Le gouvernement yukonnais critiqué pour son ouverture à la fracturation hydraulique

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Yukon. (iStock)
Yukon. (iStock)
Les partis d’opposition au Yukon déplorent que le gouvernement ouvre la porte à la fracturation hydraulique sur le territoire, même si un comité multipartite ne s’était pas entendu sur l’autorisation de cette technique controversée.

Le gouvernement du Parti yukonnais a annoncé jeudi qu’il acceptait les 21 recommandations du comité spécial d’examen des risques et des avantages de la fracturation hydraulique. Toutefois, il a officialisé son ouverture à cette technique, mais seulement dans le gisement pétrolier et gazier Liard, qui représente 1,3 % du territoire.

Dans son rapport déposé en janvier, le comité spécial n’était pas arrivé à un consensus à savoir s’il fallait autoriser la fracturation, si cette technique était sécuritaire et s’il fallait le « permis social » de la population avant d’envisager la chose.

Le chef libéral Sandy Silver, qui siégeait au comité, clame « qu’on ne peut pas simplement aller de l’avant » sans compréhension des conséquences environnementales ou sanitaires de la fracturation. Il estime que le Yukon ne dispose pas du « permis social » nécessaire et qu’il est « à des années et des années » de toute fracturation.

M. Silver raconte que durant les rencontres du comité avec les représentants gouvernementaux, l’Office des eaux, le médecin en chef et des groupes d’intérêt, l’impression générale était que le Yukon est prêt et n’a qu’à développer la réglementation nécessaire au fur et à mesure. Toutefois, dit-il, lorsque le comité s’est rendu dans diverses régions comme Cochrane et Calgary, les représentants de l’industrie, du gouvernement et de la santé l’ont plutôt encouragé à devancer l’industrie, en établissant les permis d’aménagement et la réglementation.

La chef néo-démocrate Liz Hanson juge que le gouvernement n’accepte pas réellement les recommandations du comité puisque celui-ci recommande la mise en place d’études, d’analyses et de règles « avant que la fracturation hydraulique soit envisagée ». « Ce qu’a fait le gouvernement, comme il l’a fait dans toutes les autres consultations, c’est d’écouter les opinions puis les ignorer », a-t-elle tranché vendredi.

La portion yukonnaise du gisement pétrolier et gazier Liard se trouve dans la pointe sud-est du territoire. (gov.yk.ca)
La portion yukonnaise du gisement pétrolier et gazier Liard se trouve dans la pointe sud-est du territoire. (gov.yk.ca)
Compromis raisonnable

L’ouverture du gouvernement est un geste prudent et responsable, selon le ministre de l’Énergie, des Mines et des Ressources, Scott Kent, qui parle d’un compromis raisonnable. D’après M. Kent, le gouvernement a la responsabilité d’envisager les bénéfices d’une industrie gazière et pétrolière, afin de mousser la création d’emploi et la prospérité économique.

Les recommandations du comité incluaient l’obtention du soutien des Premières Nations dont le territoire traditionnel serait touché, la poursuite d’un « dialogue public informé » avec les Yukonnais et la transparence des données environnementales.

Le comité recommandait aussi une analyse approfondie des réserves estimées de gaz et de pétrole, des investissements nécessaires et des coûts estimés, cela dans chaque bassin. D’autres recommandations avaient trait à la surveillance de l’eau et à la réglementation de son utilisation, à la surveillance de la faune, de l’activité sismique et des émissions de gaz à effet de serre, ainsi qu’à l’étude des effets sociaux et sur la santé humaine.

Un texte de Ralph-Bonet Sanon, Radio-Canada

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