Réconciliation avec les Autochtones : des chercheurs du Labrador invités à faire leur part

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Le président de NunatuKavut, Todd Russell (Jacob Barker/Radio-Canada)
Plus de 170 chercheurs qui participent au Forum de recherche du Labrador cette semaine à Happy Valley-Goose Bay se sont fait rappeler l’important rôle qu’ils peuvent jouer dans la réconciliation avec les peuples autochtones.

Le président de l’organisation NunatuKavut, qui représente les Inuits du sud du Labrador, a évoqué le côté négatif de la recherche dans l’histoire du territoire.

« Vous avez entendu parler de ce que la recherche a fait : elle a déshumanisé les peuples autochtones, leur a enlevé leur identité et leur sens du lieu », a déclaré Todd Russell à ceux venus de partout au Labrador pour discuter de leurs travaux.

Il estime que les chercheurs ont par le passé été des agents de colonisation, qui ont essayé de « renforcer les mythes en ce qui concerne les gouvernements occidentaux et les sociétés occidentales ».

Un pas vers la réconciliation
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La grande chef de la Nation innue au Labrador, Anastasia Qupee (Radio-Canada)

« J’aimerais montrer ma reconnaissance pour les chercheurs qui sont venus [aujourd’hui] dans un objectif de réconciliation », a-t-il dit aux participants au forum. Todd Russell les incite maintenant à voir comment leurs recherches pourraient être utilisées comme outil de réconciliation.

La directrice de l’Institut Labrador, qui organise l’événement, dit avoir déjà observé un changement dans les travaux des chercheurs. Selon Ashlee Cunsolo, ils ne répondent plus aux questions que le Sud a sur le Nord, mais plutôt « aux questions que le Nord a sur lui-même ».

Mais, ajoute-t-elle, « il est important de vraiment reconnaître ce qui s’est passé auparavant ».

Les Innus de la région ont notamment toujours été l’objet de recherches qui étaient faites sur eux et non pas avec eux, soutient la grande chef de la Nation innue, Anastasia Qupee.

« La recherche a été au premier plan de tous les grands développements qui ont eu lieu sur notre territoire, mais sans notre consentement », dit-elle.

« Cela a commencé avec les géologues et les ingénieurs qui voulaient nos terres pour les mines et les barrages hydroélectriques, et les anthropologues qui ont décidé que notre façon de vivre était primitive et qu’il fallait devenir moderne », raconte Anastasia Qupee.

Humilité et esprit ouvert

« Ça doit changer, et ça change », croit Sylvia Moore, qui fait de la recherche au programme inuit de baccalauréat en éducation.

Et pour inciter les chercheurs à modifier leur attitude, un atelier est offert dans le cadre du forum avec pour objectif de les sensibiliser à être plus humbles lorsqu’ils se déplacent dans les communautés où ils envisagent de mener leurs recherches.

Sylvia Moore raconte que lorsqu’elle préparait son sujet de thèse de doctorat, elle a demandé à un aîné et à d’autres membres de la communauté micmaque de Wildcat en Nouvelle-Écosse, ce qui pourrait leur être utile.

« Ils faisaient un projet sur le saumon et cela est devenu la base de ma recherche de doctorat … J’ai également écrit un livre pour eux et tout l’argent du livre revient à la communauté », dit-elle fièrement.

Elle affirme qu’elle n’aurait pas pu accomplir sa recherche sans l’aide de la communauté. « Entrez avec humilité et soyez prêt à écouter et à attendre », suggère-t-elle.

Avec les informations de Jacob Barker, CBC News

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Radio-Canada avec CBC

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