Le territoire nordique du Yukon veut assurer l’avenir de l’ours grizzly

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Un ours grizzly. (Alex P. Taylor/La Presse canadienne)
Le gouvernement du Yukon (nord-ouest du Canada) et le Conseil de gestion des pêches et de la faune ont présenté mercredi un plan de conservation de l’ours grizzly pour les 25 prochaines années basé, entre autres, sur les résultats d’une consultation publique menée l’an dernier.

L’élaboration d’un plan survient après la controverse suscitée par l’abattage d’un grizzly par un chasseur le long de la route Tagish (sud du Yukon) en 2013. La question de la coexistence entre humains et ours fait par ailleurs les manchettes depuis quelques années en raison de l’accès par des ours aux ordures des résidents de Whitehorse (capitale territoriale) ou encore certains comportements préoccupants de touristes.

« Fondamentalement, le plan de conservation ne vise pas à gérer l’ours grizzly, mais à gérer notre interaction avec l’ours grizzly. »

Tom Jung, biologiste et coprésident du groupe de travail

Le plan propose 33 mesures, sous sept axes d’actions générales :

  • développer une relation culturelle et de respect envers l’animal;
  • reconnaître l’importance de son habitat;
  • réduire les conflits entre les humains et les ours;
  • assurer que la chasse soit durable;
  • assurer que l’observation en nature soit respectueuse des ours et de leur habitat;
  • améliorer la prise de décisions des autorités en augmentant leur niveau de connaissances;
  • mieux connaître les dimensions humaines de la protection.

Le plan ne propose pas l’adoption de règlements ou de changements aux lois, mais plutôt, disent les responsables, de favoriser l’adoption d’approches locales appropriées.

Un plan à long terme

Les responsables affirment qu’au Yukon, la survie de l’espèce n’est pas menacée et que l’objectif est plutôt d’établir un plan de travail pour les années à venir. Les Yukonnais seront invités à se prononcer sur les propositions en septembre.

Graham Van Tighem, le directeur du Conseil de gestion des pêches et de la faune, sur lequel siègent des représentants des Premières Nations, du territoire et du fédéral, explique que les Yukonnais ont été nombreux à s’exprimer dans le passé et qu’ils ont favorisé la discussion.

« La question de la chasse en bordure de la route a suscité la création d’un groupe de travail pour trouver un compromis. C’était un genre de négociations sur la question et, plutôt que de traiter seulement de cette chasse, les Yukonnais ont exprimé une explosion d’idées, de préoccupations, de valeurs idéologiques et de frustrations. »

Graham Van Tighem, directeur du Conseil de gestion des pêches et de la faune

Le plan s’est basé en partie, mais pas seulement, sur une consultation publique menée principalement en ligne l’an dernier et à laquelle 1400 personnes ont répondu. Même si les responsables affirment que ces opinions ne sont pas représentatives de celles de tous les Yukonnais, certaines tendances s’en dégagent.

La presque totalité des répondants croient important que les grizzlys puissent vivre et avoir leur place au territoire, et ce, pour les générations à venir. Les répondants souhaitent par ailleurs que les municipalités se munissent de poubelles à l’épreuve des ours et que des contraventions puissent être données aux propriétaires dont les ordures sont accessibles aux ours.

Pas de consensus sur la chasse aux grizzlys

Les responsables affirment que la question de la chasse devra être discutée davantage, les opinions sur le sujet demeurant divergentes. Le coprésident du comité de travail, Tom Jung, souligne qu’il s’agit d’une question de société.

« Les Yukonnais estiment le grizzly, mais leur façon de l’estimer diffère selon les perspectives. La chasse est estimée au Yukon et notre rôle est de s’assurer qu’elle est durable. La plus grande question entourant l’acceptation de la chasse est au-delà de notre champ de compétences. »

Tom Jung, biologiste et coprésident du groupe de travail

Graham Van Tighem rappelle toutefois que le concept de conservation dans les ententes de revendications territoriales qui régissent le Conseil de gestion des pêches et de la faune est défini comme étant « la productivité optimale à long terme de la pêche et de la faune pour en assurer une exploitation durable ».

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