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18 septembre 2012

Disparition spectaculaire en septembre des glaces de l'Océan Arctique

Photo

Photo : Parcs Canada
Le brise-glace canadien Sir Wilfrid Laurier dans des eaux calmes et libre de glace.

Il y a en ce moment très peu de glace qui recouvre la zone de recherche dans l'Océan Arctique de l'Ouest où s'activent des scientifiques canadiens recherchant les vestiges de deux navires portés disparus au 19e siècle. Ces navires appartenaient à l'expédition de Sir John Franklin qui vouée à l'échec tentait de trouver une route maritime libre de glace l'été et qui permettrait aux navires européens d'atteindre les Indes plus rapidement. Si seulement il avait attendu un sciècle...
Pas de glace, moins de soucis
En ce mois de septembre, la glace normalement présente dans cette zone Arctique canadienne et qui aurait pu entraver les technologies déployées dans la recherche est soudainement disparue. « Nous avons eu de la chance car cela facilite nos recherches des épaves de l'expédition Franklin », déclare Bill Midi, capitaine du brise-glace de La Garde côtière canadienne Sir Wilfrid Laurier. Ce brise-glace canadien est ancré dans le détroit de Victoria, juste à l'ouest de l'île King William, qui est la base des opérations de cette chasse des vestiges de l'expédition de Franklin.

« Nous savons d'après nos discussions avec le Service canadien des glaces que tant que les températures de l'air se maintiennent au-dessus du point de congélation, la couverture de glace va continuer de rétrécir, » dit monsieur Midi. En fait, les glaces importantes les plus proches sont maintenant à 120 kilomètres au nord de la zone de recherche.

Un dégel dangereux
Mais ce qui est bon pour la recherche de l'expédition Franklin n'est pas nécessairement bon pour la planète, car la diminution de glace de l'Arctique observée cette année pourrait accélérer le réchauffement climatique. La couverture de glace dans l'Arctique cette année est la plus faible observée depuis les 20 dernières années. Son épaisseur est un tiers de moins que la moyenne des 20 dernières années.

En fait, la banquise arctique est partout en train de disparaître à un rythme accéléré. Les données recueillies par satellite et des avions volant au-dessus de la glace, ainsi que par des sous-marins indiquent que le volume total de la glace arctique a diminué de près de moitié depuis 2004. Au rythme actuel, la glace disparaîtra complètement beaucoup plus tôt que prévu, disent les scientifiques. « Nos modèles du climat futur, à la fois dans l'Arctique et dans le monde, sont modérés par rapport aux observations », explique David Barber de la Chaire de recherche du Canada en science arctique à l'Université du Manitoba.

Sur cette photo de la NASA, l’agence spatiale américaine, la masse blanche représente la banquise en 2011, et la ligne jaune représente la surface qu'elle occupait, en 1979 (© Photo/NASA)


Les modèles de prévisions sont dépassés
David Barber précise que « le Groupe d'experts intergouvernemental sur le changement climatique ne prédisait pas encore tout récemment un océan Arctique libre de glace saisonnière avant entre 2050 et 2100. Mais selon nos plus récentes observations, cela va arriver beaucoup plus tôt. Nous sommes sur une trajectoire qui va voir un océan Arctique libre de glace saisonnière dans la prochaine décennie ou deux. Ce sera la première fois que cela se produit sur Terre depuis un temps très long ». Puis il conclut : « Nos observations montrent une réponse beaucoup plus rapide à l'accumulation de CO2 [dans l'atmosphère] que nous nous attendions à trouver. Cela devrait être un signal d'alarme à la population et aux décideurs politiques de redoubler d'efforts pour remédier à ce problème mondial. »

Impacts multiples
Le fait que glace de l'Arctique rétrécisse à plusieurs impacts sur la planète, à la fois dans l'Arctique et dans le reste du monde par exemple au niveau de la hausse des températures mondiales. Une autre préoccupation majeure est la fonte des glaciers, ce qui signifie une augmentation à plus ou moins court terme de l'eau douce qui pénètre dans les grands océans du monde. Cette année, par exemple, d'immenses glaciers du Groenland ont soudainement commencé à fondre en juillet, selon les données de la NASA (National Aeronautics and Space Administration). Un événement anormal selon l'agence américaine. Un autre grand souci des scientifiques est la libération de méthane emprisonné dans le pergélisol sous-marin, un processus qui semble s'accélérer. Cette situation est préoccupante puisque le méthane est un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le CO2.

Les données de CryoSat de l'Agence spatiale européenne et de ses 2 satellites indiquent que 900 kilomètres cubes de glace par an sont en train de disparaître de l'Arctique. Seymour Laxon, un scientifique du Centre d'observation et de surveillance Polaire à Londres, en Angleterre, conclu : « Très bientôt, nous vivrons le moment emblématique quand, un jour d'été, nous regardons des images satellites et ne verront plus aucune couverture de glace dans l'Arctique, juste de l'eau ouverte."

Êtes-vous surpris ou pas par la vitesse de la disparition des glaces dans l'Océan Artique?
Répondez en bas de page.
Une question de Stéphane Parent



L'eau libre de glace dans le détroit de Victoria prise en photo le 27 août



Où sont les épaves de l’expédition Franklin ? Entrevue d'Anne-Marie Yvon de Radio Canada International

Le Service canadien des glaces

Expédition Franklin : découverte d'artefacts et de restes humains


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