Le Yukon tente de trouver un terrain d’entente avec l’industrie de l’alcool

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La chercheuse Erin Hobin de Santé publique Ontario explique comment cette campagne d’avertissements sera évaluée pour connaître l’efficacité d’autocollants sur la consommation. Le ministre John Streicker et le médecin-chef Brendan Hanley sont à ses côtés. (Mike Rudyk/Radio-Canada)
Le gouvernement du Yukon poursuit les discussions avec les représentants nationaux de l’industrie de l’alcool, dont les préoccupations ont causé la suspension de l’étiquetage des bouteilles d’alcool pour signaler les risques pour la santé.

Les autocollants apposés depuis la fin du mois de novembre soulignaient notamment les limites de consommation recommandées.

La campagne faisait partie d’une étude en santé publique sur la consommation d’alcool dans le Nord. Le Yukon affiche le deuxième taux de vente d’alcool par habitant au pays, et des taux de consommation excessive parmi les plus élevés au pays.

L’industrie des producteurs d’alcool a toutefois vivement réagi à cette campagne considérée comme diffamatoire et violant les droits relatifs aux marques déposées.

L’étiquette la plus controversée est celle qui fait un lien entre la consommation d’alcool et le risque de cancer.

Le président de l’association Beers Canada, Luke Harford, affirme avoir de nombreuses questions par rapport à cette campagne, dont il a appris l’existence par les médias. Il croit que le Comité consultatif sur la Stratégie nationale sur l’alcool, auquel il siège, aurait dû être consulté.

Les risques d’une poursuite judiciaire

Face à une possible poursuite judiciaire, le gouvernement du Yukon a suspendu la campagne tout en poursuivant les discussions avec l’industrie. Le ministre responsable de la Société des alcools du Yukon, John Streicker, affirme que son gouvernement devra faire un choix.

« Le choix, c’est entre beaucoup d’argent pour les tribunaux ou beaucoup d’argent pour des programmes d’information, des renseignements sur les risques de l’alcool pour les Yukonnais et les Yukonnaises. »

Le ministre croit que la question du lien entre le cancer et la consommation d’alcool, bien qu’accepté par l’Organisation mondiale de la santé, risquerait de prendre toute la place devant les tribunaux, ce qui augmenterait les coûts d’une poursuite judiciaire.

Trouver une solution

Le médecin hygiéniste du Yukon, Brendan Hanley, co-instigateur de l’étude, regrette quant à lui la situation.

« Je comprends pourquoi c’est un dilemme pour le gouvernement de faire face à la menace de l’industrie. Je suis un peu déçu peut-être de la force de la réaction de l’industrie, mais j’espère qu’avec les discussions dans les prochains jours entre le ministre ici et les représentants de l’industrie et les chercheurs que, peut-être, on pourra trouver une solution pour avancer. »

Brandan Hanley affirme par ailleurs que l’arrêt de l’étude pose également des risques pour ses résultats ainsi que pour la santé des Yukonnais

Au Yukon, 35 % des hommes sont considérés comme des buveurs excessifs, comparativement à 28 % pour le Canada. Ce constat est de 28 % pour les femmes, par rapport à 14 % ailleurs au pays.

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Radio-Canada

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