Le gouvernement du Québec s’intéresse à la violence faite aux femmes autochtones

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Oeuvre d’art pour souligner les femmes autochtones disparues, dans la province du Manitoba. (Marie-Lise Mormina/Radio-Canada)
Après l’Enquête nationale et la Commission Écoute, réconciliation et progrès, un autre comité s’est intéressé aux femmes autochtones. La Commission des relations avec les citoyens a déposé mardi à l’Assemblée nationale du Québec un rapport portant en particulier sur les agressions sexuelles et la violence conjugale.

La Commission présidée par le député de la Coalition avenir Québec de Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, a mis en branle ses travaux au printemps 2015, avant même la diffusion du reportage d’Enquête et des allégations de femmes autochtones qui affirmaient avoir été victimes d’abus sexuels de la part de policiers de Val-d’Or.

Dans le cadre de ses consultations avec des experts et des intervenants du milieu, la Commission s’est rendue dans des communautés autochtones, notamment à Wendake (Sud), Lac-Simon (Sud) et Kuujjuaq (Nunavik, territoire inuit du Québec).

Depuis le début des travaux de la Commission, le gouvernement fédéral de Justin Trudeau a lancé l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées fin 2015. Le gouvernement de Philippe Couillard a pour sa part créé la commission Écoute, réconciliation et progrès en décembre 2016.

Mais contrairement à une commission d’enquête, où le gouvernement décide du mandat, cette initiative est venue des députés même, précise Marc Picard. « C’est un mandat d’initiative que les députés se sont donné. C’est un sujet qui les interpellait », ajoute-t-il.

Recommandations

Le rapport énumère cinq grandes recommandations pour le gouvernement du Québec et « des partenaires autochtones », qui touchent notamment à l’éducation, au logement, à la prévention de la violence ou encore à la formation d’intervenants.

Par exemple, la Commission suggère de réviser les programmes d’enseignement afin d’y introduire l’histoire et les réalités autochtones; de soutenir la formation d’intervenants autochtones; ou de soutenir la mise sur pied de maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence dans les communautés autochtones.

« Les Premières Nations et les Inuits sont les mieux placés pour définir les problèmes qui les affectent et trouver les meilleurs moyens de les résoudre. Les entités gouvernementales doivent les soutenir dans leurs démarches, tout en respectant leur autonomie et leurs compétences », lit-on dans le rapport.

La parole aux intervenants

Le Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec, l’un des organismes consultés par la Commission pendant ses travaux, a salué le travail des députés. « Évidemment, il n’y a pas de grandes surprises dans ce rapport. Ce sont des choses qu’on retrouve à la Commission royale, à la Commission Écoute, réconciliation et progrès. Par contre, on trouve ça bien qu’ils mettent de l’avant la parole des intervenants », a souligné Joannie Caron, conseillère aux communications du Regroupement.

Avec ce rapport, qui est non contraignant, la Commission souhaite retenir des solutions et « sensibiliser la population » à certains enjeux, affirme le député Marc Picard.

Le rapport fait l’objet de débats jeudi à l’Assemblée nationale. « Et, après coup, le gouvernement dispose des recommandations comme il veut. Il peut les appliquer en totalité ou il peut les laisser sur une tablette », indique-t-il.

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Laurence Niosi, Radio-Canada

Laurence Niosi, Radio-Canada

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