Les autorités canadiennes sont inquiètes de la présence accrue des renards arctiques près des localités au Nunavut

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An Arctic fox hunts in the Norwegian Arctic. (Gregory Tervel, AFP)
Un renard arctique chasse sur une île dans l’archipel de Svalbard dans la région arctique de la Norvège. (Gregory Tervel/AFP)
Une hausse de signalements  de renards par des citoyens du Nunavut a encouragé le ministère de la Santé publique territorial à émettre un avertissement auprès de la population pour éviter les risques de transmission de la rage.

Les gens vivant sur l’ensemble du territoire situé dans le nord-est du Canada doivent signaler la présence de renards arctiques et rester sur leur garde auprès de ces bêtes, car ces animaux pourraient être porteurs du virus de la rage.   

Nunavut - « notre terre » en langue inuktitute
    • Territoire distinct en 1999
    • Superficie du territoire terrestre: 1 877 778,53 kilomètres carrés
    • Population: 35 944 habitants selon le dernier recensement de 2016 ( Les Inuits forment 84,2%  de la population)
    • Langues officielles : la langue inuite (dialecte inuktitut et inuinnaqtun), anglais et français
    • Capitale: Iqaluit

Sources : Gouvernement du Canada, Statistique Canada et Gouvernement du Nunavut 

Le renard arctique au Canada

Le renard arctique est une espèce très commune dans le nord du Canada, explique en entrevue téléphonique Dominique Berteaux, de la Chaire de recherche du Canada en biodiversité nordique, à Regard sur l’Arctique. Le chercheur ajoute qu’à ce moment-ci de l’année « les jeunes renards quittent le territoire de leurs parents et font de grands mouvements, ce qui peut contribuer à propager la rage.»   

Qu’est-ce que la rage?

La rage est une maladie qui s’attaque au système nerveux central et peut se rendre jusqu’au cerveau. La propagation de la maladie s’effectue généralement par morsure de bête en bête. Le danger pour les humains survient lorsqu’un animal sauvage transmet la maladie à un animal domestique, par exemple un renard arctique mord un chien et, par la suite, celui-ci mord un humain.  

La rage au Canada

Les cas de rage chez les humains sont rares au Canada. Au Nunavut, le ministère de la Santé précise qu’il n’y a jamais eu de cas, ni de mort, lié à cette maladie. De plus au Nunavut il n’existe aucune statistique pour connaître le nombre de gens qui ont été traités pour morsure de chien par le personnel de la santé.

Un technicien en laboratoire. (iStock)

Et pourtant, les autorités exercent une surveillance étroite pour réduire le risque de propagation de la rage chez l’humain, selon des estimations des autorités gouvernementales canadiennes:«Le risque chez les enfants serait quatre fois plus élevé que chez les adultes.» Même s’il existe un vaccin pour traiter la rage, si elle n’est pas traitée à temps, la maladie est mortelle.

Un patient reçoit un vaccin. (iStock)

Pour les autres régions arctiques, « il y a eu un cas en 1960 au Groenland et six cas dans l’Arctique russe,» dit par téléphone la Dre Audrey Simon, coordonnatrice du projet en santé publique vétérinaire au Nunavik et au Labrador (ArcticNet 2015-2018).

L’habitat du renard arctique en mutation
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Vue sur le fjord Sam Ford, au Nunavut. (Marie-Laure Josselin/Radio-Canada)

Il existe beaucoup d’inconnues au sujet de la rage et le réchauffement climatique pourrait accentuer les risques de propagation. Le renard arctique perd de son territoire et le renard roux voyage de plus en plus du nord vers le sud et du sud vers le nord, explique le professeur Berteaux. Les risques de transfert du virus augmentent.

Un renard roux dans un buisson. (iStock)

Un renard roux mordu par un renard arctique atteint de la rage devient porteur du virus et en redescendant au sud, s’il mord un autre animal, cela contribue à la propagation de la maladie. Une telle situation s’est produite chez les mouffettes en Ontario, cite en exemple la Dre Simon. Elle ajoute qu’il existe « une cyclicité des épizooties de rages dans les populations de renards arctiques de 3 à 10 ans en général.»

Il existe des centaines, voire des milliers de renards arctiques dispersés dans tous les pays arctiques.

Corrections : La population au Nunavut est de 35 944 habitants et non pas 33 300 habitants indiqués dans une version précédente du texte.  Les Inuits représentent 84,2%  de la population au Nunavut et non 85% tel qu’écrit dans une version précédente de l’article. 

 

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