La ville de Winnipeg a la plus grande population d’Autochtones au Canada

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De 2006 à 2016, la population autochtone a plus que doublé dans sept régions métropolitaines du Canada, selon les dernières données de Statistique Canada. (La Presse canadienne /Sean Kilpatrick)
Winnipeg abrite la plus grande population autochtone au Canada parmi les grandes villes du pays selon les données publiées par Statistique Canada dans le recensement de 2016. La capitale manitobaine compte ainsi 92810 résidents qui se définissent comme autochtones, qu’ils soient membres de Premières Nations, Métis ou Inuits.

La ville dépasse ainsi Edmonton (76 205), Vancouver (61 460) et Toronto (46 315) qui forment avec Winnipeg le quatuor de tête.

En dépit de son nombre important d’Autochtones, Winnipeg perd sa place de leader lorsqu’il s’agit du taux de croissance de cette population avec 37,1 %. Trois villes des Maritimes affichent les taux de croissance les plus élevés du pays, soit Saint-Jean de Terre-Neuve (237,3 %), Halifax (199 %) et Moncton (197,9 %). Les villes de Regina (26,4 %) et Saskatoon (45,4 %) ferment la marche.

En revanche, la capitale manitobaine a vu sa population métisse grandir.

La communauté métisse au Canada

Avec 52 130 résidents reconnus comme Métis, soit une augmentation de 28 % depuis le dernier recensement, Winnipeg accueille la plus large communauté métisse du Canada.

À l’échelle du pays, plus de 600 000 personnes se sont identifiées comme Métis dans le recensement de 2016, soit environ 200 000 de plus que lors du dernier exercice. En 10 ans, leur nombre a augmenté de 51,2 % ce qui en fait la plus grande croissance parmi les groupes autochtones.

« L’espace social est ouvert, plus de gens s’identifient, peut-être qu’il y en a qui veulent des droits et qui s’imaginent que s’ils sont Métis ils auront des droits de chasse », estime l’anthropologue Denis Gagnon, professeur à l’Université de Saint-Boniface.

Denis Gagnon est professeur d’anthropologie à l’Université de Saint-Boniface. (Radio-Canada)

Il rappelle également les conflits internes qui entourent l’appellation Métis.

« L’arrêt Daniels dit que qui que ce soit au Canada peut se déclarer Métis mais le Conseil national métis, la Fédération métisse du Manitoba et des organisations de la Saskatchewan et de l’Ontario revendiquent pour eux seuls ce nom. S’ils s’appelaient les Métis de la rivière Rouge, le problème serait différent, mais ils revendiquent un nom générique d’individus qui se revendiquent

d’ascendance métissée et qui ne demandent pas tous la même chose, mais qui ont une identité particulière et qu’ils veulent défendre », affirme M. Gagnon.

Il reconnaît en revanche que les Métis continuent de faire face à des inégalités.

« La discrimination c’est ce qui caractérise les Métis partout au Canada », indique Denis Gagnon.

Selon lui, l’ensemble des communautés métisses au pays doit maintenant faire face à un défi de taille, celui d’établir des critères précis et dresser un registre des personnes métisses au pays.

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Radio-Canada

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