Un village du Nord canadien isolé depuis un an impatient de retrouver son seul lien terrestre

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La fermeture de la ligne de chemin de fer vers Churchill (nord du Manitoba, sur la baie d’Hudson) a obligé la ville à compter sur le service aérien. (Omnitrax/Radio-Canada)
L’entente de principe qui doit permettre la réparation de la ligne de chemin de fer, annoncée mercredi, a été accueillie avec soulagement par les habitants de Churchill (nord de la province du Manitoba, sur les côtes de la baie d’Hudson), qui se sentent coupés du monde depuis plus d’un an.

À l’annonce du rachat imminent du chemin de fer de Churchill, synonyme de réparations de la ligne rendue impraticable il y a plus d’un an, Rhoda de Meulles s’est sentie submergée par l’émotion.

« Je suis très heureuse, je prie pour que cela aboutisse », confie la propriétaire de la quincaillerie de cette ville située à 1000 kilomètres au nord de la capitale provinciale, Winnipeg.

De lourdes conséquences pour la population

Il faut dire qu’au-delà du bras de fer économique et juridique qui oppose, depuis les inondations de mai 2017, l’actuel propriétaire de l’infrastructure ferroviaire et du port de Churchill, OmniTRAX, au gouvernement canadien, les habitants de la ville ont vécu une année très difficile.

« Pour nous tous, il était très difficile d’être coupés de nos familles », explique Rhoda de Meulles, qui confie elle-même ne pas avoir vu sa fille ni ses petits-enfants, qui habitent à Thompson (centre du Manitoba), depuis bien longtemps.

Accès difficile à l’emploi et à l’alimentation

La rupture du chemin de fer, seul lien terrestre entre Churchill et le reste de la province, a rapidement eu de lourdes conséquences sur tous les aspects de la vie des habitants.

OmniTRAX ayant refusé d’assumer le coût des réparations, dont les estimations oscillent entre 40 et 60 millions de dollars, la nourriture a été acheminée principalement par avion.

La population a été précipitée dans un cercle vicieux, comme le décrit Rhoda de Meulles.

« Les prix se sont envolés, beaucoup de gens ont malheureusement perdu leur emploi et sont devenus dépendants des aides sociales. Ils ne pouvaient plus se permettre d’acheter de quoi manger, dit-elle. Le plus dur, c’était de voir les visages de mes clients qui ignoraient s’ils allaient pouvoir manger le lendemain. Nous étions très frustrés. »

Une frustration qui pourrait bientôt s’achever, si l’accord conclu entre des groupes de Premières Nations du nord du Manitoba alliées au groupe financier Fairfax Financial Holdings et OmniTRAX est rapidement entériné.

Avec des informations de Patrick Foucault

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