L’expédition Franklin dans l’Arctique canadien s’est tournée vers le cannibalisme

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Skulls of members of the Franklin expedition were discovered by William Skinner and Paddy Gibson in 1945 at King William Island in Nunavut. While remnants of Franklin's doomed 1845 Arctic expedition have been found, the British explorer's grave has yet to be located. (National Archives of Canada/Canadian Press)
Ossements humains de l’expédition Franklin. (National Archives of Canada/Canadian Press)
Des chercheurs de l’Université de l’Alberta au Canada et du Royaume-Uni affirment qu’ils ont trouvé des preuves indélébiles de cannibalisme laissées sur les os de certaines victimes de l’expédition qui ont été retrouvés récemment.

Les Inuits dans l’extrême nord du Canada ont longtemps partagé des histoires terribles de cannibalisme qui aurait imprégné les derniers moments de la dernière expédition de Sir John Franklin dans l’Arctique qui au début du 19e siècle tentait de trouver un passage maritime dans les eaux glacées du Nord canadien.

Les chercheurs confirment le bien-fondé de ces récits après avoir complété l’examen des restes de 36 os fêlés trouvés sur l’île King William, dans ce qui est maintenant la région administrative du Nunavut.

Les os montrent des signes de rupture et de polissage compatible avec le chauffage dans l’eau pour faciliter l’extraction de moelle osseuse, ainsi que la preuve d’avoir été coupé avec un objet pointu.

« Avec les marques de coupe, nous avons montré que le cannibalisme a eu lieu », dit Simon Mays, un membre de l’équipe d’excavation et de l’analyse.

Cannibalisme à répétition et à un stade avancé

Simon Mays dit que le cannibalisme tend à se produire par stades successifs. : « Comme le temps passe, ceux qui sont en détresse et qui se nourrissent de la sorte doivent investir de plus en plus d’efforts pour essayer d’obtenir les éléments nutritifs de l’os. Et l’étape finale consiste à briser les os et la moelle et c’est ce que nous voyons ici. »

La nouvelle recherche prouve également que dans les derniers soubresauts de l’expédition les hommes non seulement mangaient de la chair humaine pour survivre, mais qu’ils ont même recouru à ébullition d’ossements humains.

Un peu d’histoire…

L’Angleterre voulait aussi cartographier un territoire qu’elle considérait lui appartenir.

  • Sir John Franklin effectuera donc deux premiers grands voyages fructueux dans la région arctique du Canada.
  • En 1845, il est chargé d’une troisième expédition dans l’Arctique pour trouver cette fois le fameux passage du Nord-Ouest dont l’existence était soupçonnée depuis plusieurs années.
  • 128 hommes étaient à ses côtés à bord de deux navires le Erebus et le Terror.
  • En 2014, une nouvelle campagne de recherche des épaves est menée par les navires de défense canadiens.
  • Elle conduit le 7 septembre 2014, à la découverte de l’un des navires, l’Erebus, et d’ossements dans le détroit de Victoria, près de Cambridge Bay, à quelque 300 km de l’île du Roi-Guillaume.

Louie Kamookak est un historien de la communauté inuit du hameau de Gjoa Haven qui a fait la collecte des comptes et légendes au sujet de l’expédition Franklin pendant des années. Il dit qu’il n’est pas surpris que cela ait pris des preuves scientifiques des chercheurs pour finalement accepter ce que l’histoire locale orale affirmait depuis des générations.

« Ils commencent enfin à se rendre compte que l’histoire orale parmi les Inuit est forte, et beaucoup d’elle est liée à la vérité », dit Kamookak.

Pendant des années, selon Kamookak, les gens de la région ont dit de rester loin de l’endroit où on a retrouvé les vestiges de l’expédition pour éviter les « mauvais esprits. »

RCI avec CBC News

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Stéphane Parent, Radio Canada International

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