Des élèves dans leur salle de classe. (Crédit photo : La Presse canadienne/Chris Young)

Les écoles secondaires québécoises contribuent-elles à reproduire les inégalités sociales?

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Alors que notre système scolaire devrait permettre aux étudiants d’avoir accès aux mêmes chances de réussites, la structure des écoles secondaires contribuerait à « reproduire les inégalités sociales ».

Si l’on en croit un rapport mené par Pierre Canisius Kamanzi, professeur à la Faculté des sciences de l’Éducation de l’Université de Montréal, les élèves en provenance des écoles secondaires publiques sont peu nombreux à poursuivre leurs études au niveau universitaire.

L’étude a été faite à partir d’un échantillon d’élèves, rappelle en entrevue Pierre Canisius Kamanzi. « Il s’agit d’élèves du même âge nés en 1984, dit-il. J’ai analysé leur parcours de l’année 2000 jusqu’en 2006 lorsqu’ils accèdent aux études supérieures afin de savoir si leur parcours influe sur les chances d’accès aux études collégiales ou universitaires. »

Écoutez l’entrevue avec Pierre Canisius Kamanzi (12 minutes et 19 secondes) :

Alors que notre système scolaire devrait permettre aux étudiants d’avoir accès aux mêmes chances de réussites, la structure des écoles secondaires contribuerait à « reproduire les inégalités sociales ». Entrevue avec le professeur Pierre Canisius Kamanzi.

Selon le professeur, le système mettrait à mal la réussite des élèves et plus généralement la persévérance. « Les inégalités observées selon les origines sociales ou socio-économiques des parents sont le fruit d’une organisation scolaire qui reproduit les mêmes schémas », lance-t-il.

L’étude démontre que seulement 15 % des jeunes des programmes ordinaires accèdent au niveau universitaire. « Il existe un fossé avec le privé, où 60 % des élèves ont accès aux études universitaires », admet M. Kamanzi.

« Toutefois, il faut nuancer, ajoute le professeur. C’est intéressant de montrer que même s’il existe des différences entre le public et le privé, il y en a également entre les élèves du public qui poursuivent des programmes réguliers et ceux ou celles qui ont accès à des programmes enrichis ou particuliers. »

Niveau d’études post-secondaires (Source : Radio-Canada)

Au fil du temps, les inégalités se sont déplacées vers l’enseignement supérieur puisque le cursus primaire et secondaire est obligatoire et gratuit, donc accessible à tous les jeunes, précise M. Kamanzi. « Les résultats compilés dans l’étude démontrent une réalité qui n’est pas seulement québécoise, mais que l’on retrouve aussi bien dans le reste du pays qu’en Europe. »

Le niveau intermédiaire du cégep – système particulier existant dans la province du Québec – permet de mettre un certain équilibre. « L’accès à l’université demeure sélectif, dit le professeur. Cela peut effectivement créer des inégalités selon que l’on vient de telle école ou de telle autre. »

Selon des informations obtenues par Radio-Canada Estrie, deux commissions scolaires de l'Estrie font passer des élèves d'un niveau à l'autre sans qu'ils aient obtenu la note de passage de 60 %. Une situation que dénonce le Syndicat de l'enseignement de l'Estrie.

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Publié dans : Économie, Société

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