Jill Knapp dit qu'un interrogatoire et une fouille à nu à l'aéroport international de Vancouver, il y a trois ans, l'ont tellement traumatisée qu'elle est toujours aujourd'hui malade. (Nicolas Amaya/CBC)

Une Canadienne se plaint d’avoir été fouillée à nu à l’aéroport de Vancouver sur l’ordre d’un douanier en colère

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Jill Knapp, enseignante de profession, affirme avoir été accusée à tort d’être une trafiquante de drogue et qu’un interrogatoire et une fouille à nu à l’aéroport international de Vancouver l’ont tellement traumatisée qu’elle souffre maintenant d’anxiété.

 » C’était traumatisant « , explique la femme de 39 ans, car personne ne lui aurait indiqué au départ pourquoi elle faisait soudainement l’objet d’une attention particulière, le 9 janvier 2016, lorsqu’elle effectuait un vol de correspondance à Vancouver afin de rentrer chez elle à Calgary, après avoir visité son mari à Mexico.

La femme de 39 ans, qui a reçu un diagnostic d’anxiété après cette épreuve, a rédigé une plainte de six pages qu’elle a déposée auprès de l’Agence des services frontaliers du Canada après qu’un agent l’eut accusée de contrebande de drogue, détenue sans nourriture ni téléphone et lui eut fait subir une fouille à nu.

Jill Knapp affirme qu’elle n’avait pas de casier judiciaire et qu’elle n’avait rien dans ses bagages qui inciterait un représentant de l’Agence des services frontaliers du Canada à regarder de plus près.

Deux minutes d’interrogatoire, puis une fouille humiliante

Photo : Radio-Canada

Jill Knapp dit qu’elle venait de récupérer ses bagages lorsqu’on l’a tassé sur le côté et qu’on l’a dirigée vers une  » inspection secondaire « , où elle dit qu’un garde-frontière est devenu immédiatement agressif.

« Sorti de nulle part, il m’a fait entendre sa voix et m’a dit : « Je pense que vous êtes un trafiquant de drogue « , mentionne-t-elle. Il a dit : « Je traite avec des gens comme vous tous les jours. » »

 » En deux minutes, il m’a traité de trafiquant de drogue, m’a parlé d’une fouille à nu et m’a même dit qu’il allait m’envoyer à l’hôpital pour une radiographie [pour chercher de la drogue]. Et c’était avant même qu’il ne me pose des questions « , ajoute-t-elle.

Jill Knapp dit que deux agentes lui ont par la suite demandé de se déshabiller.  » En fait, ils m’ont fait me retourner, m’ouvrir les fesses et m’accroupir. J’étais en état de choc. Je n’ai pas tout à fait compris ce que ça impliquait.  »

Comme d’autres Canadiens avant elle, elle exige une surveillance accrue des gestes posés par les représentants de l’Agence des services frontaliers du Canada. CBC/Radio-Canada a demandé une entrevue avec l’ASFC, mais l’agence a refusé.

Allégations de harcèlements et d’agressions sexuelles parmi nos 8500 agents frontaliers

Une demande présentée par CBC News en vertu de la Loi sur l’accès à l’information révélait, en février dernier, que d’autres voyageurs se sont officiellement plaints de mauvais traitements infligés par des agents frontaliers, notamment de cris, de langage grossier, de dénigrement, de profilage racial et de violence physique.

Les données obtenues par CBC News donnent un rare aperçu sur la façon dont l’une des plus grandes agences policières du pays traite les plaintes contre ses propres agents, puisque elle est soustraite à l’obligation d’une surveillance externe par rapport à la conduite de son personnel. L’ASFC n’est surveillée par aucun organisme indépendant capable de réviser ses décisions ou de recueillir des plaintes.

Joel Sandaluk, avocat spécialisé en immigration à Toronto

« Depuis de nombreuses années, l’ASFC est une loi en soi, affirme Joel Sandaluk, avocat spécialisé en immigration à Toronto. Il est difficile d’imaginer qu’une organisation de la taille, de la complexité et du degré de responsabilité et d’autorité d’un organisme comme celui-ci puisse être totalement dépourvue de toute forme de surveillance externe. »

Il y a des raisons de croire que le nombre réel d’allégations d’inconduite contre des agents de l’ASFC pourrait en fait être beaucoup plus élevé que ce qui a été divulgué à CBC News, selon lui.

Il est d’avis que certaines citoyennes qui entrent en contact avec l’ASFC au sujet de questions d’immigration décident de ne pas déposer de plaintes légitimes au sujet du personnel parce qu’elles craignent les répercussions de l’agence.

RCI avec les informations d’Erica Johnson de CBC News et la contribution de Radio-Canada

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