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Les travailleurs bilingues hors Québec font davantage d'études universitaires. © iStock

Le bilinguisme est payant sur le marché du travail

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Maîtriser le français et l’anglais, les deux langues officielles du Canada, est un atout considérable sur le marché du travail. Hors Québec, cet atout est encore plus considérable selon un rapport du Conference Board du Canada.

Même si le Canada est officiellement un pays bilingue, toutes les provinces ne le sont pas. En fait, seul le Nouveau-Brunswick l’est officiellement. Résultat : le taux de bilinguisme varie grandement d’une province à l’autre. Cependant, la maîtrise simultanée du français et de l’anglais fait la différence sur le marché du travail.

C’est ce que montre le rapport du Conference Board intitulé Le bilinguisme anglais-français hors Québec : un portrait économique des bilingues au Canada, et publié en avril. Il nous apprend que l’éducation postsecondaire et le bilinguisme contribuent à l’obtention de meilleurs salaires et à de meilleurs résultats sur le marché du travail.

Le bilinguisme va souvent de pair avec une longue scolarité, selon le Conference Board. Photo : iStock

Impact économique marqué

Ainsi, non seulement les travailleurs bilingues ont un revenu plus élevé, mais en plus, ils ont tendance à être plus actifs sur le marché du travail. En outre, ils créent le plus de richesse dans le secteur de la finance, des assurances et de l’immobilier. Et leur contribution représente environ 10 % du PIB au Canada hors Québec. Selon l’économiste en chef du Conference Board, Pedro Antunes, les bilingues de l’extérieur du Québec ont une contribution de 134,8 milliards au PIB canadien.

Selon le Conference Board, les travailleurs bilingues sont à l’origine de 38 % du PIB du Nouveau-Brunswick et de 12 % de celui de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard.

Les travailleurs bilingues sont à l’origine de 38 % du PIB du Nouveau-Brunswick.

L’organisme affirme également que les bilingues ont tendance à étudier plus longtemps que les autres, et par conséquent à être plus nombreux à détenir des diplômes universitaires et à occuper des emplois mieux rémunérés.

Le Québec reste le champion canadien du bilinguisme 

L’étude, qui a été réalisée grâce au financement de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), repose sur les données des recensements de Statistique Canada de 2006 à 2016.

Elle n’inclut pas le Québec qui, bien qu’officiellement francophone, est la province qui compte le plus grand nombre de Canadiens bilingues. Une donnée qui ne surprend pas le Conference Board puisque, compte tenu de la situation minoritaire du français en Amérique du Nord, il y a des avantages pour les habitants de la « Belle Province » d’apprendre l’anglais, la langue de la majorité de cette partie du monde.

Quelques données du rapport
  • Les études canadiennes montrent qu’il y a un avantage salarial à être bilingue, tant au Québec que dans le reste du Canada.Cet avantage ne serait cependant pas lié à l’utilisation de la deuxième langue officielle au travail, surtout dans le Canada hors Québec. Autrement dit, la prime au bilinguisme tient à d’autres facteurs.
  • La maîtrise d’une deuxième langue signalerait plutôt aux employeurs la présence de caractéristiques non observables ayant des effets positifs sur la productivité du travail, ce qui légitimerait les écarts salariaux observés.
  • Au Canada, les bilingues représentent un cinquième des travailleurs, sont plus nombreux à faire des études universitaires, ont des revenus plus élevés et un taux de chômage plus faible que les individus unilingues.
  • Hors Québec, les bilingues représentent 10 % des travailleurs et ont des revenus moyens généralement plus élevés que les anglophones unilingues.
  • Hors Québec, les bilingues sont plus nombreux à faire des études universitaires dans chacune des provinces, mais ils sont presque toujours moins nombreux à avoir obtenu au plus un diplôme ou un certificat collégial.
  • Plus d’un tiers des travailleurs bilingues hors Québec travaillent dans l’administration publique, les services d’enseignement ou les soins de santé et l’assistance sociale.
  • En 2016, 17 600 bilingues hors Québec travaillaient dans les services juridiques, soit 1,1 % des travailleurs bilingues hors Québec et 14 % des travailleurs des services juridiques hors Québec.

(Source : Conference Board du Canada)

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Publié dans : Économie, Politique, Société

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