de travailler avec les enseignants du primaire de la région. En retour, ils nous aident à mettre au goût du jour des jeux presque oubliés. »

Bien des écoles organisent des ateliers de cuisine pour inciter les élèves à apprendre les bases des préparations alimentaires. Mais à l’école Sophie-Barat, on tente de faire des élèves de meilleurs consommateurs, en les invitant à l’épicerie, pour apprendre à décrypter les produits et à faire de meilleurs choix.

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Publié dans : Immigration et Réfugiés, Société

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