Affamés, nos ours polaires canadiens se nourrissent maintenant d’oeufs

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Les changements climatiques menacent à long terme les populations d'ours blancs. ( CBC)
Les changements climatiques menacent à long terme les populations d’ours blancs.
( CBC)
Une razzia polaire qui conduit à l’extermination de milliers d’oiseaux.

Les ours solaires se nourrissent des oeufs des eiders à duvet.Les ours solaires se nourrissent des oeufs des eiders à duvet. Photo : Courtoisie Steve Marson

Le rétrécissement de la glace de mer arctique pousse maintenant les ours polaires dans la région de la grande Baie d’Hudson au centre du Canada à trouver leur nourriture notamment dans les nids d’oiseaux.

C’est ce que viennent de découvrir des chercheurs de l’Université Carleton en Ontario appuyés par le ministère canadien de l’Environnement.

Un ours polaire dans le nord de la baie d’Hudson peut manger des centaines d’œufs d’oiseaux de mer en une journée selon une étude publiée cette semaine dans la revue « Proceedings of the Royal Society B ».

Aide-mémoire…

L’ours blanc préfère normalement la viande rouge, et il passe beaucoup de son temps à rôder sur la glace de mer pour trouver des phoques, qui sont riches en graisses et en protéines.
Mais avant et après le gel de la glace, les ours polaires doivent rester sur la terre ferme, où ils ne peuvent pas atteindre les phoques.
C’est alors qu’ils s’en prennent aux nids des oiseaux.

Un ours peut dévaster tous les nids sur une seule île

Le scientifique Samuel Iverson, auteur principal du rapport, affirme avoir observé un saccage dont il a été témoin et lors duquel un ours polaire a mangé sur son chemin pendant une période de 48 heures 300 nids, contenant chacun quatre à cinq œufs, d’une colonie d’eiders à duvet (un canard plongeur marin).

Les oiseaux nichant non pas sur la banquise, mais aussi sur les flancs des falaises tels que le guillemot de Brünnich sont aussi victime de cette razzia polaire. « Ils vont droit au pied des falaises et se fraient un chemin le long des rebords et vont d’un œuf à l’autre », indique Iverson.

Samuel Iverson estime que le réchauffement de l’Arctique a réduit la saison des glaces de mer de 60 jours dans le nord de la baie d’Hudson – le dégel arrive 30 jours plus tôt au printemps, et le gel est retardé de 30 jours à l’automne – forçant les ours à trouver d’autres sources de nourriture.

Bien que ces ours aient peut-être occasionnellement mangé des œufs d’oiseaux dans le passé, les chercheurs croient qu’ils ciblent maintenant les colonies de nidification. Leurs données montrent même que les incursions d’ours polaires dans les colonies de nidification d’oiseaux de mer ont augmenté de plus de sept fois depuis les années 1980.

Le chercheur Samuel Iverson de l’Université Carleton en Ontario. (UC)
Le chercheur Samuel Iverson de l’Université Carleton en Ontario. (UC)
Le saviez-vous? - Le Canada juge que l’ours polaire est en difficulté, mais non en danger
L’ours blanc, ne compterait plus que de 30 000 à 25 000 individus à travers le monde, dont plus des deux tiers habitent au Canada.
L’avenir d’une bonne partie cette espèce remarquable dans le monde semble donc dépendre grandement de l’attitude du Canada à son égard.

ÉCOUTEZ NOTRE REPORTAGE – 2 janvier 2014

La survie de l’ours blanc dans le monde dépendrait des Canadiens Écoutez

Liens externes

AU PAYS DES OURS POLAIRES – Parcs Canada

Fiche d’informations sur l’ours polaire – David Suzuki Foundation

Consignes de sécurité concernant les ours polaires – Nunavut Parks

Les ours blancs à Churchill au Manitoba (en anglais)

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Stéphane Parent, Radio Canada International

Stéphane Parent, Radio Canada International

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