À L'AFFICHE

09 juillet 2012

Les chercheurs à l’Université de l’Alberta créent un vaccin pour protéger le bétail africain

Photo

Photo: ILRI/Stevie Mann

Les scientifiques de l’Université de l’Alberta viennent de recevoir 3,1 millions de dollars du gouvernement canadien pour développer un vaccin qui protégera des animaux d’élevage en Afrique subsaharienne contre certaines maladies infectieuses.

L’équipe canadienne, dirigée par Lorne Babiuk, va travailler de concert avec des chercheurs du Agricultural Research Council en Afrique du Sud. Ensemble, ils auront 30 mois pour créer un vaccin à dose unique, résistant à la chaleur, abordable et facile à administrer. Il prémunira les vaches, les moutons, les chèvres et les cochons contre cinq grandes maladies.

L’impact économique du nouveau vaccin pour les propriétaires de bétail sera énorme. Les maladies infectieuses constituent la cause la plus importante de pertes financières dans le secteur de l'élevage dans le monde. «Plusieurs de ces propriétaires sont des petits agriculteurs et n’ont qu’environ trois chèvres. Si une de ces chèvres tombe malade et meurt, c’est un tiers de leur investissement économique qui est perdu», explique le Dr Babiuk.

Le scientifique rappelle qu'une grande partie de ces petits propriétaires de ruminants sont des femmes. «Ces animaux sont importants, car ils sont source de lait et de nourriture pour les enfants.


Père et fils éleveurs de bétail au Kenya. (Photo: ILRI/Stevie Mann)

Une protection contre la fièvre de la Vallée du Rift

Le nouveau vaccin protégera le bétail contre la fièvre de la Vallée du Rift (FVR) une maladie virale touchant principalement les animaux, mais pouvant aussi contaminer l'homme. Le Dr Babiuk craint que ce virus fasse son apparition en Amérique du Nord ou en Europe. «Nous avons entendu parler du virus du Nil occidental et des morts qu’il a causées,», dit-il, «mais la fièvre de la Vallée du Rift est beaucoup plus dangereuse».

Ce projet novateur est un parmi 6 projets qui font partie du Fonds canadien de recherche sur la sécurité alimentaire internationale. Il s’agit d’une initiative conjointe du Centre de recherche pour le développement international (CRDI) et de l’Agence canadienne de développement international (ACDI).

Selon Pascal Sanginga, chargé de projet pour le CRDI, le bétail joue un rôle capital en Afrique. «Les plus pauvres (paysans), en fait, n’ont pas de banque. Ce qu’ils font c’est garder le bétail et le vendre quand ils ont besoin d’argent. Donc, sur le plan des revenus, c’est important. Dans certains pays, le petit bétail contribue jusqu’à 20%, 25% des revenus nationaux.” précise le Dr Sanginga.

La mise au point du vaccin pourrait également s’avérer utile pour les éleveurs canadiens. «En améliorant l’activité économique dans les pays en développement, nous améliorons l’activité économique au Canada.», affirme Lorne Babiuk.


Le Dr Lorne Babiuk (Photo: Université de l'Alberta)

Les Africains impliqués dès le départ

Une des spécificités du projet est l’implication des éleveurs africains dès le début. Ils vont participer à la recherche et seront informés, ce qui facilitera l’acceptabilité du ce vaccin par la suite.

«Développer un vaccin, c’est protéger, c’est faire bénéficier des millions et des millions d’Africains. Ils auront facilement du bétail qu’ils peuvent vendre, qu’ils peuvent consommer. Donc, ça aura un impact réel sur la sécurité alimentaire des paysans et sur la nutrition.» - Pascal Sanginga, chargé de projet pour le CRDI

Le projet de recherche sera lancé officiellement à Nairobi, au Kenya, le 1er juillet 2012. Une fois mis au point, le vaccin devra recevoir l’approbation des autorités règlementaires. Sa commercialisation pourrait donc commencer dans les 12 à 24 mois qui suivent.
 

Un reportage de Gilda Salomone.
Vous devez avoir la dernière version de Flash Player installée.


sUI74r_3965977452_eefabed076.jpg

Photo: ILRI/Stevie Mann
Père et fils éleveurs de bétail au Kenya.

Visionner la galerie »
1 1 1

COMMENTAIRES 

Commentez cet article

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie, et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio Canada International ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés et publiés s'ils respectent la Nétiquette

Réponse *
Prénom *
Nom *
Courriel *
Ville *
Pays
Téléphone
Confirmation visuelle *
 
Tous les champs avec * sont obligatoires.

VOS CHOIX







TROUVEZ-NOUS SUR FACEBOOK

Envoyer votre photo!



MULTIMÉDIA




* RCI n'est aucunement responsable du contenu des sites externes