Une galerie d’art inuite de Toronto, au Canada, soulignera le travail d’artistes d’une communauté du Nunavik

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Dans son tableau composé de 28 linogravures, Mary Paningajak s’est intéressée aux plantes septentrionales pour leurs formes, leurs propriétés culinaires et leurs vertus médicinales. Elle y a aussi intégré des gravures des artistes Qumaq Iyaituk, Passa Mangiuk et Lyne Bastien. (Paul Litherland/Courtoisie de Lyne Bastien)
Une exposition réunissant trois artistes d’Ivujivik, au Nunavik, mettra en vedette à compter de jeudi des gravures inspirées d’éléments de la culture inuite à la galerie Feheley Fine Arts, de Toronto.

L’exposition, intitulée « Convergence Nord/Sud », est l’initiative de l’artiste et graveuse abitibienne Lyne Bastien. « Je travaille avec des artistes à qui je donne des cours de gravure », explique celle qui a élu domicile il y a trois ans dans le village inuit d’Ivujivik, la communauté la plus septentrionale de la province du Québec.

Après avoir reçu une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec, Lyne Bastien a fait appel aux artistes inuites Qumaq Iyaituk, Mary Paningajak et Passa Mangiuk pour élaborer quatre tableaux distincts composés de 28 linogravures et qui combinent à la fois objets, artefacts et symboles de la culture inuite. « […] Le vêtement traditionnel [des] femmes dans lequel elles portent leur enfant, l’amauti, ou encore les kamiks, les bottes faites de peau de phoque », cite comme exemples Lyne Bastien, jointe par téléphone.

Une œuvre collective

Lyne Bastien souhaitait avant tout que les artistes partagent leurs connaissances mutuelles. Elles ont donc eu à intégrer leurs plaques d’impression dans chacun des tableaux. « Le but de ce projet c’était la collaboration, la convergence de nos idées, la convergence des artistes du Nord avec [une] artiste du Sud, donc c’était très important qu’il y ait un dialogue entre nos éléments », insiste Lyne Bastien.

« Comme j’ai vécu dans la toundra durant mon enfance, je me suis inspirée des plantes médicinales et des fleurs que nous mangions », indique l’artiste Mary Paningajak, qui a illustré sur ses gravures plusieurs tiirluks, ces fleurs sauvages utilisées pour le thé traditionnel.

Les retombées de la crise du logement

La communauté d’environ 400 résidents qui compose le village d’Ivujivik n’est pas épargnée par la crise du logement qui sévit au Nunavik, la région inuite la plus septentrionale du Québec.

En raison du manque d’espace, les quatre femmes ont dû s’improviser un studio pour confectionner leurs gravures. « Évidemment, s’il y a un manque de maisons pour loger les gens [alors] il n’y a pas non plus de centre culturel [ou] d’atelier », relève Lyne Bastien, qui a décidé de transformer son salon en atelier de gravure.

« Il y a des discussions constantes au sujet de l’importance d’avoir un petit centre d’art, un centre culturel [ou] un atelier de gravure où les gens pourraient faire de l’art », mentionne-t-elle. Mary Paningajak souhaiterait pour sa part qu’un tel bâtiment soit administré par des membres de sa propre communauté.

Lyne Bastien se réjouit toutefois de la récente entente conclue entre la Commission scolaire Kativik et l’Administration régionale Kativik qui permettra de financer un cours de formation à un imprimeur de la communauté. « […] On espère qu’à plus long terme, cette personne pourra imprimer des plaques [et] des tirages d’autres communautés qui pourront ensuite être vendues dans le Sud [de la province] », souhaite l’artiste.

L’exposition « Convergence Nord/Sud » aura lieu du 6 au 29 septembre à la galerie Feheley Fine Arts de Toronto.

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