Des Autochtones bloquent l’accès à une mine de Tata Steel dans le Nord québécois

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Tata Steel exploite des gisements de fer près de Schefferville. (Marc-Antoine Mageau/Radio-Canada)
Des employés de la minière Tata Steel à Schefferville (nord-est de la province de Québec) ont quitté la région par avion samedi matin. Une barricade mise en place jeudi soir par la communauté innue de Matimekush-Lac-John bloque la route d’accès aux installations minières.

La compagnie a publié un communiqué dans lequel on peut lire : « Personne ne peut entrer ou sortir du site présentement pour des raisons de sécurité. Nos employés et nos sous-traitants sont en sécurité et nous avons demandé à tous nos employés de demeurer sur place jusqu’à nouvel ordre. »

La barricade a été mise en place parce que le conseil affirme que la minière ne lui a pas versé l’entièreté de ses redevances, comme le prévoient les ententes signées avec l’entreprise.

Tata Steel dément cette affirmation.

Armand Mackenzie, le porte-parole de la compagnie, fait valoir que Tata Steel a « invité les Innus de Schefferville à discuter avec la compagnie, sous la supervision de vérificateurs indépendants, de toute question non résolue. »

La compagnie affirme aussi que des rencontres hebdomadaires ont déjà lieu avec le conseil de bande pour discuter des problèmes qui les préoccupent.

Transport du minerai de fer extrait par Tata Steel dans la région de Schefferville. (Marc-Antoine Mageau/Radio-Canada)
La communauté innue maintient le cap

Le chef Tshani Ambroise affirme être prêt à maintenir les moyens de pression tant qu’il n’aura pas rencontré des représentants de la minière pour négocier.

« C’est important de se faire respecter, surtout les ententes, insiste Tshani Ambroise. On est toujours les derniers à être satisfaits. Je ne sais pas pourquoi ils font ça. Pourtant, on est sur notre territoire, nos ancêtres, cela fait longtemps qu’ils sont ici. On est toujours mis en dernier. »

Les Innus déplorent également des lacunes dans les pratiques environnementales de la minière.

Le chef Ambroise affirme que des déversements d’eaux rouges se produisent régulièrement aux abords des terrains de la minière.

« Chaque printemps, il y a environ 9 ruisseaux qui se déversent vers la rivière Raoul, indique Tshani Ambroise. Et à chaque printemps ou même lors de fortes pluies, ces ruisseaux-là deviennent rouges et il y a des sédiments qui s’accumulent dans le lac et ça se rallonge d’année en année. »

La compagnie assure prévenir les deux communautés autochtones qui vivent près de ses installations de tout incident environnemental en même temps que les gouvernements provincial et fédéral.

Avec les informations de Katy Larouche

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Radio-Canada

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