Possible découverte des vestiges de l’expédition Franklin dans l’Arctique canadien

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Carte du parcours probable de l’Expédition Franklin (Hans van der Maarel / Wikimédia Commons)
Carte du parcours probable de l’Expédition Franklin (Hans van der Maarel / Wikimédia Commons)
L’équipe d’archéologie subaquatique de Arctic Research Foundation, Parcs Canada, la Garde côtière canadienne et la Marine royale canadienne, ainsi que d’autres partenaires, pensent avoir fait la découverte de l’épave du HMS Terror, l’un des deux bateaux de l’expédition Franklin.

Cette mission maritime et polaire britannique de 1845 avait pour but de réussir à traverser pour la toute première fois le passage du Nord-Ouest ainsi qu’une exploration approfondie de l’Arctique.

Si elle s’avère concluante, cette découverte serait cruciale pour les communautés inuites et le Canada, car ces travaux ont été possibles grâce à l’utilisation d’appareils de technologie de fine pointe et aux connaissances traditionnelles orales des Inuits.

Dans les prochains mois, Parcs Canada, en partenariat avec la Garde côtière canadienne, travaillera sur l’authenticité des renseignements entourant cette découverte dans les plus brefs délais. Une fois les confirmations obtenues, le gouvernement du Canada discutera de la protection du site avec le gouvernement du Nunavut et ses partenaires inuits. Le lieu historique national des Épaves-du-HMS Erebus-et-du-HMS Terror sera le premier lieu historique national géré conjointement dans le Nunavut.

Le Canada est fier

Le gouvernement du Canada s’est montré enthousiaste au sujet de l’éventuelle découverte du HMS Terror car à ces yeux, cette « découverte extraordinaire » souligne l’importance du savoir inuit et apporterait une contribution qui compléterait enfin la fascinante histoire de l’expédition disparue de Franklin.

« La contribution pluriannuelle de Parcs Canada et de ses partenaires dans l’Arctique a mené à la découverte de deux des plus célèbres et mystérieux bateaux de l’histoire du Canada. Le HMS Erebus a été trouvé grâce à une combinaison unique du savoir traditionnel inuit et des technologies de pointe; le savoir inuit, pour sa part, a été encore une fois le noyau de cette découverte surprenante. Cette récente découverte offrira une autre occasion unique et exceptionnelle d’explorer des sites archéologiques et de faire partager l’histoire et la culture inuites au monde entier. » L’honorable Catherine McKenna, Ministre de l’Environnement et du Changement climatique et ministre responsable de Parcs Canada

Les travaux de recherche

Depuis 2008, il y a eu huit recherches majeures, parfois complexes, dirigées par Parcs Canada visant à retrouver les bateaux de l’expédition de Franklin, couvrant des centaines de kilomètres carrés sur le fond océanique de l’Arctique.

Au fil des diverses expéditions et recherches effectuées en vue de retrouver le HMS Erebus et le HMS Terror, de nombreuses données sur le fond océanique du Nord ont été recueillies. La connaissance de ces données s’avérera utile pendant les opérations navales dans le Nord dans l’attente du lancement des navires de patrouille de l’Arctique de la Marine royale canadienne.

Les réussites de la Mission Erebus et Terror de 2016 sont le résultat des missions précédentes et de la collaboration avec le gouvernement du Nunavut, les communautés locales et d’autres partenaires des secteurs public et privé et des organisations à but non lucratif.

Par ailleurs, la localisation du HMS Terror n’est que l’étape initiale de la recherche qui devra être menée. Les partenaires impliqués exploreront ce nouveau site dans le cadre de prochaines missions afin de fournir plus de renseignements et de faire mieux comprendre l’histoire importante de cette expédition au Canada et au monde entier.

Parcs Canada et la Kitikmeot Inuit Association continueront de négocier l’entente sur les répercussions et les avantages en vue de s’assurer à ce que les Inuits obtiennent leurs avantages découlant de l’existence officielle du Lieu historique national des Épaves-du-HMS Erebus-et-du-HMS Terror. Grâce à l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits, Parcs Canada et la Kitikmeot Inuit Association travailleront en collaboration sur le développement et la cogestion de ce lieu historique national.

Le gouvernement du Canada continuera de faire participer les communautés du Nunavut au projet Franklin et aux initiatives connexes, tant à court terme qu’à long terme.

L'histoire de l'Expédition Franklin :
Une notre trouvée quelque part dans l’Arctique détaillant le sort de l’Expédition Franklin.
Une notre trouvée quelque part dans l’Arctique détaillant le sort de l’Expédition Franklin.
Reliques de l’expédition Franklin de 1845. Tiré du journal anglais Illustrated London News, 1854 / Wikimédia Commons
Reliques de l’expédition Franklin de 1845. Tiré du journal anglais Illustrated London News, 1854 / Wikimédia Commons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’expédition partit de Greenhithe (Angleterre) le matin du 19 mai 1845, avec un équipage de 24 officiers et 110 hommes. Les navires arrêtés brièvement au Port Stromness dans les îles Orkney dans le nord de l’Écosse, et de là, ils ont navigué au Groenland avec HMS Rattler et le navire de transport, Barretto Junior. Dans l’île Whalefish Disko Bay sur la côte ouest du Groenland, les dix bœufs qui se trouvaient dans le navire pour le transport des approvisionnements et pour de la viande fraîche ont été sacrifiés. D’autres fournitures ont été transférées aux HMS Erebus et Terror. Les membres d’équipage ont envoyé leurs dernières lettres à la maison. Avant le départ définitif de l’expédition, cinq hommes ont été libérés et renvoyés chez eux sur les navires Rattler et Junior Barretto; le nombre de membres de l’expédition a été fixé à 129. La dernière fois qu’on a eu des nouvelles de cette expédition, c’est au début du mois d’août 1845, lorsque le capitaine du baleinier Dannett prince de Galles et le capitaine Robert Martin de l’entreprise baleinier, ont vu l’Erebus et le Terror dans la baie de Baffin. Les deux bateaux Franklin y étaient en attendant des conditions météorologiques favorables pour entrer dans le détroit de Lancaster. Au cours des 150 prochaines années, d’autres expéditions, les explorateurs et les scientifiques ont essayé de reconstituer ce qui est arrivé à l’expédition de cette époque. Les hommes de Franklin ont passé l’hiver de 1845-1846 sur l’île Beechey, où trois membres d’équipage sont morts et ont été enterrés. L’Erebus et le Terror ont été piégés par la glace près de l’île King William en septembre 1846 et apparemment, ils n’ont jamais réussi à naviguer librement à nouveau. Selon une note que Fitzjames et Crozier laissés sur l’île, Franklin était mort le 11 juin 1847, et son équipage a dû passer les hivers de 1846-1847 et de 1847 à 1848 sur l’île King William. Selon ce qu’on sait, le 26 avril 1848, les membres survivants de l’expédition ont commencé une marche à pied vers la rivière Back dans la partie continentale du Canada. Neuf officiers et quinze autres membres de l’équipage avaient déjà trouvé la mort; les autres sont décédés en chemin, la plupart sur l’île. Les restantes trente ou quarante personnes sont mortes sur la côte nord du continent, à des centaines de kilomètres des centres peuplés par les Occidentaux, parce des inuits il y avait dans la zone. 

 

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