Des Inuits luttent pour éviter la disparition de leur langue, l’inuktitut

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Akulivik, au Nunavik. (Eye on the Arctic / Radio Canada International)
Akulivik, au Nunavik. (Eye on the Arctic / Radio Canada International)

L’inuktitut a longtemps été considéré comme l’une des langues autochtones canadiennes qui se portent le mieux, mais un récent rapport laisse penser que son avenir n’est pas si radieux au Québec.

Une organisation communautaire du Nunavik, un territoire qui comprend le tiers nord de la province, veut mettre l’accent sur les contes traditionnels, le théâtre et les ateliers culturels pour raviver cette langue inuite.

«Les jeunes générations ont perdu le contact avec leur véritable identité, alors nous tentons de trouver des moyens de multiplier les interactions et les contacts entre l’ancienne génération et les jeunes», explique Zebedee Nungak, directeur du département de langue inuktitut à l’Institut culturel Avataq du Nunavik, qui a réalisé le rapport sur l’état de l’inuktitut.

Le rapport est le résultat d’un projet de trois ans et demi mené par une petite équipe de chercheurs qui a rendu visite à chaque communauté du Nunavik, une région grande comme l’Allemagne qui ne compte que 12 000 habitants.

Les chercheurs ont noté un déclin de la qualité de l’inuktitut au Nunavik, notamment une mauvaise grammaire, un faible vocabulaire et un mélange entre l’inuktitut et l’anglais. Le rapport attribue ce déclin de la langue à la prédominance de plus de 300 chaînes télévisées par satellite en anglais et en français, de même qu’au manque d’activités culturelles en inuktitut.

De façon générale, l’inuktitut est considéré comme l’une des langues autochtones canadiennes ayant une bonne chance de survie. Sur les 60 langues autochtones rapportées dans le recensement de 2011, l’inuktitut est l’une des trois langues autochtones considérées comme assez fortes pour éviter l’extinction, avec le cri et l’ojibwé.

34 000 locuteurs

Il y a environ 34 000 locuteurs de l’inuktitut, la plupart vivant au Nunavut et dans le nord du Québec. Environ les deux tiers des Inuits peuvent parler cette langue, et la moitié la parlent à la maison. Les jeunes Inuits âgés de moins de 25 ans représentent la plus grande proportion de la population du Nunavik, souligne le rapport.

Mais la promotion de l’inuktitut n’a pas que des partisans. Certains estiment que le fait de mettre l’accent sur cette langue désavantagera les étudiants quand ils devront apprendre l’anglais et le français, et ultimement quand ils voudront trouver un emploi, estime Donald Taylor, un professeur de l’Université McGill spécialisé dans les langues autochtones.

Les recherches de M. Taylor montrent toutefois le contraire. Il estime qu’en consacrant plus de temps à l’apprentissage de l’inuktitut, les Inuits augmentent à long terme leur capacité d’apprentissage d’une langue seconde.

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