Une infirmière du Sud canadien refuse de retourner dans le Nord après une invasion de domicile

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Une infirmière en poste à Pond Inlet, au Nunavut, affirme qu’elle ne retournera pas travailler dans la communauté après qu’un homme lui a crié des commentaires obscènes et a essayé de pénétrer chez elle par effraction. (Sunghwan Yoon/Flickr)
Une infirmière originaire de la Nouvelle-Écosse (sud-est du Canada) ne veut pas reprendre son emploi à Pond Inlet au Nunavut (est-Arctique) après qu’un homme avec un passé criminel ait prétendument tenté d’entrer par infraction chez elle.

« J’étais absolument terrifiée », confie celle qui a demandé à garder l’anonymat.

En août, cette infirmière profitait d’une soirée d’été sur la terrasse de son domicile, fourni par le gouvernement, à Pond Inlet, lorsqu’un homme se serait mis à lui crier des commentaires salaces.

Elle est rentrée à l’intérieur. Quelques minutes plus tard, elle dit avoir vu quelque chose par sa fenêtre.

« Cet homme est passé par le côté de la maison, a monté les escaliers et a poussé dans la porte assez fort pour que j’aie de la difficulté à la refermer à clé », raconte-t-elle.

« Il venait pour moi, dit-elle toujours ébranlée. S’il m’avait prise par surprise et que je n’avais pas été près de la porte, il aurait pu facilement entrer. »

Elle a contacté la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Selon un communiqué de la GRC (la police fédérale), des policiers ont répondu à un appel à propos d’un homme qui aurait fait des commentaires inappropriés le même jour que cet incident. Après une enquête, ils ont procédé à l’arrestation d’un homme de 30 ans et des accusations d’invasion de domicile ont été déposées contre lui.

Selon des documents de la cour, ce même homme avait été arrêté plus tôt cette année et a été accusé d’invasion de domicile et d’agression sexuelle. L’homme n’a pas encore été jugé sur ces accusations.

Pas la première victime

Après que les policiers soient venus prendre sa déclaration. L’infirmière a appelé le centre de santé. Elle a alors appris que cet homme avait prétendument déjà attaqué une infirmière auparavant.

L’agence Venture Healthcare qui lui a trouvé un emploi à Pond Inlet n’avait pas été informée de cet incident.

« Je ne peux pas y retourner. C’est très difficile pour moi, j’aimais beaucoup mon travail dans le Nord », dit-elle.

Environ 1600 personnes vivent dans la communauté de Pond Inlet, au Nunavut. (CBC)

Le centre de santé de Pond Inlet travaille en collaboration avec le ministère de la Santé et des agences privées telles que Venture Healthcare pour combler leurs postes d’infirmières à temps plein.

« Je suis restée dans la communauté pendant trois semaines et je sortais tous les matins à 6 h 30 pour prendre mon café. J’ignorais qu’un potentiel danger me guettait », affirme-t-elle.

L’homme a été arrêté, mais l’infirmière a demandé à quitter la communauté sur-le-champ, brisant ainsi son contrat de six semaines.

« J’ai appelé l’agence pour les informer de ce qui était arrivé et ils m’ont seulement dit de dormir et de voir comment je me sentais le lendemain matin », se souvient-elle.

« Ma propre agence m’abandonne, dit-elle. Ce n’est que quatre jours plus tard que j’ai pu partir. Ils voulaient me transférer dans une autre communauté, mais ils disaient avoir besoin de parler au directeur pour pouvoir me faire sortir de Pond Inlet. »

En colère

Après avoir travaillé dans plusieurs communautés nordiques, elle dit en avoir assez.

« Je suis très émotive parce que j’ai décidé que je ne pouvais pas y retourner, confie-t-elle. C’est très difficile parce que j’aimais mon travail. J’avais toujours hâte de retourner dans le Nord. »

L’infirmière se dit en colère contre le centre de santé local qui ne l’a pas informé de l’incident qui s’était produit auparavant. Elle ne veut pas que d’autres infirmières vivent la même chose qu’elle.

« Ça aurait pu être mieux géré, tout est dans la prévention », croit-elle.

Elle soutient également que son logement du gouvernement n’était pas approprié.

« Les fenêtres sont médiocres … la moitié d’entre elles ne se ferment pas », dit-elle.

Dans un courriel, le ministère de la Santé du Nunavut a déclaré prendre très au sérieux la sécurité des employés et travailler avec les services communautaires et gouvernementaux pour veiller à ce que les logements soient éclairés, verrouillés et munis de fenêtres et de portes sécurisées.

L’agence Venture Healthcare n’a pas rappelé CBC.

Depuis les appels de CBC, l’infirmière dit que l’agence l’a contactée pour lui dire que les demandes médiatiques nécessitaient son approbation.

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CBC News

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