10 millions de dollars pour sécuriser la plus grande réserve de semences au monde

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La banque de graines a été construite sous une terre de grès, à plus de 120 mètres de profondeur.  (Courtoisie: Crop Trust)

Alors que la réserve mondiale de semences célèbre son dixième anniversaire, le gouvernement norvégien planifie un investissement majeur pour protéger les lieux et les rendre sécuritaires pour plusieurs années à venir.

« C’est essentiel pour le monde que nous soyons en mesure de conserver toutes les variétés de cultures vivrières », rappelle Maria Haga, la directrice de Crop Trust, responsable de ce projet. « Sans cette réserve et en prenant en considération les changements climatiques qui bouleversent l’écosystème, nous serons incapables d’ensemencer à l’avenir. La réserve du Svalbard est une pièce importante du casse-tête, elle existe pour être la sauvegarde de toutes les cultures vivrières de la planète ».

On y accède par un long couloir de béton creusé à flanc de montagne dans l’île norvégienne de Spitzberg située entre la mer du Groenland et la mer de Barents.

Un million de semences
Le Global Crop Diversity Trust a joué un rôle clef dans la fondation de cette réserve. Elle coordonne également l’acheminement des échantillons de graines du monde entier vers l’Arctique. (Courtoisie : Crop Trust)

Officiellement inauguré le 26 février 2008, c’est un projet qui a été entièrement financé par le gouvernement norvégien et qui est géré par l’organisme sans but lucratif Global Crop Diversity Trust. Et le 26 février 2018, l’organisme s’apprêtait symboliquement à faire entrer sa millionième semence qu’elle conservera en sécurité dans ses corridors glacés en plein Arctique.

« Nous allons piger dans la réserve en cas de problèmes majeurs dans un pays. Par exemple, en Irak et en Afghanistan, une banque de semences a été complètement détruite par la guerre. Il n’existait pas de semence de sauvegarde dans notre réserve, ce qui signifie que ces variétés sont perdues pour toujours », nous explique Haga, jointe aux bureaux de l’organisme, situés à Bonn, en Allemagne.

Le gouvernement norvégien a annoncé qu’il comptait mettre en branle un projet d’amélioration des installations de la banque de semences : de l’équipement électrique, la construction d’un autre tunnel d’accès aux installations et une étanchéité plus efficace sont dans les plans.

L’archipel de Svalbard est la terre la plus septentrionale de la Norvège. Mis à part les neuf habitants de l’île aux Ours, les 2210 habitants se situent sur l’île de Spitzberg, la seule île habitée et la plus grande de l’archipel. (Courtoisie: Crop Trust)

La réserve a récemment dû faire face à des problèmes d’infiltration d’eau dus au dégel du pergélisol dans lequel est construit le tunnel, ironie du sort pour ce site qui a justement été choisi pour son sol.

La réserve mondiale de semences de Svalbard est le site de conservation des semences le plus connu, mais il fait partie d’un groupe de 1700 banques génétiques disséminées partout sur la planète. Le gouvernement norvégien y a interdit le stockage de graines génétiquement modifiées.

La réserve mondiale de semences du Svalbard
L’une des trois salles où sont stockées les semences du monde entier. (Courtoisie: Crop Trust)
  • C’est la plus grande réserve du monde, elle contient aujourd’hui 1 059 646 variétés. 5384 espèces venant de 73 institutions.
  • Elle a une capacité de stockage de 4,5 millions de variétés.
  • La température requise pour un stockage optimal est de -18 degrés Celsius.
  • L’accès aux semences est exclusivement réservé aux pays qui en sont propriétaires.
  • L’existence de cette banque est d’abord et avant tout pour prévenir des accidents dans la gestion des cultures vivrières, alors que les médias en ont fait un lieu de préservation post-apocalyptique.

Source: Crop Fund

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