Photoreportage – Guérison traditionnelle dans l’Arctique canadien

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Dans ses « Appels à l’action », la Commission de vérité et de réconciliation avait souligné le manque de centres de guérison au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest. (Emily Blake/Radio-Canada)
La fondation Arctic Indigenous Wellness a ouvert son campement de guérison traditionnel dans un boisé en plein Yellowknife. Un projet qui était attendu depuis longtemps par des aînés des Premières Nations à travers les Territoires du Nord-Ouest.
Une centaine d’habitants de Yellowknife et d’ailleurs ont assisté à l’ouverture du camp mardi après-midi. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)

Quelques politiciens, le maire de la ville, des travailleurs sociaux, mais surtout, des aînés et des membres des communautés autochtones des territoires se sont rassemblés pour célébrer l’ouverture du camp.

Beaucoup de mains ont touché à ce projet, mais le camp reste avant tout une réalisation par les Autochtones, pour les Autochtones.

Les aînés réunis autour du feu. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)

Le camp est un espace ouvert à longueur d’année qui permettra à qui le veut de venir parler aux aînés, d’écouter leurs histoires, de s’asseoir autour du feu en buvant du thé et en mangeant du bannock, un pain traditionnel.

Des traitements seront offerts pour les problèmes de santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle.

Une tente permettra aux aînés d’offrir des soins et des remèdes traditionnels alors que l’autre sera utilisé pour les repas et les rencontres. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)

Pour Rassi Nashalik, ancienne chef d’antenne de CBC Igalaaq (la télévision en Inuktitut) et membre du conseil d’administration de la fondation, cet endroit pour les Dénés, les Métis et les Inuits, est un rêve qui devient réalité.

Je n’étais pas encore venue avant hier. Je n’étais même pas à mi-chemin que je commençais déjà à avoir des larmes de joie en voyant le camp.Rassi Nashalik, conseil d'administration de la fondation Arctic Indigenous Wellness
Maintenant à la retraite, Rassi Nashalik veut redonner à sa culture et sa communauté qui lui a tant donné. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)

Sa collègue à la fondation, l’aînée Be’sha Blondin, a aussi dit parfois pleurer de joie en voyant le camp, même lorsqu’elle le voit mentionné dans des commentaires sur Facebook.

Elle voit dans le camp la clef vers un futur plus lumineux pour ses petits-enfants.

« Nous devons défricher le sentier pour nos enfants et enlever les barrages », dit-elle avec certitude. « Nous devons leur donner et utiliser tous les outils qui nous ont été donnés par nos ancêtres pour y arriver. »

Be’sha Blondin dit vouloir redonner un peu de bonheur dans cette terre qu’elle qualifie de menacée. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)

Pour l’aîné Francois Paulette, un ancien chef Déné et un leader dans la Première Nation de Smith’s Landing, ce qui est formidable du camp c’est surtout ces femmes qui ont permis sa construction.

« Les femmes sont l’épine dorsale de notre société », dit-il. « Ces temps-ci, ce sont les femmes qui doivent être les leaders, car elles sont en mesure de produire l’espoir et l’amour dont nous avons besoin. Elles sont plus près de mère Nature, de la médecine et de nos petits-enfants. »

Francois Paulette et d’autres aînés avaient essayé sans succès d’établir ce genre de campement il y a quelques années. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)

Le camp n’est toutefois qu’une première étape temporaire dans le projet de la fondation Arctic Indigenous Wellness qui travaille à la construction d’un centre de santé et de bien-être adapté à la culture autochtone à Yellowknife.

Le campement pourra recevoir ses premiers patients dès la semaine prochaine et il restera ouvert tant que le centre ne sera pas construit.

Le tipi servira de lieu de rencontre pour les visiteurs et les aînés. (Mark Haldari/Radio-Canada)
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Mario De Ciccio, Radio-Canada

Mario De Ciccio, Radio-Canada

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